Bulletin du WRM

 

Pour télécharger le bulletin sous format Word cliquer ici
Pour s'abonner gratuitement
Numéros précédents

bulletin disponible en espagnol, en portugais et en anglais

 

Numéro 102 - Numéro 102 - Janvier 2006


ASIE

LUTTES LOCALES ET NOUVELLES

Bangladesh : les mangroves sont bien plus généreuses que l’industrie crevettière

Les mangroves, l’équivalent littoral des forêts tropicales de l’intérieur, que l’on appelle aussi des « forêts d’eau salée », ont permis de subsister à de nombreux habitants de la région (voir le bulletin nº 51 du WRM). La mangrove des Sundarbans est la plus large du monde ; elle s’étend sur presque 6 000 miles carrés en Inde et au Bangladesh, et constitue une barrière naturelle contre le tsunami et les cyclones qui soufflent fréquemment de la baie de Bengale. Leurs racines tolérant l’eau salée, les mangliers atteignent 70 pieds ou plus sur les îles composées de couches alternées de sable et d’argile déposées par des fleuves qui parcourent plus d’un millier de miles, de l’Himalaya à la baie de Bengale.

Au cours des 20 dernières années, les exportateurs de crevettes et de crevettes tigrées se sont emparés de milliers de rizières et d’autres cultures et les inondées d’eau salée pour y élever ces crustacés.

Coincés entre la jungle et les nombreuses fermes crevettières en expansion, au moins 100 000 paysans du Bangladesh bravent les attaques des tigres pour aller pêcher, couper des arbres et cueillir du miel dans la forêt des Sundarbans. « Les milliers de familles qui refusent de partir n’ont d’autre choix que de se risquer dans la mangrove pour pêcher, chercher du miel ou couper des arbres », a dit Abdul Haque, instituteur dans un village de l’île Gabura, située dans l’une des régions du Bangladesh où la concentration de fermes crevettières est la plus forte, celles-ci s’étendant presque 50 miles sur la terre ferme.

« En louant notre terre aux riches crevettiers, nous avons été les plus désavantagés », a-t-il dit. « Ils nous paient la terre en une seule fois, et l’argent est vite dépensé. » « Au bout du compte, nous ne pouvons plus planter ici de légumes ni d’arbres. Bien sûr, les gens ont peur d’aller dans la jungle. Mais quand ils commencent à avoir faim ils sont bien forcés de le faire. »

Bien des paysans vont dans la forêt où ils coupent des arbres pour faire des bateaux de pêche, ou pour approvisionner les usines qui font des panneaux pour le mobilier ou le bâtiment et d’autres produits de bois. Les cueilleurs de miel sont ceux qui ont le travail le plus risqué, car ils doivent chercher les ruches dans une végétation si dense qu’il faut se mettre à quatre pattes pour la traverser. Chaque printemps, les cueilleurs de miel s’endettent en louant des bateaux pour leur voyage à travers le labyrinthe de fleuves et de canaux d’eau salée boueuse qui serpentent autour des milliers d’îles de la jungle. Ils doivent s’approvisionner de tout le nécessaire pour des voyages qui durent jusqu’à trois mois. Et ils doivent graisser la patte aux fonctionnaires forestiers corrompus.

Obligés par les fermes à crevettes à s’enfoncer dans la mangrove, les cueilleurs de miel ont toutes les peines du monde à obtenir cet or liquide que surveillent de près les animaux de la forêt, le python, le cobra royal, les crocodiles et les tigres de Bengale mangeurs d’hommes. Et pourtant, la mangrove est bien plus généreuse que l’industrie crevettière...

Article fondé sur des informations tirées de : "The Lure of Liquid Gold", Paul Watson, Los Angeles Times, divulgué par Mangrove Action Project (MAP), http://www.earthisland.org/map/ltfrn_166.htm.


  top

Inde : des Adivasi abattus en défendant leur terre contre l’invasion de Tata Steel

L’année à peine commencée, une tragédie a frappé le district Jajpur d’Orissa, à Kalinga Nagar.

Depuis plusieurs mois, les membres des tribus locales et d’autres villageois se battaient avec acharnement pour éviter d’être délogés par le projet sidérurgique de Tata Industries, une entreprise bien connue pour avoir déplacé des gens et exploité leurs ressources naturelles. En mai de l’année dernière, la population avait empêché une tentative préalable de construction à Kalinga Nagar.

Le 2 janvier, les gens des lieux se sont réunis à l’endroit prévu pour l’aciérie de Tata Steel. Lorsque les bulldozers se sont mis en mouvement, des hommes et des femmes portant des armes traditionnelles se sont rapprochés du site. Cependant, le Secrétariat d’État avait donné l’ordre strict de faciliter la construction. On a tiré sur les agitateurs avec des balles de caoutchouc et on leur a lancé des grenades lacrymogènes, sans résultat. Douze Adivasi ont été tués.

Le gouvernement a fait de son mieux pour désamorcer la situation, mais les gens ont maintenu le barrage et ont gardé les douze cadavres sur l’autoroute. Tard dans la soirée, quelques activistes sociaux les ont persuadés de les incinérer. Ces morts ont uni les membres des tribus, qui ont juré sur le lieu des obsèques qu’ils ne céderaient pas un pouce de leur terre ancestrale à aucune industrie.

Le gouvernement avait décidé de destiner des milliers d’acres du territoire des
Adivasi à la construction de mines, d’industries et d’autres projets semblables de grande envergure. Si ce projet est réalisé, plus de 55 000 Adivasi seront déplacés, rien qu’à Jharkhand. En réponse à cette menace, les villages concernés ont constitué, au cours des six derniers mois, des Bhumi Suraksha Sangatans (Organisations pour la protection de nos terres) qui, à ce jour, ont réussi à organiser des « Janata Curfews » et à empêcher l’entrée de tout représentant du gouvernement ou des sociétés minières. Un nouveau mouvement de résistance était né.

La position des gens de la région est clairement établie dans une lettre adressée au Bureau national de contrôle de la pollution d’Orissa par Chakradhara Haibru, président de la Visthapan Virodhi Manch (l’organisation qui dirige la résistance au déplacement) : « La zone principale [de l’usine sidérurgique de Tata] n’est pas un désert. Elle est constituée par des collines vertes richement boisées, des établissements tribaux de plus de dix mille personnes distribués autour de deux gram panchayats, des terres agricoles, des réservoirs anciens, des pâturages, des terres communales et des routes ». « Vingt pour cent de la surface concernée par le projet sont couverts de forêts de haute qualité où abondent des espèces d’arbres à bois : Sal, Kuruma, Vandan, Ashan, Piasal, Mahula et Kendu. » « La zone désertique, située dans le Nord, mesure moins de 5 acres. Pourquoi décrit-on toute la zone comme un DÉSERT, au mépris de la réalité ? » « Nous regretterons que l’on crée l’impression que les membres des tribus de Kalinga Nagar ont été tués parce qu’ils demandaient davantage d’indemnités ou de meilleurs conditions de réinstallation. Le problème est très différent de ce qu’en disent les médias. »

Sur la base d’une amère expérience, il poursuivait : « Le rapport [du Bureau national de contrôle de la pollution] veut faire croire que le projet de TSL (Tata Steel) va créer des emplois directs et indirects et qu’il aura des effets bénéfiques sur l’environnement humain. Le rapport essaie de montrer que, dans la zone tampon, les gens mèneront une vie épanouie et prospère, avec des aliments meilleurs, une meilleure santé, de meilleurs logements, des installations éducatives et culturelles. Pour la grande majorité des travailleurs de la région, ce tableau est faux.

Ce plan ‘secret’ du gouvernement d’Orissa pour l’expansion de Kalinga Nagar, qui a décidé d’acquérir près de 200 kilomètres carrés pour le complexe industriel, les infrastructures et d’autres fins, va priver de terres tous les paysans de la zone. La plupart d’entre eux n’auront plus de foyer et chercheront du refuge dans les colonies du gouvernement. Le complexe industriel provoquera une forte pénurie d’eau et une pollution généralisée de l’air. En attendant, quelques entreprises privées sont en train d’acheter par des manoeuvres illégales des terres agricoles de grande qualité, laissant les paysans sans terres. Les fonctionnaires du gouvernement sont de connivence avec les agents immobiliers pour acquérir les terres des paysans pauvres.

La plupart des membres des tribus confrontés au déplacement manquent de droits formels sur leurs fermes et leurs terres agricoles. Donc, le paquet de compensation, composé d’une parcelle de 10 decimal dans une colonie de réinstallation et de 50 000 roupies pour construire une maison ‘pucca’ d’une pièce ne leur donne même pas une journée de tranquillité, parce qu’ils n’ont pas de travail régulier pour vivre. Il est inimaginable que ces gens, coupés de leur vie traditionnelle, de leur occupation traditionnelle dans l’agriculture et la cueillette de vivres, puissent gagner assez d’argent dans la colonie pour attendre d’avoir du travail à l’usine. Après tout, ils ne remplissent pas les critères pour recevoir un traitement préférentiel sur le marché du travail de Kalinga Nagar car, d’après le gouvernement, ils n’ont pas perdu de terres. Nous avons tiré des enseignements des problèmes subis par les personnes déplacées qui habitent dans la colonie de Gobarghati et qui gagnent leur vie, hommes, femmes et enfants, dans les usines de concassage. Ils déplorent leur malheur présent et maudissent les autorités de l’usine de Nilachal, qui leur ont fait perdre leurs foyers et leurs terres.

Nous, au nombre de 10 000, et les 50 000 autres membres des tribus de la zone tampon, nous nous opposons à être déplacés de nos foyers et de nos terres agricoles. Donc, les 50 000 Dalit sont eux aussi contre les projets pour Kalinga Nagar. Nous ne sommes pas d’accord avec le rêve de ‘développement’ que le rapport nous propose et nous ne l’acceptons pas. Nous ne sommes pas prêts à nous retrouver sans foyer, sans terre et sans travail. Nous ne voulons pas perdre notre vie traditionnelle. »

Article fondé sur des informations tirées de : “We don't accept the 'development dream' put before us!”, Chakradhara Haibru, Bistapan Virodhi Janamancha, http://www.minesandcommunities.org/Action/press864.htm ; “People's Version Of Kalinganagar Firing On 2nd January, 2006”, Independent Media, http://samajwadi.blogspot.com/.


  top

Indonésie : la Deutsche Bank se retire du projet d’usine de pâte d’UFS

Les plans de l’United Fiber System de construire un empire de la pâte à papier au Kalimantan ont reçu un coup en janvier 2006, lorsque la Deutsche Bank a confirmé qu’elle avait abandonné son rôle de conseiller financier de la société. Cinq mois plus tôt, l’UFS avait annoncé qu’elle avait engagé la filiale de Singapour de cette banque comme conseiller financier pour l’acquisition de l’usine de pâte de Kiani Kertas, au Kalimantan oriental.

Michael Hoelz, directeur général de la Deutsche Bank, a confirmé dans une déclaration aux ONG allemandes que « la Deutsche Bank n’a plus d’engagement avec l’UFS ».

La banque s’est retirée à la suite des pressions exercées par Urgewald, Robin Wood, Rettet den Revenwald et Global 2000 (Les Amis de la Terre Autriche). En novembre 2005, les militants de Robin Wood avaient accroché une bannière au siège de la banque à Francfort. « Nous sommes persuadés que les clients et les actionnaires de la Deutsche Bank n’approuveraient pas que la banque participe dans une affaire qui détruit les forêts tropicales », a dit Peter Gerhardt, membre de Robin Wood.

L’usine de pâte de Kiani Kertas, d’une capacité de production de 525 000 tonnes par an, avait été établie par Bob Hasan, le magnat du bois, maintenant tombé en disgrâce. Hasan était ministre du gouvernement et ami intime du dictateur indonésien Suharto. Après la chute de ce dernier, Hasan a été mis en prison pour corruption. L’usine de Kiani Kertas n’a jamais tourné à plein et l’entreprise a contracté une dette de plus de 1,1 milliards de dollars.

Stephanie Fried, scientifique de haut niveau qui travaille avec Environmental Defense, a vécu deux ans, au début des années 1990, avec le peuple autochtone des Bentian au Kalimantan oriental. Elle a documenté comment ont été établies les plantations devant alimenter l’usine de Kiani Kertas. La première nouvelle que les Bentian ont eue de l’existence du projet leur a été apportée par le bruit des tronçonneuses dans leur forêt familiale. L’entreprise a détruit leurs jardins, leurs arbres fruitiers et leurs forêts. Les travailleurs ont pillé et détruit au bulldozer leurs tombes ancestrales. Tout le bois de bonne qualité a été pris, et de 70 à 80 pour cent des terres ont été tout simplement brûlés et abandonnés. Aucune indemnité n’a été payée.

Un groupe de Bentian est allé à la pépinière de l’entreprise pour demander à parler avec ses représentants mais, à la place de ces derniers, près de deux cents militaires se sont présentés. Ils ont fait des prisonniers, les ont torturés, ont enfoncé des canons d’armes à feu dans leurs bouches et leurs oreilles, les ont brûlés avec des cigarettes et ont menacé de les tuer.

En plus de reprendre l’usine de Kiani Kertas, l’UFS projette de construire au Kalimantan Sud l’usine de pâte de Satui, d’une capacité de 600 000 tonnes par an, et une usine de particules de 700 000 tonnes par an à Pulau Laut, une île située au large de la côte sud-orientale du Kalimantan Sud.

En 2002, l’UFS a signé un contrat avec la CMEC (China National Machinery and Equipement Import and Export Corporation), une entreprise étatique chinoise, pour la construction de l’usine de Satui. Suivant les termes de ce contrat, la CMEC financera 80 pour cent du projet, 20 pour cent restant à la charge de l’UFS. Il y a deux ans, le président de l’UFS, Sven Edström, a dit aux chercheurs du Centre pour la recherche forestière internationale de Bogor, en Indonésie, qu’il n’avait pas d’information sur la conduite de la CMEC en matière d’environnement. En fait, la CMEC n’a jamais construit une usine de pâte.

Fin 2003, l’UFS a demandé une assurance de risque politique à l’Agence multilatérale de garantie des investissements de la Banque mondiale (MIGA), mais l’a retirée après la campagne d’une ONG. En 2002, une filiale de la firme hollandaise Akzo Nobel s’est retirée du projet d’usine de pâte de Satui peu après une manifestation organisée par Milieudefensie (Les Amis de la Terre Pays-Bas) devant le siège principale de l’entreprise à Arnhem.

La construction de l’usine de particules de l’UFS a démarré, avec le financement de la CMEC et de la banque autrichienne Raiffeisen Zentralbank. Andritz, entreprise autrichienne d’équipements pour l’industrie de la pâte et du papier, a passé un contrat avec l’UFS pour la fourniture des machines de l’usine de particules et de l’usine de pâte de Satui.

L’UFS est inscrite à Singapour et appartient à une série d’entreprises enregistrées aux Îles Vierges britanniques. L’une d’entre elles, Tektronix, appartient aux présidents et directeurs de la société suédoise CellMark, la plus grande du monde dans la commercialisation de la pâte et du papier. CellMark a accordé avec l’UFS d’acheter 90 pour cent de la production de l’usine de Satui pendant les dix premières années de fonctionnement de celle-ci.

Au cours d’une conférence de presse tenue à Francfort en janvier 2006, les ONG ont accueilli avec plaisir la décision de la Deutsche Bank d’interrompre toute relation avec l’UFS. Lydia Bartz, de l’ONG allemande Urgewald, a dit que « la Deutsche Bank devrait adopter des critères environnementaux et sociaux » pour éviter de se voir impliquée dans des projets comme celui de l’UFS.

Longgena Ginting, des Amis de la Terre International, a expliqué que le problème réside dans l’énorme surcapacité de l’industrie indonésienne de la pâte et du papier. Plus de trois millions d’hectares de forêts sont coupés chaque année, illégalement ou de façon destructrice, surtout pour alimenter l’industrie de la pâte. « Il y a un lien très fort entre les financiers, les sociétés conseil et les fournisseurs de machinerie européens d’un côté, et la destruction des forêts et des moyens de vie en Indonésie de l’autre », a-t-il dit.

Daniel Hausknost, de Global 2000, a ajouté qu’Andritz et la Raiffeisen Zentralbank sont encore impliquées dans les projets de l’UFS. Elles devraient suivre l’exemple de la Deutsche Bank et se retirer.

En janvier 2005, Andreas Ecker, chef des communications de la Raiffeisen Zentralbank, a dit à Global 2000 et à Environmental Defense qu’il aurait voulu que la banque n’ait jamais eu de rapports avec l’UFS. « Nous aurions préféré ne jamais investir dans ce projet », a-t-il dit. « C’est une source de problèmes. »

Chris Lang, adresse électronique : chrislang@t-online.de


  top

Thaïlande : la longue marche pour les forêts communautaires

Phrue marche depuis 49 jours. Avec quatre-vingt-huit autres personnes, il est parti le 7 novembre en une marche épique de Chiang Mai à Bangkok, pour sauver ce qui revient au peuple dans le projet de Loi sur les Forêts communautaires de la Thaïlande (LFC).

Le projet de loi, proposé à l’origine par les organisations d’agriculteurs et les ONG dans le but de permettre aux communautés de protéger leurs forêts, risque maintenant d’être transformé dans le sens opposé. En septembre 2005, le comité chargé de superviser sa rédaction a décidé d’interdire les forêts communautaires dans les zones spéciales de conservation (voir le bulletin nº 99 du WRM).

Pour Phrue, un Chgor Karen de la province de Chiang Mai, cela équivaudrait à institutionnaliser l’injustice pratiquée depuis des décennies par le ministère royal des forêts (MRF) et mettrait sa communauté en danger d’expulsion, tout en menaçant l’ensemble de son style de vie.

Son village, Ban Pa Khuanai, est un exemple du conflit entre deux modèles contradictoires de gestion des forêts qui règne en Thaïlande depuis plus d’un siècle. Bien avant la création du MRF, les Karen utilisaient les forêts de façon durable. D’après Phrue, la nature, la forêt, la terre et l’eau ont toutes une âme. Les croyances et les superstitions d’ordre culturel protègent certaines zones en tant que cimetières forestiers et sites sacrés. L’utilisation de la forêt et l’abattage d’un arbre se font en respectant les rapports entre tout ce qui est vivant.

Or, ces rapports avec la forêt ont été menacés, d’abord par une concession accordée par le MRF à une entreprise forestière, ensuite par l’annonce que leur forêt et leurs foyers étaient situés à l’intérieur d’une réserve forestière nationale et d’un parc national. Les villageois, menés par Nit, un instituteur activiste, ont réagi. Nit a été tué pour avoir dirigé le combat contre les exploitants forestiers, mais les villageois ont fini par l’emporter et ils ont obtenu le droit de gérer leur forêt avec l’autorisation des autorités locales.

Tel qu’il est à l’heure actuelle, le projet de loi priverait Phrue et ses voisins de toute sécurité légale et annulerait leurs efforts pour protéger la forêt. C’est pourquoi les villageois du Nord ont entrepris leur « Marche pour la Nature » (Thammachat Yatra), pour montrer leur détermination à lutter pour leur mode de vie. Une réunion du Cabinet ayant été fixée pour la mi-décembre, les marcheurs ont décidé de se rendre à Bangkok en camion après avoir atteint Phitsanulok. Ils ont été rejoints par des milliers de paysans du Nord et du Nord-Est.

Pourtant, Phrue avait juré qu’il irait à pied de chez lui à Bangkok, et il a continué tout seul. Un peu plus tard, six autres personnes l’ont rejoint. Leur voyage a suscité une solidarité impressionnante. Chaque nuit, ils sont invités à dormir dans le temple local ou dans un bureau de l’administration. Les villageois de la zone leur apportent à manger et, souvent, on y organise une rencontre où les marcheurs expliquent les raisons de leur lutte et pourquoi les forêts sont bien plus qu’une simple ressource à exploiter. Ils entendent arriver à Bangkok à la fin de décembre et organiseront une série de manifestations pour réunir des appuis à l’aménagement des forêts par la population.

Oliver Pye, adresse électronique : oliver.pye@uni-bonn.de. Source : interviews et observation participative des marcheurs et des activistes des ONG qui les appuient. Pour davantage d’informations visitez le site : www.pachumchon.com.

page précédente

page d'accueil

page suivante



Go to Home Page - Recommend this page

World Rainforest Movement

Maldonado 1858 - 11200 Montevideo - Uruguay
tel:  598 2 413 2989 / fax: 598 2 410 0985
wrm@wrm.org.uy