Bulletin du WRM

 

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Numéro 65 - Décembre 2002


AMERIQUE du SUD

 

PARTAGEANT DES EXPÉRIENCES LOCALES

- Brésil: des entités et des représentants de la société civile se plaignent des activités de Plantar S.A. auprès du PCF

Le PCF (Prototype Carbon Fund) est le fonds de la Banque mondiale qui mobilise des ressources afin de promouvoir le marché de dioxyde de carbone, en fonction duquel les entreprises polluantes -situées majoritairement dans les pays du Nord- peuvent "négocier" des crédits-carbone avec les entrepreneurs forestiers qui théoriquement piègent du carbone -majoritairement situés dans les pays du Sud-. C'est au PCF que des représentants de dizaines d'entités civiles et religieuses et de mouvements civiques, ainsi que des députés, des élus municipaux et des citoyens des états brésiliens de Minas Gerais, Espirito Santo, Bahia et Rio de Janeiro adresseront une lettre, dans laquelle ils expriment leur inquiétude au sujet de l'expansion des monocultures d'eucalyptus à grande échelle qui sont à l'origine de nombreux impacts négatifs, sociaux, économiques, environnementaux et culturels. Ils y manifestent également leur perplexité et leur surprise que la société forestière Plantar S.A. ait présenté un projet au PCF.

Les entreprises du secteur forestier, comme Plantar S.A., se sont installées au cours des années 60 et 70, en pleine période de dictature militaire, et ont profité des exonérations fiscales avantageuses. Le développement de leurs activités a entraîné l'expulsion des indiens Tupinikim et Gurani de leurs terres, ainsi que celle des communautés noires traditionnelles et de milliers d'agriculteurs, augmentant ainsi le chômage et la désespérance de ces populations locales qui se sont retrouvées sans les terres, la biodiversité et l'eau qui leur permettaient de survivre.

Les entreprises qui plantent des eucalyptus à Minas Gerais affirment que leurs plantations d'arbres font diminuer la "pression" sur la végétation native -dans ce cas la "mata atlantica" (bois atlantique) et le "cerrado" (savane tropicale où la végétation herbacée coexiste avec plus de 420 espèces d'arbres épars et de buissons). Mais elles oublient de mentionner que les presque deux millions d'hectares de plantations réalisées à Minas Gerais ont été faites aux dépens de la plupart de la "mata atlantica" et du "cerrado" qui ont été brûlés dans ce but. Par ailleurs, dans la mesure où, selon la loi, les entreprises ne peuvent pas être propriétaires de la plupart de ces terres appartenant à l'Etat, elles ont eu recours à des méthodes frauduleuses et à des contrats de fermage pour occuper les milliers d'hectares de "cerrado" nécessaires aux plantations, expulsant ainsi de leurs terres les populations locales, empêchant l'usage collectif traditionnel que faisaient de ce type de végétation les communautés locales qui se sont ainsi retrouvées dépourvues de leur moyen de vie.

La société Plantar S.A. Reflorestamentos a été fondée en 1967 et développe trois activités principales:

- prestations de services forestiers aux grandes entreprises, principalement dans le secteur de la cellulose;
- sidérurgie (production de lingots de fonte);
- plantations d'eucalyptus sur des terres de leur propriété (280 000 hectares de plantations de monocultures d'eucalyptus -près de 10 millions de plantes de plus en plus clonées- destinées à la production de bois et de charbon de bois, ce dernier servant à subvenir aux besoins de l'activité sidérurgique, complétant ainsi le cycle.

La société dispose d'une certification du FSC (Forest Stewardship Council), accordée en 1998 par l'organisme de certification SCS qui comprend seulement 4,8% de ses terres, occupées par des plantations d'eucalyptus. La certification permet à Plantar S.A. de vendre les dénommés "crédits de carbone" même si ladite certification a été remise en cause en raison d'une série d'omissions graves (voir -en anglais- : http://www.wrm.org.uy/actors/FSC/index.html#stop ), la principale étant que les communautés locales n'ont pas été consultées; le label en question n'assure donc pas un "bon aménagement forestier".

La région de Curvelo, où la société Plantar envisage de développer son projet de "piégeage" de carbone, est une région de "cerrado" déjà touchée par des plantations d'eucalyptus qui ont asséché les sources des fleuves là où elles ont été plantées et dont les agrotoxiques employées pour leur aménagement ont contaminé la faune locale. Un autre conflit important causé par cette société est celui concernant la construction en l'an 2000 d'une nouvelle pépinière en raison de laquelle un chemin traditionnellement utilisé par de nombreux habitants de la région a été détourné de presque 5 km afin d'éviter les dommages que la "poussière" du chemin pourrait causer aux plantes d'eucalyptus de la pépinière. Ceci a nuit notamment aux étudiants et aux professeurs qui font encore ce trajet à pied, ainsi qu'à la communauté en général. Pour construire ce chemin, Plantar a même remblayé un terrain comprenant des provisions d'eau douce d'environ 400 m2. Par ailleurs, afin d'approvisionner la pépinière, elle a construit trois barrages sur la petite rivière Boa Morte, détournant ainsi l'eau consommée par la population des environs et nuisant à sa qualité. Les voisins se sont mobilisés en vue d'exiger de l'entreprise l'installation d'un système de décantation de l'eau provenant de la pépinière.

Les plaintes déposées concernent le traitement "spécial" reçu par la société de la part des autorités, dans la mesure où ses activités n'ont pas été objet d'une étude et d'un rapport d'impact environnemental, condition légale nécessaire à toute opération potentiellement capable de causer des impacts environnementaux.

Ont été dénoncées également les conditions de travail désastreuses au sein de l'entreprise en ce qui concerne la production de charbon végétal et la coupe d'eucalyptus -sous-traitance illégale, esclavage et travail infantile- qui ont été à l'origine d'un nombre tragique de travailleurs accidentés, souffrant de problèmes de santé, et même de décès. La société a fait l'objet d'un audit réalisé par la Répartition régionale du travail et a été citée à comparaître devant une commission parlementaire. Par ailleurs, l'occupation des zones de "cerrado" a aggravé la crise économique locale puisque l'économie reposait sur les produits de cette végétation native. Plusieurs usines de produits alimentaires situées à Curvelo ont fermé en raison du manque de matière première, ce qui a fait augmenter le chômage -déjà généralisé- au fur et à mesure que Plantar adoptait des stratégies afin de réduire les coûts et d'assurer la rentabilité de ses affaires.

Les plaintes ont été déposées à l'issue des témoignages faits par les communautés avoisinant les plantations de la société forestière Plantar S.A. et des entretiens avec le Ministère public fédéral du Travail, des employés et anciens employés de la société, des députés et des syndicalistes de la région.

Les signataires de la lettre se montrent intéressés par la promotion d'activités économiques respectueuses des intérêts des communautés et de la nature et s'opposent aux projets représentant le contraire, ce qui est le cas du projet de Plantar S.A. Ils exhortent les entreprises de chercher d'autres technologies non-polluantes, capables de créer des emplois dignes et de préserver et récupérer l'environnement, condition essentielle à la survie et donc à l'avenir des communautés locales.

Ils affirment, en dernière instance, que le projet Plantar ne peut pas être considéré comme un mécanisme de "développement propre" et invitent les investisseurs à ne pas placer de l'argent sur ce projet.

D'après: Lettre publique adressée au PCF, envoyée par FASE-ES, courrier électronique: fasees@terra.com.br ; "Relatório de Avaliaçao da V&m Florestal Ltda. e da Plantar S.A. Reflorestamentos ambas certificadas pelo FSC - Forest Stewardship Council", Novembre 2002, WRM/FOE, http://www.wrm.org.uy/actors/FSC/index.html#stop


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- Colombie: politique anti-syndicale constatée dans des plantations de palmier à huile

Plus nombreuses sont les plantations et plus nombreux sont les droits qui se perdent. En Colombie il y a environ 170 000 hectares de palmier à huile plantés. Le témoignage d'un délégué de l'organisation de travailleurs du secteur palmier, concernant entre autres les sociétés Oleaginosas Bucarelia et Oleaginosas Las Brisas, dénonce les mauvaises conditions de travail existantes dans les plantations de palmier à huile dans le département de Santander, en plus des pressions et des encouragements mis en place afin d'affaiblir les syndicats du secteur. Oleaginosas Bucarelia possède 4 700 hectares et Las Brisas 2 800, toutes situées à Port Wilches, dans le département de Santander.

D'après cet employé "La stratégie des entreprises afin d'affaiblir et d'éliminer les syndicats repose sur des plans de retraite volontaire qui bénéficient d'indemnisations supérieures à celles accordées par la loi. De nombreux camarades sont partis des entreprises, et donc de l'organisation syndicale, mais sont retournés travailler dans le secteur sous le régime et dans les conditions imposées par les entreprises à travers des coopératives. La politique des dirigeants d'entreprise est de réduire les droits conventionnels acquis au cours de 20 ou 30 ans de lutte. Certains dirigeants font des remarques au sujet du fait que les entreprises où les travailleurs sont organisés syndicalement sont moins compétitives et que ceux-ci sont moins enclins à accepter les conditions de travail imposées dans les entreprises en question, conditions qui nuisent à la santé et à la dignité des travailleurs.

Ce qu'ils cherchent, en définitive, c'est la disparition des organisations syndicales. Une autre politique encouragée par les entreprises est l'attribution de parcelles de palmier à huile aux paysans afin d'économiser les charges sociales. Les paysans sont obligés de vendre la matière première aux entreprises au prix fixé par celles-ci, ils gagnent moins et ne disposent d'aucune sécurité sociale."

En évitant l'organisation des travailleurs, les entreprises évitent également les revendications concernant les faibles salaires et les conditions de travail désastreuses, l'un des problèmes les plus graves auquel les employés doivent faire face. "Par exemple: plus la palmier est vieille, plus elle est grande, et donc les conditions de la cueillette des grappes ainsi que les conditions de coupe favorisent les accidents. Les employés travaillant pendant la moisson se plaignent d'avoir des douleurs aux cervicales et se retrouvent souvent blessés en raison des épines situées sur les feuilles. Par ailleurs, les plantations sont désinfectées par fumigation et les impacts causés par ces produits sur l'environnement sont méconnus, ainsi que les préjudices qu'ils pourraient causer du point de vue santé."

Tout ceci, et en particulier la politique des entreprises consistante à affaiblir les syndicats à travers l'augmentation du nombre de travailleurs employés par le truchement de coopératives et de sous-traitants individuels, a fait que SINTRAINAGRO, la plus grande organisation de travailleurs agricoles du pays, a proposé d'unifier les syndicats de ce secteur afin de maintenir les acquis sociaux obtenus à ce jour et de rechercher la syndicalisation des entreprises qui n'ont toujours pas de syndicat. Grâce à au fait que les travailleurs se sont organisés, chez Bucarelia et chez Las Brisas, des conventions collectives ont été signées et, suite à ces événements, les travailleurs de certaines coopératives sont en train d'exiger également de meilleures conditions de travail.

Il est à signaler que dans cet article, nous avons fait référence uniquement aux impacts sociaux causés par la culture de palmier à huile, mais il faudrait additionner également les impacts environnementaux graves causés par ce modèle de monoculture à grande échelle -notamment les impacts sur la biodiversité, les sols et l'eau-, qui se répètent dans toutes les régions et les pays où ces monocultures sont implantées

D'après: SIREL, Sindicatos, Nº 43, 25 novembre 2002, entretien avec Gerardo Iglesias, Rel-UITA, et à Hernán Correa, Secrétaire général de SINTRAINAGRO et Secrétaire des affaires agricoles de la CUT.


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- Guyana: Conservation International accusée de "grand manque de respect" envers les peuples indigènes

L'Association de peuples amérindiens (APA) a exprimé sa profonde préoccupation au sujet de la signature d'un Mémorandum d'entente dont l'objectif est d'établir une aire protégée dans la région sud du Guyana et a affirmé que ce mémorandum fait preuve d'un "grand manque de respect" envers les tribus locales.

La région sud du Guyana est considérée comme l'un des piliers du Système national d'aires protégées. Conservation International et le gouvernement du Guyana ont signé, le 23 novembre, un Mémorandum d'entente où ils accordent leur collaboration réciproque afin de déclarer la région sud du Guyana aire protégée. D'après les termes du Mémorandum d'entente, Conservation International doit fournir, entre autres, un million de dollars destinés à la création de mécanismes financiers capables de couvrir les coûts à long terme de l'aménagement des aires protégées du Guyana. L'institution versera un deuxième million de dollars si le gouvernement déclare la région sud du Guyana aire protégée avant le 30 juin 2003. Conservation International s'engage également, d'après le mémorandum, à chercher des financements auprès de donneurs privés, des gouvernements et des organismes internationaux, afin d'augmenter le capital des mécanismes financiers proposés.

D'après le communiqué de presse de l'APA, émis le 28 novembre (le document complet -en anglais- est disponible sur: http://www.wrm.org.uy/countries/Guyana/areas.html ), l'organisation est préoccupée par le fait que l'entente avec Conservation International a été signée avant même que le gouvernement ne finisse d'élaborer le brouillon des Réglementations des aires protégées et avant de compléter la révision de la Loi amérindienne. L'organisation accuse également Conservation International de ne pas avoir consulté les six communautés Wapishana de la région sud du Guyana, dont une partie des terres ancestrales seraient comprises par le territoire proposé en tant qu'aire protégée et dont le style de vie, de même que celui des Wai-Wai, serait modifié par ce changement. Les six communautés Wapishana se trouvent à Shea, Maruranawa, Awarenawa, Aishalton, Karuadanawa et Achiwib.

D'après le directeur régional de Conservation International -le général de division retraité Joe Singh-, il y a également des communautés Wai-Wai à Masakanari et à Erefoimo et, après les visites réalisées par des fonctionnaires de Conservation International et du gouvernement et suite aux rapports concernant les autres communautés rédigés par le professeur George Mentore -qui maîtrise la langue Wai-Wai-, les Touchaus auraient sollicité par écrit au gouvernement de démarrer le processus de création de l'aire protégée.

Dans sa réponse au communiqué de l'APA, M. Singh affirme que le Mémorandum d'entendement marque le début d'un processus au cours duquel toutes les parties intéressées au niveau national, régional et communautaire, seront consultées. D'après M. Singh, le fait de consulter les communautés Wapishana préalablement à la signature du Mémorandum d'entendement aurait été incohérent vis-à-vis de leur relation avec le gouvernement.

M. Singh assure que lors des consultations, les différentes opinions des groupes identifiés seront registrées, et que celles-ci seront présentées au gouvernement. Il a ajouté que le processus suivi serait similaire à celui qui est en cours actuellement dans le but d'établir une aire protégée dans la région des Montagnes Kanuku.

Le communiqué de l'APA affirme que, ayant pris connaissance des visites réalisées aux Wai-Wai ainsi que de la lettre adressée au gouvernement, les Touchaus de la région intérieure sud ont écrit à Conservation International afin d'exprimer leur préoccupation concernant le fait que le site proposé coïncide avec les terres ancestrales Wapishana et que Conservation International n'ait pas encore visité les communautés Wapishana.

L'APA qualifie les actions de Conservation International "d'irrespectueuses" envers les communautés Wapishana qui "devront ainsi cohabiter dans une aire protégée, longtemps après le départ des employés des organisations en question".

L'APA espère que la nouvelle Loi amérindienne aborde le problème des titres de propriété des terres ancestrales ainsi que d'autres questions en attente, mais s'inquiète du fait que, très probablement, les communautés ne disposeront d'aucune opportunité d'obtenir ces titres de propriété si le système d'aire protégé leur est prématurément imposé.

L'APA souligne que le Guyana a contracté des obligations internationales spécifiques concernant la reconnaissance et le respect des droits de propriété des peuples indigènes sur les terres qui leur ont appartenu traditionnellement ou qu'ils ont occupé ou utilisé d'une façon ou d'une autre. L'organisation exprime également qu'il s'avère difficile de comprendre pourquoi le Mémorandum d'entente fixe la date de déclaration des forêts du sud aire protégée, à juin 2003, lorsque d'aussi nombreuses questions sont encore en attente de résolution.

"Si les problèmes signalés ne sont pas abordés, non seulement les aires protégées et la conservation de la diversité biologique seront établies aux dépens des droits et des formes de vie des peuples originaires du Guyana mais, de plus, celles-ci ne seront pas durables" a rajouté l'organisation.

"Amerindian group slams memo on southern forest protected area. Conservation group says all stakeholders to be consulted", SN, le 4 décembre 2002. Article envoyé par Fergus MacKay, Forest Peoples Programme, courrier électronique: fergus@euronet.nl


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- Pérou: le gouvernement aborde le sujet complexe de la coupe illégale

Au ministère de l'Agriculture du Pérou, il a été affirmé récemment que la coupe illégale de bois, en particulier de l'acajou, pouvait être assimilée au narcotrafic ou à la contrebande, dans le sens où il s'agit d'un réseau organisé et puissant; celui-ci met en péril le processus d'aménagement des forêts démarré par le gouvernement.

D'après ce ministère, le problème est que la décision ferme de lutter contre la coupe illégale n'avait jamais été prise auparavant et que le contrôle du circuit de commercialisation avait été délaissé, celui-ci constituant ainsi le support financier de cette activité.

Afin d'aborder le sujet susvisé, le ministère a nommé une commission multisectorielle -présidée par le ministre- et chargée de concevoir et de mettre en application une stratégie capable de faire face à ce problème. La commission devra mettre en place également des stratégies permettant le retrait du matériel d'extraction forestière illégal des zones réservées, des concessions forestières et des territoires des communautés indigènes non contactées; elle devra proposer également des mesures de réforme légale destinées à sanctionner la coupe illégale et les actions nécessaires afin de combattre ceux qui commercialisent le bois en question.

Cependant, il est important de signaler que ce qui précède est clairement insuffisant pour faire face à un sujet aussi complexe que la coupe illégale, dont la solution exige l'élaboration d'une stratégie comprenant un large éventail de questions -qui vont bien au-delà des mesures simples de contrôle légal- parmi lesquelles nous souhaitons souligner les suivantes:

- la reconnaissance des droits territoriaux des peuples indigènes (contactés ou non, se trouvant sur des aires protégées ou non);

- la sécurité quant à la possession des terres (aussi bien dans les zones boisées que dans les zones non boisées);

- le contrôle de l'industrie du bois et, en particulier, des grandes entreprises du secteur, principales bénéficiaires et responsables du financement de la coupe illégale;

- la révision de la politique de délimitation des aires protégées qui devra être approuvée par les communautés qui y habitent préalablement informées (exception faite des communautés non contactées) et devra respecter leur droit à être les principaux bénéficiaires des ressources de la forêt;

- les politiques macroéconomiques et sectorielles (industrielles, énergétiques, du transport, etc.) qui encouragent l'extraction excessive (légale ou illégale) ou qui créent les conditions favorisant l'exploitation non durable;

- les politiques économiques et sociales qui sont à l'origine de la pauvreté et de la marginalisation qui font que de nombreuses personnes soient amenées à participer à des opérations de coupe illégale de bois.

L'énumération précédente n'épuise pas la diversité des sujets qui doivent être nécessairement pris en compte au moment d'aborder le problème. Le gouvernement a fait un premier pas dans la direction correcte en invitant les acteurs concernés par le problème: responsables de l'extraction, peuples indigènes, commerçants, organismes non gouvernementaux, ainsi que l'Etat, à faire partie de la commission multisectorielle récemment désignée. Dans les mois à venir, on pourra voir si cette commission est capable de faire face au problème, dans toute sa complexité, et d'apporter des solutions équitables aux habitants de la forêt qui dépendent de celle-ci, afin qu'ils puissent l'utiliser de façon à subvenir à leurs besoins de base ainsi qu'à assurer la conservation de la forêt dans son ensemble. Nous souhaitons que ce soit ainsi.

D'après: "Fuerte mafia maneja tala indiscriminada", extrait de El Comercio, http://www.elcomercioperu.com.pe/Noticias/Html/2002-11-05/Nacional4707.html , envoyé par WWF Pérou, courrier électronique: adriana@wwfperu.org.pe

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