Les soussignés souhaitent
exhorter les membres du Forest Stewardship Council (FSC) à
résoudre de toute urgence le grave problème de la certification
des plantations d’arbres en régime de monoculture lors
de l’assemblée générale du FSC qui aura
lieu au Cap, en Afrique du Sud.
L’un des points à
l’ordre du jour étant la Révision des Principes
et Critères du FSC, l’assemblée aura l’occasion
de modifier ces principes de manière à exclure de la
certification les plantations d’arbres en régime de monoculture.
Les membres du FSC, et notamment
ceux des chambres environnementale et sociale, doivent prendre conscience
que la certification des plantations de ce genre, en plus d’éroder
la crédibilité du FSC, conspire surtout contre la lutte
des populations locales contre les plantations.
Ces populations s’efforcent
de protéger les mêmes choses que les organisations environnementales
et sociales ont convenu qu’il fallait protéger lorsqu’elles
ont rejoint le FSC : les droits et les moyens d’existence des
communautés autochtones, traditionnelles et paysannes, les
forêts, les prairies et les zones humides, l’eau, le sol
et la diversité biologique.
Toutes les plantations d’arbres
de grandes dimensions ont un fort impact sur tous, ou presque tous
les éléments de la liste que nous venons de mentionner.
Il en existe maintenant des preuves plus que suffisantes dans un grand
nombre de pays, qui vont de l’Afrique du Sud au Swaziland, au
Brésil, de la Colombie au Chili, de l’Équateur
à l’Uruguay, de l’Espagne à l’Irlande
et à d’autres encore.
La conclusion évidente
devrait être que les plantations industrielles d’arbres
ne peuvent pas être certifiées.
Malgré cela, à
maintes reprises les certificateurs accrédités par le
FSC leur ont délivré le sceau de cet organisme, sans
accorder aucune importance au fait que ces plantations étaient
résistées par les communautés locales et que
ce label allait fortifier encore des entreprises déjà
très puissantes dont les activités détruisent
la Nature et les moyens de vie des populations.
Quatre années sont
passées depuis le lancement de la Révision des plantations
du FSC, mais rien n’a changé. En dépit de l’abondante
documentation qui démontre les effets négatifs des plantations
sur la société et l’environnement, au moins 8,5
millions d’hectares de plantations ont déjà été
certifiés, en plus de bien d’autres, dont on ne connaît
pas l’étendue, qui se cachent dans les 37,7 millions
d’hectares de la catégorie « plantations semi-naturelles
et mixtes et forêts naturelles ».
Le moment est venu où
les membres du FSC, et notamment ceux des chambres environnementale
et sociale, devront choisir leur camp : permettre que tout continue
comme avant ou lutter pour que cela change ; protéger les intérêts
des grandes entreprises papetières et forestières ou
les droits des populations locales et la Nature ; continuer d’accepter
que les plantations sont « un type de forêt » ou
reconnaître que les unes et les autres n’ont rien en commun
; donner un vernis écologique à un usage de la terre
fortement nuisible ou s’opposer à la destruction écologique
et sociale.
Nous appelons donc les membres
du FSC qui partagent avec nous le désir de protéger
les populations locales et la Nature contre les dégâts
causés par l’expansion des plantations d’arbres
à faire entendre leurs voix à la prochaine assemblée
générale pour contribuer à amener le changement
nécessaire.
Timberwatch Coalition Afrique
du Sud
Centro de Estudos e Pesquisas para o Desenvolvimento -CEPEDES Brésil
Federação de Órgãos para Assistência
Social e Educacional - FASE Brésil
CENSAT - Les Amis de la Terre Colombie
COECOCEIBA - Les Amis de la Terre Costa Rica
Observatorio Latinoamericano de Conflictos Ambientales - OLCA Chili
Acción Ecológica Equateur
Asociación pola Defensa da Ria - APDR Espagne
Asociación para a Defensa Ecolóxica de Galicia -ADEGA
Espagne
Federación Ecoloxista Galega - FEG Espagne
Grupo Guayubira Uruguay
Red de Acción en Plaguicidas PAN Uruguay
REDES - Les Amis de la Terre Uruguay
World Rainforest Movement