|
|
Bulletin du WRM
|
|
|
LUTTES LOCALES ET NOUVELLES Bolivie : l’assemblée du peuple guarani dénonce que REPSOL-YPF viole ses droits En novembre de cette année, le peuple guarani d’Itika Guasu, qui habite dans la province d’O’Connor du département de Tarija, où se trouve le grand gisement gazier de Margarita, s’est réuni en assemblée. Son objectif était de dénoncer devant l’opinion publique nationale et internationale les abus que commet l’entreprise REPSOL-YPF contre les communautés guarani qui habitent le territoire TCO Itika Guasu, en violant les droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux établis par la Constitution politique de l’État, la Convention 169 de l’OIT (Loi 1257) et la Loi sur les hydrocarbures (3058). L’assemblée a produit le communiqué suivant : « L’Assemblée du Peuple Guarani [APG] d’Itika Guasu dénonce devant l’opinion publique nationale et internationale que l’entreprise REPSOL-YPF viole en Bolivie les droits que nous avons en tant que peuple indigène. Elle dénonce aussi que l’entreprise REPSOL-YPF, en entreprenant de nouveaux travaux à l’intérieur de notre TCO sans consultation préalable et informée, viole la Loi sur les Hydrocarbures nº 3058 du 17 mai 2005 dans les articles qui portent sur les droits des peuples indigènes. Nous dénonçons que REPSOL-YPF, sans respecter la culture guarani, a pénétré dans le territoire d’Itika Guasu, situé dans la province d’O’Connor du département de Tarija, provoquant des dégâts dans notre environnement, détruisant nos forêts, faisant fuir les animaux sauvages dont nous dépendons pour notre subsistance et bouleversant notre style de vie communal, ce qui revient à dire que REPSOL-YPF est en train de tuer notre culture. Nous dénonçons que l’entreprise espagnole REPSOL-YPF est entrée dans notre territoire TCO Itika Guasu pour y effectuer des activités de prospection, d’exploration et d’exploitation, et qu’elle l’a fait en violant systématiquement notre droit à la consultation préalable et informée établi dans la Convention 169 de l’OIT qui, depuis 1991, est aussi la Loi nº 1257 de la République. Depuis 1997, REPSOL-YPF viole nos droits car, au lieu de respecter notre structure organisationnelle et les autorités communales, zonales et régionales, elle cherche à provoquer la division de nos communautés en se servant pour ce faire de son responsable des relations avec la communauté, de son responsable des relations sociales et même de son directeur de la communication et des relations extérieures. Pour y parvenir, REPSOL-YPF utilise une publicité mensongère destinée à faire croire que le peuple guarani est satisfait de la conduite de l’entreprise pétrolière, alors qu’il existe en fait chez les habitants de la TCO une attitude de rejet à l’égard de son action. En mars 2003, après de nombreuses pressions de notre part, REPSOL-YPF a passé un accord avec le Peuple Guarani d’Itika Guasu. Or cet accord n’a pas été mis en oeuvre par l’entreprise qui, après s’être engagée à respecter notre TCO, a continué d’endommager notre territoire et de semer la discorde dans nos communautés. Elle a donc violé ses obligations à l’égard du peuple guarani et de l’État bolivien, telles qu’établies dans les évaluations des impacts sur l’environnement et dans les lois du pays. Aujourd’hui, malgré les nombreux rapports rédigés par les contrôleurs indigènes de la TCO Itika Guasu où l’on demande à l’entreprise de protéger l’environnement, de modifier sa conduite irrespectueuse à l’égard de nos communautés, de cesser de violer les lois nationales et les conventions internationales, les atteintes à notre territoire se poursuivent et s’accumulent, l’entreprise profitant de l’attitude laxiste de l’État bolivien qui, tout en connaissant nos plaintes, n’a rien fait pour protéger les droits indigènes que REPSOL-YPF est en train de violer. Une nouvelle loi sur les hydrocarbures, la Loi 3058, est en vigueur dans notre pays depuis le 17 mai 2005. Les titres VII et VIII de cette loi établissent clairement les règles pour les activités pétrolières sur les territoires indigènes. Malgré cela, REPSOL-YPF continue d’enfreindre les dispositions de cette loi dans la TCO d’Itika Guasu, et donc de violer nos droits. En vue de tout ce qui précède, nous faisons savoir à l’opinion publique nationale et internationale que les pratiques de l’entreprise pétrolière REPSOL-YPF dans le territoire d’Itika Guasu sont à l’opposé de celles qu’elle annonce dans les journaux, la radio et la télévision. Ce n’est pas vrai que REPSOL-YPF ait apporté des bénéfices au peuple guarani ; au contraire, elle détruit notre territoire et elle le fait en violant ouvertement les lois nationales et les accords internationaux. Nous lançons donc un appel à la solidarité avec le peuple guarani, pour exiger que l’entreprise change sa manière d’agir dans notre TCO et retire de tous les médias sa publicité mensongère, qui n’est pas à la hauteur de l’engagement de l’entreprise avec l’éthique et la transparence établi dans sa déclaration de mission et de vision. Nous exigeons que REPSOL-YPF respecte les lois boliviennes et les accords internationaux ! Nous exigeons que REPSOL-YPF cesse de tromper ses actionnaires avec des informations fausses sur le peuple guarani ! Assemblée du Peuple Guarani d’Itika
Guasu Brésil : exploités à mort par Aracruz Partout où elle s’installe, l’industrie de la pâte et du papier promet de créer du travail. Malheureusement, pour les gens qui habitent la région que cette industrie envahit, ces promesses ne deviennent presque jamais des réalités. Dans un rapport récemment paru du Mouvement mondial pour les forêts tropicales, Alacir De’Nadai, Winfridus Overbeek et Luiz Alberto Soares rapportent qu’Aracruz Celulose, le plus grand producteur du monde de pâte blanchie d’eucalyptus, a échoué à donner du travail aux gens du pays. Le rapport, qui s’intitule "Promises of Jobs and Destruction of Work: The case of Aracruz Celulose in Brazil", signale que, depuis les années 1980 où 9 000 personnes travaillaient pour Aracruz, l’emploi à l’entreprise n’a cessé de diminuer. L’augmentation de la mécanisation a provoqué de très nombreux renvois. En outre, Aracruz a sous-traité beaucoup d’activités, ce qui a augmenté l’insécurité et diminué les salaires des travailleurs qui ont réussi à garder leur poste. Aujourd’hui, Aracruz n’emploie directement qu’environ 2 000 personnes. En 2002, Aracruz a ouvert une nouvelle ligne de production de pâte qui a fait passer la production de l’entreprise de 1,2 millions de tonnes à 2 millions de tonnes par an. L’investissement s’est élevé à 600 millions de dollars, et il y a eu 173 postes de créés. Cela fait environ 3,5 millions de dollars par poste. Les postes offerts par l’entreprise et par les sous-traitants sont souvent dangereux et ont des conséquences graves pour la santé des travailleurs. En 2003, à Brasilia, au cours d’un jugement public de la Commission des Droits de l’Homme du Parlement fédéral, un travailleur d’Aracruz a dit que c’était une entreprise « assassine ». Il avait vu mourir plusieurs de ses collègues à cause des problèmes de santé provoqués par le travail à Aracruz. L’année dernière, des dizaines d’anciens travailleurs d’Aracruz atteints de maladies graves ont formé un nouveau mouvement : le Mouvement des Invalides d’Aracruz Celulose, qui regroupe également les veuves d’anciens travailleurs de l’entreprise. Aucune de ces personnes n’a reçu d’indemnités de la part d’Aracruz. Le mouvement a documenté en détail les cas de 33 anciens travailleurs d’Aracruz. Certains ont eu des blessures à la colonne vertébrale en transportant de lourdes caisses de plants ou de produits chimiques. Dans les années 1980, les travailleurs étaient transportés dans des camions, où ils voyageaient assis sur des bancs de planches. Beaucoup d’entre eux ont eu des blessures à la colonne vertébrale lorsque les camions roulaient sur des pistes semées de nids-de-poule. Il était fréquent d’avoir des accidents en maniant les tronçonneuses : perte de doigts, perte de pieds, entailles au corps et au visage. Il y a eu des travailleurs écrasés par les arbres qui tombaient. D’autres se sont blessé la colonne vertébrale en enlevant des troncs d’eucalyptus. Les responsables d’entretenir les tronçonneuses et d’en refaire le plein de carburant souffraient d’irritation des yeux et d’une maladie appelée leucopénie (diminution du nombre des leucocytes du sang). Les travailleurs qui couraient le plus de risques dans les plantations d’Aracruz étaient ceux qui appliquaient les pesticides et les herbicides pour s’assurer que les plantations en régime de monoculture continuent d’être précisément cela. Parmi les symptômes observés chez ces travailleurs figuraient les maux de tête, les vomissement, des douleurs à la bouche et à l’estomac, l’affaiblissement des ongles et la diminution de la vue (avec risque de cécité). Très peu d’accidents et de maladies étaient rapportés aux autorités d’Aracruz. Les services médicaux de l’entreprise n’acceptent pas les certificats de maladie délivrés par des médecins de l’extérieur. Aracruz a renvoyé les 33 personnes qui avaient reçu des blessures pendant qu’elles travaillaient pour l’entreprise. Aujourd’hui, bien des tâches manuelles, en particulier l’opération des tronçonneuses, sont effectuées par des machines, mais les cas de maladie des travailleurs qui manipulent des produits chimiques dangereux comme les pesticides et les herbicides sont encore fréquents. Le rapport "Promises of Jobs and Destruction of Work" inclut l’interview d’un homme de 59 ans qui travaillait pour Plantar, l’un des fournisseurs d’Aracruz. Il y est resté quatorze mois, entre 2000 et 2001, chargé de l’application de pesticides. Après les quatre premiers mois, il s’est évanoui au travail. « Mon copain m’a tiré vers l’ombre, il a attrapé un chapeau et il m’a éventé pendant une dizaine de minutes, jusqu’à ce que je reprenne connaissance », a-t-il dit aux chercheurs. « Puis j’ai continué à travailler tout l’après-midi. Deux ou trois mois plus tard, je me suis évanoui de nouveau. » Il est tombé malade mais, quand il l’a dit à son superviseur, au lieu de lui donner des soins on l’a renvoyé. Un autre homme qui avait travaillé dans les plantations d’Aracruz a décrit la mort d’un collègue, Junio. Junio s’était plaint de nausées pendant la journée. Quand les travailleurs ont fini leur journée, ils ont remarqué que Junio n’était pas là. Ils sont allés le chercher : « Quand ils sont arrivés ils l’ont trouvé étendu par terre, sa pompe sur le dos ». En 2003, deux personnes ont eu des malaises pendant qu’elles mélangeaient trois pesticides dans une plantation d’Aracruz. C’étaient des employés d’Emflora, un autre fournisseur d’Aracruz. Après avoir travaillé pendant quelques jours sans bottes, blouses ni aucun autre vêtement protecteur, ils ont commencé à avoir des migraines, des vertiges, des frissons et des maux d’estomac. On leur a diagnostiqué une leucopénie. L’un d’eux a intenté un procès à Emflora pour blessures corporelles. Aracruz affirme qu’elle est en train « d’améliorer la qualité de vie de ses employés ». En fait, elle emploie des sous-traitants comme Plantar et Emflora pour se soustraire à ses obligations. Le rapport conclut que « Aracruz Celulose réussit à esquiver les poursuites et les responsabilités et, pendant que les travailleurs continuent de risquer leur santé et leur vie même sans garantie aucune de leurs droits, les plantations d’eucalyptus ne cessent de croître ». Le rapport "Promises of Jobs and Destruction
of Work: The case of Aracruz Chris Lang, adresse électronique
: chrislang@t-online.de Colombie : des plantations de palmier à huile sur des terres communales usurpées Les forêts tropicales du Pacifique colombien, qui constituent le Territoire Région du Pacifique et sont l’une des zones les plus riches du monde en diversité biologique, ont été habitées depuis très longtemps par les communautés riveraines noires. Leurs membres ont été les derniers citoyens colombiens auxquels on a reconnu le droit de propriété sur les territoires qu’ils ont occupés et utilisés pendant des siècles. La constitution de 1991 a reconnu leurs droits collectifs sur les territoires occupés traditionnellement. Pourtant, elle s’est accompagnée dès le début d’un processus systématique et féroce de réinstallation forcée qui se poursuit encore à beaucoup d’endroits de la région et qui s’est même aggravé, car il y a de plus en plus de communautés que l’on empêche de se déplacer et où même l’entrée d’aliments, de médicaments et de carburants est contrôlée. D’après Carlos Rosero, candidat des communautés noires à la Chambre des députés : « Le déplacement intérieur forcé est une conséquence de la guerre mais aussi de la multiplication des grands projets et des plantations en régime de monoculture comme celles de palmier à huile, qui sont en train de s’étendre, avec l’appui du gouvernement national, vers le nord et le sud du Territoire-Région du Pacifique et vers d’autres endroits du pays où sont établies des communautés noires. L’INCODER [Institut colombien pour le développement rural] avait reconnu, en mars de cette année, que les plantations de palmier à huile avançaient illégalement sur les territoires collectifs des communautés noires de Jiguamiandó et de Curvaradó. Mais il y a eu dernièrement un retour en arrière, qui prive ces communautés d’une partie des terres sur lesquelles elles avaient des titres collectifs inaliénables et imprescriptibles. Il s’agit là d’un exemple évident de la tendance à inclure et à insérer la région, ses territoires et ses habitants dans la logique économique dominante. L’État fait preuve d’une grave incohérence au moment de choisir entre la protection et la conservation de la diversité biologique et le développement pur et simple. Ce qui est encore plus grave est que l’État colombien, qui a été incapable de protéger les droits des Afro-colombiens, finit par se soumettre aux volontés de ceux qui sont coupables de la violation des droits ; non seulement il ne les punit pas mais il les récompense. » En 2000, les communautés des bassins des fleuves Jiguamiandó et Curvaradó (région du Chocó) ont reçu des titres de propriété sur 101 000 hectares de terres qu’elles avaient traditionnellement occupées mais qu’on les avait forcées à quitter trois années plus tôt. Pourtant, quand elles ont décidé d’y retourner elles ont trouvé leur territoire envahi par des cultures industrielles de palmier à huile. Lorsque les propriétaires légitimes ont essayé de récupérer leurs terres, ils ont reçu de nombreuses menaces de mort de la part de paramilitaires et du personnel des entreprises (URAPALMA, Palmas de Curvaradó, Palmas S.A. et Palmadó). Des opérations militaires ont été organisées pour les faire renoncer à travailler les terres que le gouvernement a affectées à la plantation de palmier à huile. Au mois d’avril de cette année, la préparation de terres pour la plantation de palmiers s’est intensifiée ; des forêts indigènes ont été défrichées dans les hameaux de Caño Claro et La Cristalina, à l’intérieur du Territoire Collectif du Curvaradó et du côté d’Urada, dans les environs du Jiguamiandó. De son côté, l’INCODER a fini par dire qu’il avait commis une erreur au moment d’octroyer les titres collectifs et qu’il y a 10 162 hectares de propriété privée à en retrancher. La Commission inter-ecclésiale pour la Justice et la Paix a déclaré : « Après les plus de 13 déplacements que les Communautés de Jiguamiandó et de Curvaradó ont soufferts, après plus de 110 meurtres et disparitions et après avoir constaté que les plantations de palmier à huile dans les territoires des communautés noires sont illégales, il est alarmant de voir que le gouvernement national contredit ses propres conclusions pour favoriser les intérêts économiques des cultivateurs de palmier à huile. » Le mouvement social qui regroupe les communautés de toute la forêt tropicale du Pacifique a une vision diamétralement opposée : il perçoit ce territoire comme une « région-territoire de groupes ethniques », c’est-à-dire comme une unité écologique et culturelle amalgamée par les pratiques quotidiennes des communautés. La région-territoire se définit aussi par la présence de « couloirs de vie » reliant les communautés, leurs activités et l’environnement naturel. Ces couloirs de vie peuvent aussi bien relier des écosystèmes de mangroves que s’étendre du milieu d’un fleuve à l’intérieur de la forêt. Certains d’entre eux concernent des activités particulières, comme l’orpaillage traditionnel ou la collecte de coquillages que font les femmes dans les mangroves. La région-territoire est conçue également comme une construction politique pour la défense des territoires et de leur durabilité. La durabilité ne se fait pas par morceaux, elle n’est pas non plus une affaire purement économique : elle doit répondre au caractère pluri-dimensionnel des activités d’appropriation efficace de l’écosystème. Ainsi, on peut dire que la région-territoire articule le projet de vie des communautés avec le projet politique du mouvement social. De la même manière, la définition de diversité biologique inclut les principes d’autonomie, de connaissance, d’identité et d’économie locales. La nature n’est pas « quelque chose qui est là-dehors » ; elle est profondément enracinée dans les coutumes collectives des êtres humains qui se sentent intégralement associés à elle. Les communautés noires ont la conviction que la terre est vivante et qu’elle doit appartenir à tous. C’est ainsi qu’ils le disent : « Pour nous, la terre est la mère ; tous les maux et toutes les misères sont la conséquence du crime que l’on commet à son égard. Notre mère, qui est celle de tous les êtres vivants, a été soumise par la loi imposée, elle a des propriétaires, elle est devenue propriété privée. En la soumettant à l’exploitation, on l’a privée de la liberté d’engendrer la vie et de protéger et de montrer la place, les rapports et le moment de tout ce qui est vivant... Tant que nous ne réussirons pas à rendre la liberté à notre mère, tous les peuples, les animaux et les êtres vivants seront des esclaves ». Article fondé sur des informations
tirées de : “Decisión de INCODER, reversa y violación
de los derechos de los afrocolombianos y la Constitución”,
Carlos Rosero, envoyé par Tatiana Roa Avendaño, Iniciativa
Ambiental Colombia, adresse électronique : bosques@censat.org
; “Comunidades negras de Colombia: en defensa de biodiversidad,
territorio y cultura”, Arturo Escobar, GRAIN, http://www.grain.org/biodiversidad/?id=87
; Comisión Intereclesial De Justicia Y Paz,
Le fameux projet d’installation de deux usines de pâte à papier en Uruguay, sur le fleuve du même nom, a soulevé une ferme opposition, autant dans ce pays que parmi la société civile de la province argentine d’Entre Ríos, qui est située de l’autre côté du fleuve, à quelques kilomètres seulement de l’endroit choisi par la société espagnole Ence et la société suédo-finnoise Botnia. Certains secteurs de la population uruguayenne voient avec grande inquiétude les conséquences sociales et environnementales qu’aurait le fonctionnement d’un des complexes papetiers les plus grands du monde dans un des pays les plus petits (voir les bulletins 83 et 94 du WRM). Les voisins argentins en seraient affectés également, du moment que, l’environnement ne connaissant pas de frontières, autant l’atmosphère que le fleuve partagé courent les graves dangers de contamination que les expériences du Chili et du Brésil tout proches ont mis en évidence (voir les bulletins 83 et 91 du WRM). Les entreprises Botnia et Ence ayant demandé des prêts à la Banque mondiale pour la réalisation de leurs projets, le groupe uruguayen Guayubira a organisé l’envoi d’une lettre à cet organisme, dans le cadre d’une campagne de résistance à l’installation des usines en question. La lettre qui a circulé, signée par des centaines d’organisations uruguayennes, argentines et du monde entier, a été adressée à la Société financière internationale, qui se charge des prêts au secteur privé pour le compte de la Banque mondiale. Cette lettre demandait à la Banque mondiale de ne pas participer aux projets de Metsa Botnia et d’Ence et de ne pas leur octroyer de crédits, parce que l’installation des usines de pâte aurait des effets très graves sur l’environnement et la société lesquels, loin de résoudre les problèmes du pays et de ses habitants, contribueraient à les aggraver. En réponse, la Banque mondiale a envoyé une équipe d’évaluation du Bureau du conseiller-médiateur pour l’application des directives de la Société financière internationale – qui dépend directement du président de la Banque mondiale – pour qu’elle collecte des informations sur le terrain à propos du conflit en question. Le Bureau du conseiller-médiateur de la Banque mondiale vient de confirmer le bien-fondé de plusieurs inquiétudes parmi celles manifestées par le groupe Guayubira. Dans un communiqué du 16 novembre 2005, le groupe a annoncé : « Le Bureau du conseiller-médiateur de la Banque mondiale (CAO) vient de confirmer l’importance des revendications que le groupe Guayubira formule depuis longtemps. Alors que le gouvernement antérieur et le gouvernement actuel ont affirmé que tout était correct, que toutes les études avaient été faites et que la situation était bien en main, ce service de la Banque mondiale vient de nous dire que tel n’est pas le cas. Guayubira avait durement critiqué
les Évaluations des impacts sur l’environnement (EIE)
effectuées par les entreprises Ence et Botnia ; pourtant, la
DINAMA avait fini par les approuver. Que dit maintenant le rapport
du CAO ? Il dit textuellement : ‘Sur la base de ses propres
évaluations, le CAO estime que les EIE effectuées à
propos des usines de pâte ne tiennent pas suffisamment compte
des inquiétudes des personnes qui risquent d’être
affectées. En particulier, Le CAO a été capable de percevoir les effets des plantations d’arbres sur la société et l’environnement, et de voir que les projets de construction d’usines de pâte risquent de provoquer l’expansion de ces plantations. Il est triste de constater que nos gouvernements n’ont jamais reconnu ni évalué ce problème. De surcroît, le rapport du CAO ajoute qu’il est nécessaire d’examiner les ‘effets potentiels des plantations d’eucalyptus... sur les réserves d’eau’, rejoignant ainsi les inquiétudes de Guayubira à ce sujet. À partir des omissions constatées,
le rapport du CAO signale qu’il faudrait : En définitive, ce que le Bureau du conseiller-médiateur de la Banque mondiale est en train de dire est que les évaluations des impacts sur l’environnement ont été absolument insuffisantes et que, par conséquent, les mécanismes de contrôle de l’État n’ont pas joué leur rôle et ce, avant même que les usines ne soient en fonctionnement. D’autre part, le rapport signale aussi une série de conséquences sociales et environnementales que provoqueront aussi bien l’expansion des plantations d’arbres que le processus industriel de production de pâte à papier. Ces deux points coïncident avec ce que le groupe Guayubira a manifesté en plusieurs occasions. Va-t-on continuer d’affirmer que ces usines ne seront pas polluantes ? » Article fondé sur des informations tirées de : “Banco Mundial y plantas de celulosa : se confirman impactos”, communiqué de presse, 16 novembre 2005, Grupo Guayubira, adresse électronique : info@guayubira.org.uy, http://www.guayubira.org.uy
|
Go
to Home Page - Recommend
this page
World Rainforest Movement
Maldonado 1858 - 11200 Montevideo - Uruguay
tel: 598 2 413 2989 / fax: 598 2 410 0985
wrm@wrm.org.uy