Bulletin du WRM

 

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Numéro 69 - Avril 2003

AFRIQUE

PARTAGEANT DES EXPÉRIENCES LOCALES

- Afrique du Sud: les exploitants forestiers et non les cueilleurs de plantes médicinales sont responsables de la perte des forêts

Récemment, un article sur le plus grand "danger" couru par les forêts natives sud-africaines et dû à l'existence de cueilleurs illégaux de plantes médicinales a été abondamment diffusé. Michael Peter, Directeur de l'aménagement des forêts natives du Département des eaux et de l'aménagement forestier d'Afrique du Sud, a affirmé que: "Le commerce de plantes médicinales est la principale cause de la dégradation des forêts en Afrique du Sud."

L'opinion de Wally Menne, membre de l'ONG sud-africaine Timberwatch Coalition, est pourtant très différente à ce sujet. Pour lui, "il est temps d'ouvrir les yeux et de faire face au fait que l'exploitation forestière est le vrai coupable quand il s'agit d'endommager les forêts."

D'après les informations recueillies par Timberwatch, il est estimé que les forêts natives couvrent moins de 0,25% de la surface d'Afrique du Sud. Elles constituent donc le biome le plus petit du sous-continent. Ces forêts, qui ont tendance à être groupées en ceintures formées de grappes, comme dans le Drakensberg, ou en bandes contiguës comme on le voit au long de la côte sud de la région du Cap et dans les dunes côtières de Kwa Zulu/Natal, se sont sensiblement réduites en raison des activités humaines qui s'y sont développés, telles que l'agriculture et le pâturage. La pression a augmenté suite à l'expansion des plantations d'arbres et de cultures industrielles, dont la cane à sucre, dans des aires naturelles, qui ont entraîné l'expulsion des habitants locaux. C'est ainsi que le processus a des impacts indirects sur les forêts, au-delà de la zone strictement concernée par les activités en question, puisque les habitants déplacés ont tendance à s'enfoncer dans la forêt pour subvenir à leurs besoins.

D'après Wally Menne: "Responsabiliser les "cueilleurs commerciaux" anonymes nous paraît une réponse assez pauvre si l'on considère que les routes d'accès aux plantations ont été à l'origine de l'accès aux forêts des travailleurs temporaires et mal rémunérés, qui difficilement laisseront passer l'opportunité de se faire d'un peu d'argent en cueillant des plantes médicinales. En général, ils n'appartiennent pas à la zone touchée (ils viennent souvent d'autres pays) et sont trop pauvres pour se préoccuper des conséquences de leurs actions. Les "cueilleurs commerciaux" à temps complet, qui eux ne font que transporter le matériel végétal, emploient souvent ce genre de travailleurs pour leur faire faire le sale boulot. Il faudrait juger le système de travail sous contrat employé par des sociétés telles que Mondi et SAPPI (les deux sociétés de plantations d'arbres les plus importantes du pays) pour voir quel est le vrai problème."

D'après: "Illegal gatherers threatening SA forests", 26 mars 2003, Richard Davies, http://www.iol.co.za; "Forests in South Africa under Threat", Timberwatch Coalition,
http://www.timberwatch.org.za/forests_in_south_africa_under_threat.htm; communication personnelle de Wally Menne, Timberwatch, courrier électronique: plantnet@iafrica.com


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- Kenya: projet minier canadien de titane remis en question par le gouvernement

Tiomin Kenya Limited, une subsidiaire de la société canadienne Tiomin Resources Inc., a commencé à prospecter les sables minéraux de la côte du Kenya à la recherche de titane (voir Bulletin du WRM Nº 38). Cette zone, qui s'étend sur 402 kilomètres, est une culture tropicale unique, riche d'ancienne architecture arabe, de récifs de corail et d'écosystèmes fragiles.

Des recherches postérieures ont signalé l'existence de cinq sites riches en titane: 650 millions de tonnes à Mambrui et 1200 millions de tonnes à Sokoke, et des quantités inconnues à Sabaki, Mombasa et Kwale. Il s'agit de dépôts d'une telle taille que l'on pourrait extraire du titane pendant 20 ans à un rythme de 480 000 tonnes métriques par an. Ils contiennent du rutile, de l'ilménite et du zircon, les deux premiers étant des sources de bioxyde de titane (employé principalement dans la production de pigments pour peintures, plastique et papier), et le troisième est employé dans la fabrication de produits céramiques, en émail, matériel réfractaire et équipements électroniques.

En 2002, le gouvernement précédent de la KANU (Union nationale africaine du Kenya) a délivré une autorisation environnementale à Tiomin afin d'entamer les négociations concernant un monumental bail minier pour l'exploitation des mines de titane à ciel ouvert dans le district de Kwale, près de la côte sud-est du pays. Cette décision a contribué à la promotion du projet proposé, d'un montant de 120 millions de dollars, qui serait à l'origine de l'expulsion de près de 5000 personnes de leurs foyers et de leurs champs, sur une aire de 2400 hectares environ.

La population locale, préoccupée par la profanation des tombes ancestrales et par le destin de leurs forêts sacrées, ainsi que par la perte de leurs foyers, de leurs moyens de vie et de leur bien-être physique, s'est opposée fermement au projet minier. Par ailleurs, les scientifiques du Kenya ont communiqué leur inquiétude au sujet des émissions de dioxyde de soufre, des risques pour la santé associés à la libération d'uranium et de thorium radioactifs des sables riches en titane de Kwale (actuellement dans un état thermodynamique stable), et du danger que représente l'exploitation minière pour la vie sous-marine et les récifs de corail.

Le projet est actuellement remis en question par le nouveau gouvernement de la National Rainbow Coalition qui a annoncé la réalisation d'un forum public pour y débattre le bien-fondé d'autoriser ou non Tiomin Resources Inc. à démarrer l'extraction du minéral au Kenya. Le professeur Wangari Maathai, Vice-ministre de l'environnement et environnementaliste reconnue, a affirmé que "le gouvernement a encore des doutes" au sujet de l'autorisation en question "car il y a des problèmes environnementaux qui n'ont pas encore été réglés". Les autorités de ce ministère ont annoncé qu'une équipe indépendante réalisera une deuxième étude d'impact environnemental "afin d'évaluer les dangers que peut représenter l'opération minière pour l'écosystème" étant donné que le premier rapport d'évaluation environnementale présenté par la société minière au précédent gouvernement a été très critiqué, et même qualifié de désastreux par certaines personnes concernées.

Une deuxième étude dirigée par le Dr. Wamicha, de l'Université du Kenya, et qui signale le niveau de radioactivité et la présence de soufre pendant l'extraction, a été négligée par Tiomin. Le Vice-président de la compagnie, Mathew Edler, a affirmé à ce sujet que "le Kenya ne possède pas de consultants environnementaux ayant l'expérience nécessaire pour effectuer une étude d'impact du projet Kwale. Le seul fait de l'intituler Etude d'impact environnemental ne le rend pas crédible", ce qui a suscité la colère des personnes qui font aujourd'hui partie du gouvernement.

Sans aucun doute, ce genre de compagnies savent effectivement réaliser toutes les études d'impact nécessaires. Elles peuvent engager facilement tous les consultants nécessaires pour apposer un cachet d'approbation sur n'importe quel de leurs projets. Elles disposent de l'argent nécessaire pour le faire. Mais quelque chose beaucoup plus importante leur fait défaut: la crédibilité sociale et environnementale que possèdent aujourd'hui certains fonctionnaires du gouvernement du Kenya. Tout paraît indiquer que les choses ont changé et que le projet minier en question est aujourd'hui plus éloigné que hier.

D'après: "Titanium mine threatens communities in Kenya", Volume 4, N° 19, 23 novembre 1999, http://www.moles.org/ProjectUnderground/drillbits/4_19/4.html ; Hotspots, Volume 7, Nº 6, 31 juillet 2002, Drillbits & Tailings, http://www.moles.org/ProjectUnderground/drillbits/7_06/hotspots.html ; "Titanium Mine License Eludes Canadian Firm in Kenya", Jennifer Wanjiru, Environment News Service (ENS), "Cancel Titanium Project, Kibaki Gov't Urged", The East African Standard (Nairobi), 2 janvier 2003, http://allafrica.com/stories/200301020625.html


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- Liberia: le "bois de la guerre" débarque en Italie

Le 31 mars, dans le port italien de Ravenna, les militants de Greenpeace ont dénoncé un chargement de "bois conflictuel" provenant de forêts tropicales. Le terme a été défini par l'ONG Global Witness basée en Grande Bretagne, en tant que "bois commercialisé à un moment ou autre de la chaîne de surveillance par des groupes armés, qu'ils soient des factions rebelles ou des soldats de l'armée régulière ou de l'administration civile, ou bien pour prolonger le conflit, ou bien pour profiter des situations conflictuelles dans le but de faire des profits personnels."

Les militants ont inscrit sur les troncs la consigne "Logs of War" (bois de guerre) car ils proviennent de la société libérienne Maryland Wood Processing Industries (MWPI), dont le président a été associé au commerce illégal d'armes, d'après un rapport d'experts du Conseil de sécurité de l'ONU. Le rapport a mis en évidence le rôle joué par l'industrie forestière libérienne dans le trafic illégal d'armes, qui subventionne à son tour le conflit régional en Afrique occidentale.

Par ailleurs, un rapport diffusé par Global Witness a mis en évidence une nouvelle fois les liens permanents existant entre l'industrie forestière et le commerce illégal d'armes vers le Liberia. Le rapport révèle que le président et principal actionnaire de la MWPI, Abbas Fawaz, a participé à la supervision de l'importation d'armes vers le Liberia via le port de Harper, administré par la MWPI. En 2002, Fawas a introduit des armes à être utilisées par les rebelles de Côte d'Ivoire soutenus par le Liberia. C'est un proche collaborateur du président libérien Charles Taylor.

En avril 2002, Greenpeace avait été confrontée à la Fédération des importateurs italiens de bois, au sujet de la présence de bois conflictuel dans le marché italien. Après plusieurs réunions, les membres de la Fédération ont accordé d'interrompre l'importation de bois provenant de sociétés associées au commerce illégal d'armes et à des opérations de coupe illégale. Mais les importations de bois du Libéria ont continué, comme le prouve l'existence de ce chargement.

Non seulement l'industrie italienne du bois n'a pas pris en compte l'évidence du Conseil de sécurité de l'ONU mais, de plus, le Conseil de sécurité lui-même n'a imposé aucune sanction à l'industrie italienne du bois. Un nouveau débat sur l'imposition de sanctions de l'ONU au Liberia est prévu le 7 mai à New York.

"Le gouvernement italien a dit qu'il occuperait la première place dans la lutte contre le terrorisme et l'insécurité internationale, mais, simultanément, l'Italie est en train d'importer du bois qui subventionne la guerre civile en Afrique occidentale et le commerce illégal d'armes" a affirmé Sergio Baffoni, militant de Greenpeace en faveur des forêts.

Ceci montre que le commerce international de bois est basé sur la demande massive de bois tropical bon marché et abondant, des marchés consommateurs du Nord, principalement des Etats-Unis, l'Union européenne et le Japon. L'Italie sera prochainement à la tête du processus politique européen pour le contrôle de la coupe et du commerce illégal de bois, suite à l'accord du FLEGT (mise en œuvre de la législation forestière, de la gouvernance et du commerce). Greenpeace priera tous les gouvernements européens de cesser de participer au commerce illégal de bois provenant de la destruction de forêts primaires ou associé à des conflits armés.

Mais un point important reste à analyser: existe-t-il vraiment une coupe légale? (voir Bulletin du WRM Nº 53). Du point de vue des gouvernements, la réponse est oui, mais du point de vue des propriétaires traditionnels des forêts, toute forme de coupe est illégale, dans la mesure où elle ne reconnaît pas leur qualité de propriétaires et de gardiens des forêts.

D'après: "Italy: Greenpeace Exposes Conflict Timber Cargo Linked to Illicit Arms trade in Liberia", Greenpeace, courrier électronique: pcuonzo@ams.greenpeace.org or jwilliams@ams.greenpeace.org; http://www.greenpeace.org; "Controlling Imports of Illegal Timber: Options for Europe", FERN, courrier électronique: info@fern.org; http://www.fern.org


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- République Démocratique du Congo: les téléphones portables, la destruction des forêts… et la mort

Pourrait-on imaginer que les téléphones portables sont tachés de sang, de celui de 3,5 millions de morts depuis 1998? Et qu'il en arrive de même avec certain jeux vidéo pour enfants? Et que les mégatechnologies contribuent à la déprédation des forêts et à la spoliation des riches ressources naturelles des peuples paradoxalement appauvris?

Dans le cas de ces nouvelles technologies, ce qui est en jeu est le coltan. Il s'agit de deux minerais, le columbium et le tantale (de là le nom coltan), qui se trouvent associés dans la nature. Le tantale est un métal rare, dur et dense, très résistant à la corrosion et aux températures élevées, et excellent conducteur de l'électricité et de la chaleur. Utilisé dans les microchips (puces électroniques) des batteries des téléphones portables pour rallonger leur durée de fonctionnement, il a boosté les ventes de ces appareils et il est prévu qu'en 2004 elles atteignent le million d'unités. A ceci s'ajoute le fait que son extraction n'exige pas de gros investissements -on l'obtient en creusant la glaise- et qu'il est facile à vendre, ce qui fait que les entreprises concernées réalisent de gros bénéfices.

Même s'il est extrait au Brésil, en Thaïlande et principalement en Australie -premier producteur mondial de coltan-, 80% des réserves mondiales se trouvent en Afrique. Et dans ce continent-là, la République Démocratique du Congo concentre plus de 80% des gisements où dix mille mineurs travaillent dur, dans la province de Kivu (à l'est du Congo), un territoire occupé depuis 1998 par les armées du Rwanda et de l'Ouganda. Tout une série d'entreprises se sont créées dans cette zone, en association avec les grands capitaux transnationaux, les gouvernements locaux et les forces militaires (de l'Etat ou de la guérilla) qui se disputent le contrôle de la région concernant l'extraction du coltan et d'autres minerais. L'ONU n'hésite pas à affirmer que ce minerai stratégique finance une guerre que l'ancienne Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Madeleine Albright, a dénommée "la première guerre mondiale africaine" (guerres mondiales étant celles où les grandes puissances se répartissent le monde) et il en est une de ses causes.

En août 1998, le Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD) a lancé une rébellion dans la ville de Goma, soutenue par l'Armée patriotique du Rwanda. A partir de ce moment-là, deux factions pas très précisément définies sont entrées en guerre et entretiennent depuis un conflit derrière lequel, au-delà du mythe des rivalités ethniques, se trouvent les anciennes puissances coloniales qui continuent de saccager les richesses de l'Afrique post-coloniale. D'un côté, se trouvent le RCD et les gouvernements du Rwanda et de l'Ouganda, soutenues par les Etats-Unis, qui disposent de bases militaires telle que celle construite au Rwanda par la société nord-américaine Brown&Root, sous-division de Halliburton, où des forces rwandaises s'entraînent et qui fournit le soutien logistique aux troupes de la RDC ainsi que des hélicoptères de combat de l'armée des Etats-Unis et des satellites d'espionnage. De l'autre, la République démocratique du Congo (dirigée par un des fils de Kabila, suite à son assassinat aux mains de rwandais), l'Angola, la Namibie et le Zimbabwe.

Mais derrière les Etats, ce sont des entreprises celles qui se répartissent la zone. Des sociétés mixtes ont été créées dans ce but, la plus importante desquelles est la SOMIGL (Société minière des Grands Lacs), une entreprise mixte créée en novembre 2000 et formée de Africom, Premeco, Cogecom et Cogear, les deux dernières étant belges (ce n'est pas pour rien que la RDC, ancien Congo belge, a été une colonie de la Belgique). Les restantes sont: l'entreprise fantôme Cogear (qui dispose d'une adresse factice en Belgique), Masingiro GmbH (allemande) et plusieurs autres qui ont cessé leurs activités en janvier 2002 sous différentes raisons (chute du prix du coltan, conditions de travail difficiles, suspension des importations de coltan provenant de la RDC) et qui sont en attente d'une amélioration de la situation: Sogem (Belgique), Cabot et Kemet (Etats-Unis), et l'entreprise mixte (Etats-Unis-Allemagne) Eagles Wings Ressources (dont le siège est maintenant au Rwanda), entre autres.

Les compagnies de transport appartiennent à des parents proches des présidents du Rwanda et de l'Ouganda. Dans ces véritables zones militaires, les compagnies aériennes privées rentrent des armes et repartent avec des minéraux. La plupart du coltan extrait est postérieurement raffiné par un nombre réduit de sociétés d'Allemagne, des Etats-Unis, du Kazakhstan et de l'Extrême Orient. La filiale de Bayer, Starck, produit 50% du tantale en poudre au niveau mondial. Des dizaines d'entreprises sont concernées par le trafic et l'élaboration de ce minerai, avec la participation de grandes entreprises monopoles de Belgique, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Suisse, des Etats-Unis. Et pour couronner le tout, la Banque de Commerce, du Développement et de l'Industrie, créée en 1996 et dont le siège se trouve dans la capitale du Rwanda -Kigali-, est le correspondant du CITIBANK dans la zone concernée et mobilise de grosses sommes d'argent provenant des opérations associées au coltan, à l'or et aux diamants. Trente-quatre entreprises importent du coltan du Congo; parmi celles-ci, 27 sont occidentales, la plupart d'entre-elles étant belges, hollandaises et allemandes.

La compagnie aérienne belge Sabena, une des responsables du transport du minerai depuis Kigali (capitale du Rwanda) jusqu'à Bruxelles, et associée à American Airlines, a annoncé le 15 juin la suspension du service, suite à la pression de la campagne mondiale "Pas de sang sur mon portable!" qui appelle à ne pas acheter des téléphones portables contenant du coltan en raison de sa répercussion en ce qui concerne la prolongation de la guerre civile au sein de la RDC. Suite à cette campagne, l'Institut de recherche belge International Peace Information Service (IPIS) a élaboré, en javier 2002, le document "Supporting the War Economy in the DRC. European Companies and the Coltan Trade" (Le soutien à l'économie de guerre de la RDC. Les entreprises européennes et le commerce du coltan), qui présente des preuves écrites du rôle des entreprises en tant que protagonistes de la guerre par leur coopération avec les militaires et qui appelle à prioriser la considération internationale du commerce de coltan par-dessus l'aspect local.

Les principales zones d'extraction de coltan s'enfoncent dans des forêts, comme celle de Ituri (voir Bulletin du WRM Nº 67). L'irruption des commandos militaires et de travailleurs (beaucoup d'entre eux dépossédés de leurs terres et de leurs ressources, à la recherche de meilleurs revenus), l'installation des campements miniers, la construction de chemins par où arriver et sortir le précieux minéral, tout conspire contre la forêt dans son ensemble. Les forêts, celles qui remplissent de nombreuses fonctions au bénéfice de la région et des populations environnantes, celles qui, par ailleurs, constituaient autrefois les terres traditionnelles des peuples indigènes de chasseurs-cueilleurs tels que les Mbuti, des réserves de gorilles et d'okapis -de la même famille que la girafe- et l'habitat d'éléphants et de singes, sont devenues un environnement de guerre et de déprédation.

Le journaliste africain Kofi Akosah-Sarpong a même exprimé que: "Le coltan, généralement parlant, n'est pas en train d'aider les habitants locaux. En réalité, il est la malédiction du Congo". Il a également révélé que des évidences de contamination par ce minéral existent et que celles-ci signalent le rapprochement entre le coltan et les déformations congénitales des bébés de la zone minière qui naissent avec les jambes de travers.

Loin d'être propres et innocentes, ces technologies, sur lesquelles est édifiée la "globalisation" et sa concentration de capitaux, polluent et interrompent la floraison de la vie et ses manifestations multiples et riches. Entre-temps, sur la tombe des 2000 enfants et paysans africains qui meurent quotidiennement au Congo, pouvons-nous, distraitement, continuer à utiliser nos portables?

D'après: "Supporting de War Economy in the DRC: European Companies and the Coltan Trade" et "European companies and the Coltan Trade: an Update", International Peace Information Service, http://users.skynet.be/ipis/tnewpubsnl.htm; "Basta de matanzas y saqueo en el Congo", Solidarité Europe-Afrique, Belgique, http://www2.minorisa.es/inshuti/extracto.htm; "La fiebre del coltan: el imperialismo continúa", Ramiro de Altube, Observatorio de Conflictos, courrier électronique: obserflictos@yahoo.com.ar, http://www.nodo50.org/observatorio/coltan.htm; "La fiebre del coltan", Ramón Lobo, El País España, 2/09/2001, http://www.elpais.es/suplementos/domingo/20010902/lfiebre.html; "UN report accuses Western companies of looting Congo", Chris Talbot, 26/10/2002, http://www.wsws.org/articles/2002/oct2002/cong-o26.shtml; "The Trouble With Coltan", Kofi Akosah-Sarpong, http://www.expotimes.net/issue020116/AAbusiness2.htm


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