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Bulletin du WRM
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LUTTES LOCALES ET NOUVELLES Les barrages au service du nettoyage ethnique : la guerre de la junte birmane contre les Karenni Aung Ngyeh, un Karenni de 31 ans, s’est enfui en Thaïlande en 2002, forcé de quitter son foyer de l’État Karenni par la guerre des militaires birmans contre les populations ethniques. Il vit maintenant dans un camp de réfugiés situé sur la frontière thaïlandaise, où il travaille avec le Groupe karenni de recherche sur le développement (KDRG) faisant campagne pour arrêter l’investissement étranger dans les projets de « développement » du régime birman. Pour Aung Ngyeh et pour les milliers d’autres personnes déplacées comme lui, les projets de « développement » de la dictature militaire birmane, tels que les barrages prévus sur le fleuve Salween (et les chemins de fer, les autoroutes, les mines et les gazoducs de gaz naturel) sont des armes utilisées par la junte pour harceler et expulser les peuples ethniques. Quand il avait 16 ans, Aung Ngyeh a été forcé de travailler à la construction des voies ferrées, non loin de l’emplacement du barrage de Mobye qui alimente les usines hydroélectriques de Lawpita. Construit au début des années 1960 avec du financement japonais, le barrage de Mobye, situé aux chutes de Lawpita sur le fleuve Balu Chuang, dans l’État Karenni, a été le premier projet hydroélectrique birman. Le réservoir du barrage couvre près de 207 kilomètres carrés ; environ 12 500 Karenni y ont perdu définitivement leurs foyers et leurs champs. Ceux qui habitaient près des usines hydroélectriques ont été forcés de partir sous la menace des armes et leurs champs ont été semés de mines terrestres. Depuis 1960, les militaires birman ont augmenté leur présence dans l’État Karenni, surtout pour essayer de contrôler la région de Lawpita. Plus de 24 bataillons y sont installés en permanence. Les soldats en maraude terrorisent constamment la population. Le travail forcé, le harcèlement, l’extorsion et les meurtres au hasard sont monnaie courante, tout comme la violence sexuelle, y compris le viol collectif par des militaires, visant spécifiquement les femmes ethniques. Malgré les difficultés qu’ils ont subies, les Karenni tirent très peu d’avantages du barrage de Lawpita. Au moins huit pour cent de l’État Karenni ne reçoit pas d’électricité, celle-ci étant dirigée vers Rangoon et Mandalay ; de toute façon, la plupart des habitants ruraux ne pourraient pas en payer le prix. D’autre part, le fleuve Balu Chuang étant détourné vers les turbines du barrage, les villageois n’ont pas assez d’eau pour leurs champs quand ils en ont besoin et la pénurie d’eau y est chronique. L’État Karenni est situé sur le bord oriental de la Birmanie, entre la province thaïlandaise de Mae Hong Son à l’Est, l’État Shan au Nord et l’État Karen au Sud. D’une grande diversité culturelle, il possède sept municipalités avec une population totale d’environ 300 000 personnes, dont des « populations déplacées à l’intérieur ». Les habitants les plus nombreux sont les Kayah, mais il y a aussi d’autres groupes ethniques, tels que les Gekho, les Geba, les Karen, les Kayan (Paduang), les Kayaw, les Bre, les Manumanaw, les Shan, les Yinbaw et les Yintalai. Chaque groupe a sa propre langue, ses coutumes et ses croyances ; il existe aussi parfois des dialectes différents et d’autres particularités à l’intérieur de chaque groupe. La plupart des personnes s’adonnent à la culture du riz en montagne et sur la plaine, ainsi qu’à la pêche, la chasse et la cueillette de produits de la forêt. Les sept municipalités de l’État Karenni équivalent en gros aux anciens royaumes des rois Karenni ou Sawphyas, qui étaient indépendants. Les tensions actuelles avec la dictature birmane sont le reflet de la situation passée : les royaumes Karenni ne se sont jamais soumis à la domination coloniale et sont restés séparés et indépendants jusqu’en 1948, date à laquelle la Birmanie est devenue indépendante des Britanniques. Après l’indépendance, les Birmans ont établi le gouvernement de la Ligue antifasciste pour la liberté du peuple (AFPFL), tandis que les Karenni ont constitué un gouvernement parallèle, le Gouvernement de la Résistance Karenni (KRG), dirigé par U Be Tu Re. En 1948, les troupes birmanes ont envahi les états Karenni et assassiné U Be Tu Re. Depuis, beaucoup de groupes armés karenni, tels que le Front national populaire pour la libération des nationalités Karenni (KNPLF) se sont battus contre les Birmans. À partir de 2002, tous les groupes sauf le Parti progressiste national Karenni (KNPP) formé en 1957 et issu du KRG, ont signé des cessez-le feu avec la junte birmane. La junte a utilisé le cessez-le feu comme prétexte pour prendre des positions plus stratégiques de manière à mieux contrôler la région karenni, et elle a réuni les noms des personnes impliquées dans les divers groupes de libération. Aung Ngyeh dit que c’est pour cette raison qu’il ne peut pas retourner à son foyer dans l’État Karenni, puisqu’il est un homme marqué par les militaires birmans. Néanmoins, cela ne l’a pas empêché de retourner il y a quelque temps à d’autres endroits de l’État, se cachant dans les forêts et marchant ou se faisant prendre en stop par des villageois ; il a voyagé ainsi jusqu’à l’État Shan, pour voir quelle était la situation actuelle. Il dit que de très nombreux Karenni ont déjà quitté l’État ; certains sont allés en Thaïlande près de la frontière, d’autres se sont cachés dans les forêts proches de leurs villages détruits, et la plupart d’entre eux ont été déplacés de force vers des camps de réinstallation, où ils sont utilisés comme main d’oeuvre par la junte. Les villages frappés par la réinstallation forcée couvrent au moins la moitié de la surface de l’État Karenni et comprennent entre 20 000 et 30 000 personnes. La junte ne leur a donné qu’une semaine pour partir vers les endroits désignés et a déclaré que ceux qui seraient trouvés ailleurs que dans les lieux de réinstallation après ce délai seraient considérés comme des troupes ennemies et tués à vue. Les militaires ont mis à sac et brûlé des greniers, tué le bétail et obligé tout le monde, y compris les enfants, les femmes enceintes et les vieillards, à marcher à travers les montagnes jusqu’aux endroits éloignés désignés pour leur réinstallation. Il y a peu de terres cultivables près de ces camps pleins de monde. Sans une nourriture appropriée et sans soins médicaux, les gens souffrent de malnutrition et de maladies comme la malaria ; les femmes ne cessent d’être violées par les soldats armés et ceux qu’on attrape en train d’échapper sont tués. Au vu des conséquences du barrage de Lawpita, de la guerre permanente et des réinstallations forcées pratiquées par la junte, Aung Ngyeh dit que les nouveaux projets tels que les barrages sur le fleuve Salween ne peuvent qu’aggraver la situation déjà insoutenable des peuples karenni. À présent, la Thaïlande et la Birmanie ont convenu de construire au moins quatre barrages le long du fleuve Salween en Birmanie, à Tasang dans l’État Shan et à Hatgyi, Weigyi et Dagwin dans l’État Karen. Les barrages du Salween vont produire en tout de 15 000 à 20 000 mégawatts d’électricité qui seront vendus à la Thaïlande. Le barrage de Weigyi, dont la construction doit démarrer en 2007, est au moins dix fois plus haut que celui de Mobye. C’est ce barrage qui aura le plus d’impact sur les Karenni. Bien que situé dans l’État Karen, son réservoir inondera plus de 640 kilomètres de l’État Karenni, y compris la plupart des forêts de plaine et des terres agricoles de la région, et perturbera les pêches fluviales. Bien qu’il n’y ait pas d’études disponibles sur les forêts de la région du Salween dans l’État Karenni, on sait que les centaines de kilomètres de forêts de plaine qui seront submergées par le réservoir de Weigyi se trouvent dans une région écologique riche en diversité biologique. Le barrage de Weigyi va submerger complètement 28 villages de quatre municipalités karenni, y compris les villes de Pasaung et de Bawlake ; d’autre part, si beaucoup de villageois ont déjà été réinstallés de force au cours des années, on estime que le barrage affectera directement 30 000 personnes encore. Cela inclut la tribu entière des Yintalai (un millier de personnes), un groupe sub-ethnique des Kayah, dont les terres ancestrales se trouvent à Pasaung et Bawlake. En attendant, on estime qu’un tiers de la population a déjà été réinstallée de force ou déplacée, et plus de 22 000 réfugiés karenni ont été enregistrés dans des camps en Thaïlande. Si les projets de barrages sur le Salween se poursuivent, beaucoup de ces personnes ne pourront jamais retourner chez elles. Les groupes karenni insistent vivement pour que la Thaïlande et d’autres investisseurs comme la Chine arrêtent tout projet de barrage sur le Salween, y compris celui de Weigyi. Pour les Karenni, déjà ravagés par un demi-siècle de guerre et de violence sous la junte birmane, les barrages du Salween n’annoncent que davantage de souffrances. Noel Rajesh, adresse électronique
: rajesh@sea-user.org Création de forêts “gérables” : les plantations et les travailleurs des plantations de l’Inde Lorsque les Britanniques envahirent l’Inde il y a 250 ans, ils trouvèrent le sous-continent couvert d’une mosaïque de végétation incompréhensible pour eux. De grands arbres sombres, des plantes grimpantes tordues et nouées, des prairies sauvages... l’abondance purement tropicale des forêts de l’Inde les surprit et les bouleversa. Ces forêts finirent par signifier un certain nombre de choses plus simples : les vipères, les tigres, les barbares ou rebelles, les ravageurs, l’aventure. Cependant, les colonisateurs-commerçants britanniques ne négligèrent jamais les côtés mondains et pratiques de cet « exotisme oriental ». La Compagnie des Indes Orientales continua de « bâtir l’empire » et les 100 premières années de domination britannique virent un pillage colossal de la moitié de la végétation forestière de l’Inde. Le bois extrait alimentait la construction de chemins de fer et les chantiers navals anciens et nouveaux de l’Inde et l’Angleterre. La terre ainsi défrichée fut attribuée aux agriculteurs blancs (planteurs de thé, de café, d’indigo et de canne à sucre), et aux « zamindars » natifs, nouvelle classe de seigneurs féodaux créée par les Britanniques. Les ravages se poursuivirent jusqu’en 1860 ; après avoir passé un siècle à bâtir l’empire et à subir les tensions et les compulsions politiques associées, les dirigeants devinrent plus sages et, dans beaucoup de régions (par exemple, dans celles administrées par des rois ou des nababs natifs) ils laissèrent les forêts en paix. Mais les forêts de l’empire étaient vouées à un sort différent. En 1864 fut créée la première administration forestière de l’empire britannique (Imperial Forest Service). En 1868 et en 1878, l’Inde fut « dotée » de sa première politique forestière et de son premier code forestier, qui prescrivaient, entre autres, d’interdire aux communautés indigènes de vivre dans la forêt et d’en limiter l’usage. Dans l’intérêt de la reine et de l’empire, les Britanniques déclarèrent que toutes les ressources de propriété commune, « non colonisées » et « sans propriétaire », comme les pâturages et les forêts, relevaient de la Couronne. Cela voulait dire que l’État colonial pouvait « aménager » les forêts à sa guise. Cet « aménagement » (que les Britanniques appelaient scientifique) était la clé qui, d’après la politique forestière de l’Inde, allait rendre les forêts plus homogènes et productives. « L’homogénéisation » fut le mot magique placé au début de tous les plans de travail sur les forêts de l’Inde (jusqu’en 1988 !). L’urgence résidait peut-être dans l’idée de domestication ou de « domptage » de la nature, chère à la mentalité coloniale : il fallait tirer quelque chose de civilisé de ce paysage païen. Ainsi, entre 1864 et 1947 (date à laquelle les Britanniques quittèrent l’Inde), les forêts du pays apprirent « l’ordre », avec des rangées impeccables de grands pins élégants couvrant les pentes, et des monocultures de sal (Shorea robusta) et de teck (Tectona grandis) remplaçant le rebut (le « jhar » en hindi vernaculaire). En fait, les forêts étaient de plus en plus gérées comme des domaines, avec des villages forestiers (de nouvelles colonies de travailleurs des plantations) s’établissant à l’intérieur. Plus tard, lorsque Dietrich Brandis, « le père de la foresterie tropicale », développa le système « taungya » de plantation, beaucoup de ces villages furent appelés « taungyas ». Cette méthode devint la plus utilisée non seulement en Inde, mais aussi dans plusieurs pays africains et asiatiques. Du point de vue écologique, la méthode taungya avait l’avantage de réintroduire le feu dans les systèmes de forêt tropicale et tempérée. Du point de vue sociopolitique, elle apportait une solution temporaire au problème de l’agitation croissante des tribus dans les zones boisées de l’Inde britannique. Les villages taungya avaient un certain espace de « réhabilitation » pour les cultivateurs itinérants déplacés (les « jhumiyas »), où ils pouvaient défricher et brûler pour planter des cultures vivrières. Plus tard, ils devaient planter des arbres dans ces terres. Pendant les premières années, ce travail était obligatoire et non payé. Malgré cela, les taungyas étaient un progrès par rapport aux villages forestiers antérieurs à l’implantation de ce système. Au Bengale par exemple, les villages dans la forêt « permanente » commencèrent à apparaître à partir de 1910 ; les paysans signaient des accords ou des « contrats » avec le Service, lesquels leur accordaient certains privilèges, comme d’obtenir gratuitement du bois et d’autres éléments de construction, du bois de feu et du fourrage, en plus de la terre à cultiver. Après l’indépendance de l’Inde, le service forestier poursuivit sa tâche d’homogénéisation des forêts, ce qui fut légitimé par la politique forestière de 1952, suivant laquelle les forêts seraient aménagées de manière à satisfaire les « besoins primordiaux » de la nation. Ces besoins se traduisirent par une foresterie commerciale agressive et, d’après les estimations de la Commission de planification et de l’Évaluation des forêts de l’Inde, plus de 17 millions d’hectares de plantations furent établis en près de 38 ans, tandis que le nouveau code forestier de 1988 prescrivit la suspension du défrichage des forêts naturelles. Néanmoins, la plantation d’arbres continua après cette date, et pendant la 8e et la 9e période de cinq ans du plan, environ 16 millions (!) d’hectares de nouvelles plantations furent créés. La politique de 1988 mentionnait l’intégration des besoins des communautés forestières en matière de subsistance et de biomasse, mais les programmes de plantation continuèrent d’être gouvernés par les besoins de l’industrie et des consommateurs urbains. Cela devient évident quand on regarde les essences choisies. En effet, d’après les estimations d’une évaluation des forêts de l’Inde effectuée en 1999, en 1997 le service forestier avait déjà établi quinze millions d’hectares de plantations qui comprenaient de vastes étendues d’arbres à pâte et à bois d’oeuvre (où l’eucalyptus et le teck occupaient environ 16 % de la superficie totale). Près de 20 millions d’hectares de plantations furent établis dans des terres agricoles, dans le cadre de programmes de foresterie commerciale ou sociale. Suivant l’Évaluation des ressources forestières de la FAO (2000), l’Inde possède 34 millions d’hectares de plantations et, d’après les objectifs du plan, il y a de fortes chances que 30 millions supplémentaires soient plantés. Avec les quatre millions d’hectares ajoutés entre 2000 et 2005, cela fait, pour 2020, le total énorme de 65 à 70 millions d’hectares, soit presque 36 % du total mondial ! Bien entendu, le gouvernement de l’Inde encourage la formule PPP (partenariat public-privé) de la Banque mondiale pour équilibrer les coûts, ce qui veut dire que l’État va passer des contrats avec des entreprises (ou des Institutions financières internationales, ou qui sais-je encore) au nom des communautés d’usagers mobilisées par le biais du Programme de gestion conjointe des forêts. Des expériences de ce genre ont déjà été tentées dans l’État d’Andhra Pradesh, où des communautés entières ont été éconduites de leurs terres (que, d’après la version officielle, elles avaient « envahies »). Le puissant lobby de la pâte et du papier exige que les forêts « dégradées » soient louées aux entreprises pour y élever des plantations « protégées » ; pour l’instant, il ne demande qu’un « tout petit bout » de 1,6 million d’hectares ! Cela se passe en dépit de plusieurs rapports et recommandations des agences gouvernementales, qui disent que de telles initiatives peuvent porter atteinte aux communautés forestières. Tandis que les plantations grandissent et couvrent le pays, les travailleurs originels des plantations de l’Inde continuent de languir dans leurs ghettos, dénués de tous leurs privilèges et privés de tous leurs droits. La foresterie étant maintenant une industrie capitalistique entièrement mécanisée, et les pratiques de gestion forestière du pays s’étant tournées vers le modèle tant vanté de « conservation de la diversité biologique », la main-d’oeuvre a perdu de l’importance. Pour les villageois forestiers, cela se traduit par le chômage perpétuel, par d’énormes difficultés économiques et par la misère. Ils n’ont pas accès aux divers plans de développement ni aux prêts bancaires, et n’ont aucun droit de propriété sur leurs terres agricoles ni leurs maisons. Dans beaucoup de régions, le Service des Forêts les menace d’expulsion. On trouvera difficilement un meilleur exemple d’un État souverain déclarant persona non grata tout un secteur de ses citoyens et faisant la guerre contre eux. Tout est prêt pour une invasion massive du commerce de carbone et des services environnementaux. Les forêts de l’Inde et les communautés forestières se battent contre une double menace : la foresterie de production et la foresterie de protection. Soumitra Ghosh, adresse électronique
: soumitrag@gmail.com Indonésie: le dilemme du FSC au coeur de Bornéo. Colmatage progressif ou bradage ? Une nouvelle certification délivrée par le FSC à une grande opération forestière, cette fois en Indonésie, a déconcerté les observateurs des forêts. Près de la naissance du fleuve Mahakam, au Kalimantan oriental, une des quatre opérations forestières de l’entreprise PT Sumalindo Lestari Jaya, inscrite à Jakarta, a reçu de SmartWood, la société de certification de la Rainforest Alliance dont le siège est à New York, un certificat FSC (en plus d’un certificat complémentaire délivré par l’entreprise indonésienne PT Mutuagung Lestari dans le cadre du protocole de certification conjointe), en application du plan de certification national, Lembaga Ekolabel Indonesia. Sumalindo Lestari Jaya (SLJ) est une grande société qui possède quatre concessions d’exploitation forestière en activité, des étendues additionnelles de plantations d’arbres, une fabrique de contre-plaqué et une installation qui produit des panneaux de fibre de moyenne densité (MDF). La société appartient à 75 % à PT Sumber Graha Sejahtera, qui fait partie du groupe Hasko, un grand conglomérat de producteurs de contre-plaqué. Les 25 % restants sont partagés entre PT Barito Pacific, encore une grande entreprise forestière, et le public en général. Que le certificat octroyé à SLJ II soit ou non une bonne nouvelle pour les forêts de Bornéo dépend de la vision qu’on ait de ce qui est possible et de ce que l’on considère comme les principaux dangers pour la région. Bornéo a déjà subi un déboisement considérable, en raison de l’exploitation mal réglementée ou directement illégale et du défrichage au profit de l’agriculture, des plantations d’arbres et de la culture du palmier à huile. Plus de la moitié des forêts éliminées sont maintenant des terres « abandonnées », quoique la plupart d’entre elles fassent encore l’objet de réclamations de la part des communautés. Les grandes forêts qui restent à Bornéo, sont, pour la plupart, dans les régions montagneuses lointaines, aux sources des fleuves. Presque toutes ces zones ont déjà été allouées aux exploitants forestiers qui, jusqu’à présent, les ont très peu entamées en raison des coûts prohibitifs de l’accès et du transport et de la disponibilité de régions plus accessibles et lucratives situées en aval. Les agences internationales de conservation les plus importantes qui ont des activités en Indonésie essaient maintenant de sauver « le coeur de Bornéo » en établissant une mosaïque de forêts protégées, de parcs nationaux et de grandes concessions forestières « gérées de façon durable », et en réduisant au minimum les terres défrichées à usage communautaire et industriel. La menace de coupe massive des forêts des sources n’est pas imaginaire. En effet, en juillet 2005 le président de l’Indonésie a annoncé des plans pour l’établissement dans cette région de la plus grande plantation de palmier à huile du monde. D’après ses déclarations, environ 1,8 millions d’hectares de forêt situés sur la frontière du Sarawak (Malaisie) et du Kalimantan (Bornéo indonésienne) seront transformés en plantations de palmier à huile financées par la Banque internationale de développement de la Chine. La concession de SLJ II est à côté de ce couloir de palmier à huile. De son côté, le gouvernement local du district de Malinau prévoit lui aussi d’affecter au palmier à huile de grands morceaux de forêt. Des organisations de conservation comme WWF, qui a vigoureusement dénoncé les projets de palmier, et The Nature Conservancy (TNC) s’empressent d’encourager les entreprises à investir dans l’exploitation de longue durée de ces forêts, plutôt que de les voir définitivement éliminées. Or, il faudrait savoir si on peut faire confiance à ces grandes sociétés qui proposent une exploitation forestière durable. Peut-on « colmater » les forêts frontières contre la marée montante du déboisement en certifiant les opérations forestières, ou cela ne servira-t-il qu’à encourager encore le pillage à l’intérieur, d’abord par les exploitants forestiers et puis par d’autres ? La quête de la durabilité : L’exploitation forestière industrielle sur les îles extérieures de l’Indonésie s’est poursuivie à grande échelle dans les années 1970 et, depuis, elle a contribué à la destruction massive des forêts du pays. La surexploitation, la mauvaise gestion et l’absence de repeuplement et de régénération naturelle gérée, ainsi que les opérations et le défrichage manifestement illégaux, ont été la norme. La production de bois est montée en flèche, atteignant cinq ou six fois la coupe annuelle autorisée, en raison de la surcapacité généralisée des usines de pâte et de particules et des scieries, tandis que continuaient les exportations illégales de bois brut. La combinaison d’une foresterie mal réglementée, des pistes de vidange de bois, de la migration et de la transformation en plantations a porté les taux de déforestation à 1,5 million et même à 3 millions d’hectares par an, les avis sur le chiffre exact étant partagés. Ces dernières années, l’exploitation illégale et les opérations à petite échelle ont pris une nouvelle impulsion en Indonésie. Le forum environnemental national, WALHI (Les Amis de la Terre Indonésie) a demandé de suspendre toute exploitation forestière à grande échelle et de promouvoir en échange les opérations certifiées de base communautaire. Cependant, les grandes ONG conservationnistes ont travaillé avec une poignée d’entreprises parmi les plus larges, comme SLJ, qui essaient de renverser la situation d’illégalité, en les aidant à se faire certifier. SLJ essaie depuis quelques années déjà d’améliorer ses critères de gestion forestière, de manière à remplir les exigences du marché nord-américain, et à celles de The Home Depot en particulier, en matière de bois certifié. Ces démarches se sont centrées surtout sur la plus grande de ses concessions, dénommée SLJ II, dont l’exploitation a commencé en 1991. Cette concession de 270 000 hectares est exploitée à l’heure actuelle dans son extrémité sud, près du fleuve Mahakam, dans le district de West Kutai, à partir d’un dépôt de grumes proche de la communauté de Long Bagun, mais la concession s’étend jusqu’aux sources du fleuve Kayan dans le district de Malinau et atteint presque la frontière de la Malaisie. À mesure que l’extraction avancera, SLJ prévoit d’élargir son réseau de pistes vers le Nord, en traversant la région des sources jusqu’à Malinau, où se trouve la plus grande partie de la concession. Sumalindo applique une technologie de pointe pour l’inventaire du bois à SLJ II ; elle a délimité dans sa concession les forêts de grande valeur pour la conservation et utilisé des techniques d’abattage de faible impact, dans le cadre de l’initiative coordonnée par TNC et WWF-Indonésie, dénommée Alliance pour la promotion de la certification des forêts et le combat de la coupe illégale en Indonésie et financée surtout par l’USAID et The Home Depot. Le système visait aussi à compléter un programme déjà existant de collaboration entre TNC et les grandes entreprises forestières, dont l’objectif est d’encourager la foresterie responsable en créant des stimulations commerciales à l’intention des entreprises qui appliqueront de bonnes pratiques. Les usines de contre-plaqué et de MDF de la SLJ situées à Samarinda utilisent du bois en provenance de plusieurs concessions. Ainsi, il est essentiel, pour le succès des efforts de gestion durable et de commercialisation, de mettre au point une technique qui permette de distinguer le bois de la SLJ II de celui d’autres origines. À cet effet, TNC et SLJ, avec le conseil technique de la SGS et l’URS, ont commencé à expérimenter avec les codes de barres pour le suivi du bois. L’idée est qu’on peut agrafer les codes de barres aux grumes au moment de la coupe, puis aux dérivés de ce bois dans les usines de traitement ; grâce aux lecteurs de codes correspondants, on peut suivre ainsi avec certitude le cheminement du bois le long de la « chaîne de traçage », de l’arbre au point d’importation aux États-Unis. En janvier 2005, les observateurs locaux des forêts, qui s’appellent « Groupe de travail sur les forêts du Kalimantan oriental » (Pokja Hutan Kaltim – EKWGF), et qui ont des contacts chez les communautés des sources du Mahakam, ont affirmé qu’on était en train de blanchir du bois en provenance de l’extérieur de la concession en y apposant les codes de barres dans le dépôt de grumes. Tandis que SmartWood signale dans son rapport d’inspection qu’après une vérification minutieuse elle s’était assurée que les procédures pour le traçage du bois étaient maintenant correctement appliquées, l’EKWGF affirme en revanche qu’on procède encore au mélange de bois d’origines diverses. Problèmes de la population : La compétition entre les exploitants forestiers et les planteurs pour le contrôle des terres boisées du Kalimantan s’est déroulée avec relativement peu d’égards pour les droits et les priorités des peuples indigènes, qui sont les propriétaires légaux de ces forêts. Or, l’entière concession SLJ II se trouve dans les territoires traditionnels des habitants autochtones de Bornéo, que l’on appelle généralement Dayak à l’heure actuelle. Ceux de la partie Sud de la concession, qui vivent maintenant près de Long Bagun, étaient appelés Long Glats, tandis que les peuples du Nord étaient les Kenyah et les Punan, qui ont habité dans les forêts des sources depuis les premiers registres historiques (1) mais qui, apparemment, se sont établis dans les cinq villages actuels, accessibles seulement après une semaine de voyage en canoë ou dans les avions des missionnaires, entre les années 1950 et 2002. Les Principes et Critères du FSC exigent que les opérations forestières soient légales, qu’elles reconnaissent et respectent les droits formels et coutumiers des peuples autochtones et qu’elles n’aient lieu qu’avec leur consentement libre et en connaissance de cause. En examinant de près le rapport d’inspection de la SLJ II fait par SmartWood, on voit que l’entreprise est encore très loin de remplir toutes ces conditions. Comme il arrive dans la plupart des opérations forestières en Indonésie, les frontières des « zones de forêt domaniale » où se trouve la concession SLJ II n’ont pas encore été analysées, définies et enregistrées officiellement. Ceci est important, car la démarcation des frontières est le principal moyen dont dispose le gouvernement pour contrôler que les concessions forestières proposées n’empiètent pas sur les terres communautaires. Dans le cas de la SLJ II, seule une partie minuscule de ses limites a été définie, de sorte que la concession est, en théorie, illégale. Pourtant, SmartWood a décidé que l’entreprise avait fait de son mieux pour convaincre le gouvernement de régulariser ces frontières et lui a accordé le certificat, sous la condition qu’elle continue de s’efforcer dans ce sens. De même, au lieu d’attendre que la SLJ II remplisse les autres exigences du FSC, les auditeurs ont décidé de certifier l’entreprise sous la condition qu’elle régularise ses arrangements avec les communautés dans un délai de six mois à deux ans. Cela implique d’établir des cartes des territoires communautaires, de convenir des zones sous contrôle communautaire, de négocier des accords sur l’emploi et sur les compensations dues pour l’utilisation des connaissances traditionnelles et de définir des méthodes pour la résolution des confits. L’ordre des choses semble avoir été tout à fait inversé. En effet, le certificat FSC a été décerné à Sumalindo pour ses opérations dans la SLJ II, non pas parce qu’elles respectent déjà les normes du FSC mais pour encourager l’entreprise à se mettre graduellement à la hauteur. La « certification progressive » semble avoir été introduite par la porte du fond. Certains diront que, dans les circonstances actuelles, cela n’est pas vraiment mauvais. En effet, la menace la plus forte qui pèse sur le « coeur de Bornéo » provient des plans pour remplacer les forêts par des plantations de palmier à huile ; comparées avec cela, les opérations forestières seraient un meilleur choix. Pourtant, n’aurait-il pas fallu que la décision de passer outre aux dispositions légales, par exemple, à celle qui concerne la régularisation des frontières, soit prise au niveau politique, au lieu d’être imposée par les certificateurs sur leur propre initiative ? D’ailleurs, comment les peuples autochtones peuvent-ils être en position de force pour négocier avec l’entreprise, si les auditeurs ont déjà montré qu’ils n’insisteraient pas sur la protection des droits communautaires au cas où cela risquerait de retarder la certification ? Il est regrettable que ces questions n’aient pas été débattues d’une manière franche avec la société civile, ou avec les membres du FSC et du LEI, avant la remise du certificat. Il est désormais presque inévitable que ce nouveau certificat devienne l’objet d’un long litige entre les diverses ONG, la société de certification et le FSC. Marcus Colchester, Forest Peoples Programme Pour plus d’information sur l’audit, voir : SmartWood, 5th January 2006, Forest Management Public Summary for PT Sumalindo Lestari Jaya II, http://www.rainforest-alliance.org/programs/forestry/smartwood/public-summary-reports.html#indonesia. (1) Carl Lumholtz, 1920, Through
Central Borneo: an account of two years’ travel in the land
of the head-hunters between the years 1913 and 1917. Oxford University
Press, Singapore. En Malaisie, les plans du gouvernement pour éradiquer la pauvreté et améliorer la situation des femmes n’ont pas tenu compte des travailleuses des plantations. Les progrès accomplis à ce jour vers l’émancipation des femmes ont été inégaux. Les travailleuses des plantations restent reléguées, car elles ne peuvent pas sortir de la situation de pauvreté où elles se trouvent. L’industrie des plantations est un facteur essentiel du développement du pays. La Malaisie est un leader mondial dans la production d’huile de palme et de caoutchouc naturel, et ces cultures sont donc des activités agricoles importantes. En plus des petits propriétaires (dont la subsistance dépend de ces matières premières), les entreprises de plantation emploient des travailleurs salariés. D’après les estimations, 1 268 500 personnes ont travaillé en 2005 dans l’agriculture et la pêche, ce chiffre incluant aussi les plantations et l’exploitation forestière. De grands secteurs de la population travaillant dans l’agriculture et les plantations sont pauvres. Ces dernières années, l’Association des consommateurs de Penang (ACP) a travaillé avec les travailleurs des plantations de palmier à huile et de caoutchouc de la péninsule, dans les domaines de la santé et de la sécurité dans le travail, de la lutte pour de meilleurs salaires, des besoins élémentaires comme le logement, la santé et l’assainissement, et de divers problèmes sociaux, tels que la violence domestique et l’abus d’alcool. À propos de la santé et de la sécurité du travail, la préoccupation principale est l’utilisation d’herbicides très dangereux, comme le paraquat, qui n’est interdit que depuis peu en Malaisie. À l’heure actuelle, presque la moitié de la main-d’oeuvre des plantations où l’on utilise des herbicides est constituée par des femmes, et la fumigation fait partie de leur travail. Les entreprises emploient des femmes pour cette tâche parce qu’elles sont nombreuses à ne pas trouver d’autre travail. D’autre part, elles sont considérées comme des travailleuses timides, dociles et obéissantes, qui ne contestent pas les ordres et sont faciles à manipuler. La plupart de ces femmes sont nées dans les plantations et elles y ont grandi, comme leurs parents et leurs grands-parents. Il s’agit d’un milieu peu favorable pour accéder à une bonne éducation ou pour acquérir les compétences exigées par des secteurs plus spécialisés de l’économie. Des études ont montré que les femmes des familles pauvres et rurales ont un faible niveau de scolarité ce qui, joint à la pauvreté dominante, met les femmes des plantations en une situation de forte vulnérabilité. Ainsi, le manque d’éducation et l’exclusion sociale diminuent les opportunités et limitent les possibilités de ces femmes d’accéder à des emplois dans les secteurs industriel et des services. D’autre part, comme la plupart des entreprises fournissent du logement à leurs travailleurs, les femmes ont une raison supplémentaire de continuer à vivre dans les plantations. En 2004, l’ACP a mené une étude sur onze plantations de palmier à huile dans les États du Nord du pays. L’étude s’est centrée sur les femmes chargées de la pulvérisation d’herbicides, leurs conditions de travail et les effets de cette activité sur leur santé. Le travail dans une plantation de palmier à huile est épuisant et dangereux. Les femmes doivent porter un bidon de 18 litres d’herbicide et faire de 14 à 16 tournées de pulvérisations par jour. Dans certaines plantations on utilise aussi des tracteurs ; les bidons d’herbicide sont fixés sur les deux côtés, deux femmes portent les pompes et pulvérisent l’herbicide à mesure que le tracteur se déplace. Dans les deux cas, elles sont entourées d’un fin brouillard d’herbicide. Les mesures de sécurité recommandées sont rarement appliquées. L’usage de masques, de gants et de bottes protectrices est peu pratique en raison de la chaleur et de l’humidité du climat tropical. L’ignorance généralisée des dangers que comportent l’inhalation et l’absorption d’herbicides à travers la peau est une des causes principales des cas d’empoisonnement chez ces femmes. La direction de la plantation décide des herbicides et pesticides à utiliser, ainsi que de la fréquence de leur application. La plupart des travailleuses interviewées ne savait même pas quels herbicides elles utilisaient, et d’autres ne les identifiaient que par la couleur ou l’odeur. Elles suivaient les indications des superviseurs au sujet des proportions et du mélange de ces produits. Elles ignoraient en général leur degré de toxicité et les dangers qu’elles couraient. Pour toute protection, elles ont des bottes de sécurité et, parfois, un mouchoir ou une serviette pour se couvrir la bouche et le nez. Elles se plaignent que la direction est peu disposée à remplacer l’équipement de protection personnelle et qu’elle leur exige de montrer le matériel abîmé. Même dans ce dernier cas, l’équipement n’est remplacé que périodiquement. La plupart des femmes doivent acheter leurs bottes de protection, car elles ne réussissent pas à les faire remplacer par leurs patrons. D’autres n’ont pas les moyens de se payer de nouvelles bottes. Les femmes travaillent six jours par semaine et sont payées au niveau des employés de maison. Pour gagner le salaire d’une semaine elles doivent souvent travailler de longues heures sous le soleil brûlant. La peur de perdre leur travail les pousse à supporter des situations désagréables, comme des commentaires injurieux ou des pressions excessives ; elles sont parfois victimes de harcèlement sexuel. Le salaire des travailleuses est de 15 à 18 MYR par jour (de 3,95 à 4,75 USD). Celles qui pulvérisent les herbicides gagnent de 350 à 450 MYR par mois (de 92 à 118 USD). Quelques entreprises leur payent 2 MYR supplémentaires (environ 0,50 USD) par jour, ce qui montre que leur tâche est bien plus dangereuse que les autres. Dans certaines plantations, leurs notes d’électricité et d’eau sont déduites de leur salaire. L’étude a conclu qu’il est fréquent que les femmes chargées de la fumigation ne soient pas en bonne santé. Elles ont des affections chroniques et aiguës qui découlent de leur travail. Si la plupart des plantations ont des installations médicales pour leurs travailleurs, elles sont souvent insuffisantes ou inefficaces. Lorsque les femmes ont des maladies graves que l’auxiliaire médical de la plantation ne peut pas traiter, elles doivent se rendre chez un médecin dans la ville la plus proche. La mauvaise santé ayant une incidence directe sur la productivité, beaucoup de maladies ne sont pas déclarées. Une autre révélation inquiétante est que les travailleuses embauchées sous contrat ne reçoivent pas d’équipement protecteur, travaillent dans des conditions encore plus mauvaises, doivent manipuler des herbicides plus puissants et nocifs, et n’ont pas de couverture médicale. Pourquoi ces femmes restent-elles dans les plantations, malgré la pauvreté et l’exposition aux poisons qu’elles subissent ? Dans les années 1980, beaucoup de plantations ont remplacé le caoutchouc par le palmier à huile, qui était plus rentable. Ainsi, les travailleuses des plantations, qui étaient spécialisées dans l’extraction de caoutchouc, ont perdu leur moyen de subsistance. Certaines d’entre elles avaient fait ce travail toute leur vie et se sont retrouvées au chômage. Pour ne pas être chassées des plantations, elles n’ont eu d’autre recours que d’accepter n’importe ce que la direction leur proposait. Elles ont donc accepté, en désespoir de cause, de se charger de la fumigation d’herbicides. À mesure que le prix de l’huile de palme augmentera dans les années à venir, on peut supposer que la production malaise augmentera elle aussi, car le palmier à huile est une des cultures principales du pays. Les femmes auront une participation accrue dans ce secteur. Elles auront de plus en plus de mal à échapper au cercle vicieux de la pauvreté, et leur santé n’en sera que plus affectée. Il est difficile de sortir de la pauvreté. L’éducation est un des moyens par lesquels les familles des plantations peuvent y échapper. Il est donc nécessaire d’adopter des politiques et de mettre en place des programmes destinés à pousser les enfants des travailleurs des plantations à poursuivre leurs études. Extrait de : “Plantation workers face poverty and poison”, Mageswari Sangaralingam, Consumers’ Association of Penang, http://www.socialwatch.org/en/informesNacionales/437.html.
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