Bulletin du WRM

 

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Numéro 77 - Decembre 2003


AMERIQUE du SUD

 

LUTTES LOCALES ET NOUVELLES

– Argentine : naissance d’un réseau national contre l’industrie minière, un an après le NON d’Esquel

Le 4 décembre, des milliers de personnes venues des villes et localités des provinces de Chubut et Río Negro ont à nouveau rejoint les résidents d’Esquel pour dire NON à la mine. Cette réaffirmation populaire a eu lieu au moment d’une nouvelle avancée minière, puisque des personnels de ces entreprises parcourent en ce moment les environs de Cholila (Chubut, à quelques kilomètres du parc national Los Alerces). Si les activités minières se poursuivent, plusieurs bassins lacustres et la forêt andine patagonienne seront en danger. Les craintes des résidents ne portent plus seulement sur le début de l’exploitation, mais sur l’étape d’exploration elle-même. En effet, c’est au cours de cette phase que l’entreprise minière Meridian Gold a pollué les ruisseaux d’Esquel (Huemules et Willa) et que Barrick Gold a déversé des hydrocarbures dans les eaux souterraines de la province de San Juan (Valle del Cura - Projet Pascua Lama).

La fermeté contagieuse des habitants d’Esquel, qui n’ont pas plié sous les menaces ni devant les attaques contre le local des « Voisins auto-convoqués pour le NON », et la gravité du danger que représentent les mines, ont eu pour résultat la réunion à Buenos Aires de délégations de Catamarca, San Juan, Chubut, Tucumán, Córdoba et Río Negro, et la naissance du Réseau national de communautés affectées par l’industrie minière.

La rencontre a permis de faire connaître les problèmes que subissent le centre, l’ouest et le nord-est de l’Argentine. Les témoignages des délégations de Catamarca et Tucumán, atteintes par l’exploitation du gisement d’or Bajo La Alumbrera, ont été concluants. L’activité en question compromet le bassin Salí-Dulce, et la contamination n’atteint pas seulement ces provinces mais également Santiago del Estero, Córdoba et Santa Fe. De son côté, le représentant de Tucumán a lui prévenu que la forêt de Yungas est menacée par la mise en oeuvre de 37 projets miniers.

La délégation de San Juan a elle aussi donné l’alerte et averti que la mise en exploitation prochaine de la mine d’or Veladero va compromettre le bassin du fleuve Jáchal et affecter la Réserve de biosphère de San Guillermo (classée Site du patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 1984).

Le panorama est sombre, mais l’attitude ferme des habitants d’Esquel et des autres localités permet d’espérer qu’un nombre croissant de personnes en Argentine prendront conscience du danger et l’affronteront avec courage.

Hernán Scandizzo, adresse électronique : herscan@data54.com


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– Brésil : Plantar contre-attaque après avoir reçu le prix du pire projet de puits de carbone

L’entreprise forestière Plantar, basée à l’État de Minas Gerais, possède de grandes plantations d’eucalyptus dans la zone, établies au prix de l’expulsion des populations locales, et aux dépens de la forêt typique de la région, le ‘cerrado’, dont les arbres ont été transformés en charbon pour alimenter l’industrie sidérurgique, puis remplacés par des eucalyptus plantés dans le même but. Les impacts négatifs de cette entreprise sur l’environnement, la société, l’économie et la culture de la région ont été amplement documentés dans une étude récemment publiée par le WRM (« Certifying the uncertifiable : FSC certification of tree plantations in Thailand and Brazil »), où il est fait état de l’appropriation de terres, l’expulsion de leurs habitants, la pollution et l’épuisement de l’eau et des sols, la déforestation, la destruction de la biodiversité, la suppression d’emplois, les mauvaises conditions de travail, la perte de moyens de subsistance et les risques pour la santé, entre autres.

En dépit de tout cela, la Banque mondiale avait décidé d’approuver les plantations de Plantar comme puits de carbone. C’était là le premier projet de ce genre dans le portefeuille du Fonds prototype pour le carbone (FPC), et il a été par la suite validé par la société-conseil SCS, censément sur la base des normes du FSC (Forest Stewardship Council).

Tout allait bien pour l’entreprise et la Banque mondiale, jusqu’au moment où la Coalition mondiale pour les forêts a décerné à Plantar le prix TREEtanic 2003, le 9 décembre dernier à Milan, dans le cadre de la 9e Conférence des Parties de la Convention sur le changement climatique. Ce prix est attribué chaque année au projet de puits de carbone le plus mauvais de tous. Une telle décision a été justifiée en disant que « malgré les mérites respectifs de la Banque mondiale, du Fonds prototype pour le carbone et du gouvernement de l’État de Minas Gerais, la Coalition mondiale pour les forêts est persuadée que les antécédents passés et actuels de Plantar en matière de destruction sociale et environnementale sont suffisamment importants pour que cette entreprise soit déclarée lauréate incontestée du prix Treetanic 2003 ».

Mais la compagnie n’en a pas été flattée. Bien au contraire. Le lendemain, ses directeurs Marcos de Deus et Marcos Vinicius ont convoqué à une réunion les leaders du Syndicat des travailleurs ruraux (STR) de la municipalité de Curvelo à Minas Gerais. Là, la compagnie a exercé un maximum de pression pour les pousser à signer une lettre adressée à la Banque mondiale, dont le texte avait été préalablement rédigé. Les bureaucrates de Plantar ont menacé les dirigeants du STR de procéder à de nouveaux licenciements à Curvelo, au cas où les crédits carbone ne seraient pas obtenus. C’était là une preuve inéquivoque que, sans les stimulations de l’État, les labels verts et les crédits carbone, la compagnie ne serait pas économiquement viable. Comme dans une scène de roulette russe, les dirigeants présents ont été poussés, un par un, à signer la lettre en question. A côté de sa signature, Gracie dos Reis a noté « sous pression », et le directeur Marcos de Deus l’a menacée de poursuites judiciaires.

Dans la lettre à la Banque mondiale, le STR de Curvelo reconnaît (sous pression) que Geraldo Martins, avocat du syndicat, était présent à la COP-9 de Milan en représentation des organisations Rede Alerta contra o Deserto Verde, FASE et autres, mais non du STR local. De cette manière, on essaie de créer au niveau local un climat d’opposition contre Geraldo Martins, qui est dépeint comme opposé à la création d’emplois à Curvelo. On cherche également à semer la discorde entre les municipalités de Montes Claros et Curvelo, en déclarant que Geraldo Martins a critiqué à Milan les monocultures, tandis qu’Eliseu Oliveira, de Montes Claros, les a défendues. Tous les deux ont démenti cette déclaration dans un message qui dit :

« Nous étions officiellement accrédités comme délégués à la conférence, et nous nous sommes réunis hier avec des investisseurs du FPC [Fonds prototype du carbone de la Banque mondiale]. Nous avons parlé avec eux à propos des impacts sur l’environnement des plantations d’eucalyptus dans nos régions, du tarissement des sources et des fleuves, et de l’expulsion des communautés locales. Nous leur avons montré le nombre d’emplois créés par les plantations d’eucalyptus, que nous avons comparés au nombre d’emplois créés par d’autres cultures telles que la goyave, le café ou le maïs, ou par l’élevage et par la laiterie, en particulier dans les États d’Espirito Santo et Minas Gerais, et plus précisément dans les zones de Plantar et Aracruz.

Nous leur avons parlé de l’insécurité du travail et de la santé des travailleurs, et nous avons cité en exemple un accident récemment survenu à Curvelo, où 11 travailleurs sont morts et deux autres ont été mutilés. A cela s’ajoute le fait que les entreprises appliquent un système de rotation des travailleurs pour les empêcher d’accéder aux droits du travail, et qu’elles ont même licencié des travailleurs atteints de troubles de santé liés au travail. Nous leur avons demandé de ne pas inclure les plantations d’eucalyptus dans le Mécanisme de développement propre en tant que puits de carbone, car les plantations ne visent que la production de charbon de bois pour la sidérurgie et les usines de pâte, sans respecter la végétation indigène.

Pour planter des eucalyptus on arrache les arbres indigènes, et c’est comme si on déracinait notre culture, nos coutumes et nos coeurs. Nous avons présenté des projets alternatifs pour une véritable réforme agraire, qui crée davantage d’emplois, combatte la faim et la misère et consolide le Programme zéro faim, tout en respectant les arbres, les animaux, l’eau et la vie. Le réchauffement mondial a été provoqué par les pays industrialisés, et les pays du tiers monde ne doivent pas se voir obligés de nettoyer la contamination en plantant des arbres à tort et à travers. Nous avons terminé en disant que nous parlions de l’angoisse d’un peuple, et ils ont dit que c’était là le début d’un dialogue. »

Sommes-nous retournés à l’époque des dictatures militaires ? Plantar a-t-elle le droit de réprimer l’opinion des personnes qui ne sont pas d’accord avec le processus honteux de dégradation environnementale provoqué par les monocultures d’eucalyptus ? Tout ce qui précède ne fait que confirmer que Plantar a bien mérité le prix reçu. Et si elle continue sur la même voie, elle va sûrement en recevoir beaucoup d’autres.

Sources : vu la situation actuelle provoquée par l’entreprise, le WRM a décidé d’omettre les sources des informations utilisées pour la rédaction du présent article, estimant que leur divulgation pourrait représenter un danger pour ceux qui nous les ont adressées.


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– Chili : les Mapuche contestent un accord entre les entreprises forestières et les ONG environnementalistes

Le 12 novembre dernier, les groupes forestiers Matte (CMPC) et Angelini (Arauco) et un ensemble d’organisations environnementalistes chiliennes et nord-américaines ont passé un accord ( voir http://www.wrm.org.uy/countries/Chile/article2.html ) aux termes duquel les entreprises s’engagent à conserver les aires de forêt indigène dans leurs propriétés – qui représentent 2,8% de la superficie totale de forêts indigènes du pays – et à ne pas les remplacer par des plantations.

Le groupe Coordination d’organisations et identités territoriales mapuche a mis cet accord en cause (voir http://.www.wrm.org.uy/countries/Chile/article3.html ). Dans une déclaration adressée surtout à American Lands Alliance, mais aussi aux autres signataires de l’accord, la Coordination Mapuche reconnaît l’importance de la campagne menée par ces organisations aux États-Unis pour la protection de la forêt indigène, qui dénonce également la situation dans laquelle se retrouvent les communautés mapuche à cause de l’expansion de l’exploitation forestière. La Coordination estime pourtant que les conditions ne sont pas appropriées pour négocier avec les compagnies forestières en question.

D’autre part, les organisations mapuche mettent aussi en question l’appel à la certification du FSC (Forest Stewardship Council) ou d’autres instances semblables, car cela impliquerait d’avaliser l’invasion de l’industrie forestière et les graves conflits auxquels sont confrontées les communautés mapuche, tels que les conflits territoriaux, la diminution et la perte des ressources hydriques, la pauvreté, l’émigration, le chômage et les coupes claires dans un pays surtout montagneux, la pression sur les communautés et leur enclavement, qui portent des atteintes irréparables à leur vie sociale, spirituelle et culturelle.

CMPC et Arauco font partie des sociétés qui contrôlent le marché du bois et qui ont bénéficié de la protection de l’État chilien. Elles ont déclenché des conflits qui se sont soldés par la militarisation des réserves mapuche, par l’application de lois héritées du régime dictatorial de Pinochet telles que la Loi de la sécurité intérieure de l’État et la Loi antiterrorisme. Les Mapuche ont subi de nombreuses arrestations, poursuites, répressions policières et même l’assassinat d’Alex Lemún, de 17 ans, par la police chilienne dans les installations de l’entreprise Forestal Mininco (qui fait partie du groupe CMPC), le 7 novembre 2002 (voir bulletin nº 64 du WRM).

En outre, le projet de loi sur la forêt indigène, actuellement à l’étude, prévoit un subside de 5 Unités tributaires mensuelles (UTM) par hectare pour ceux qui garderont leurs propriétés clôturées pour permettre la régénération naturelle et la récupération des forêts dégradées. Il inclut en outre un bonus de jusqu’à 5 UTM par hectare pour la préservation de forêts de grande valeur écologique et le maintien de la diversité biologique. Traduite en chiffres, la conservation deviendrait ainsi une nouvelle affaire pour les entreprises, qui leur permettrait de recevoir plus de 180 millions de dollars.

Les organisations mapuche estiment que toute négociation avec ces entreprises risquerait d’aller à l’encontre de l’expression juste des besoins de leur peuple, de leurs problèmes et des solutions respectives. Cela contribuerait à consolider les marchés internationaux de l’exportation de bois, et donc à développer les plantations par l’annexion de territoires mapuche et en profitant de la vulnérabilité des communautés et des petits paysans pour les pousser à planter eux-mêmes les pins et les eucalyptus.

Les groupes économiques du secteur forestier sont les responsables directs de la marginalité et de l’oppression dans lesquelles le peuple mapuche est maintenu par les réseaux politiques. De leur côté, les organisations mapuche se proposent freiner l’expansion forestière pour protéger les ressources naturelles et pour transformer la situation actuelle, politique, sociale et juridique, de leur peuple à l’intérieur de l’État chilien. C’est pourquoi elles soulignent l’importance de bien comprendre que les intérêts des Mapuche ne devraient pas être opposés à ceux des ONG en matière de protection de l’environnement, et de la forêt en particulier.

Article basé sur des informations tirées de : « Acuerdo forestales, ambientalistas y Presidente Lagos », MAPUEXPRESS, 15 novembre 2003, http://www.mapuexpress.net ; « ¿Qué hay detrás de esos acuerdos ? Acuerdo entre CMPC y Arauco con ambientalistas sobre el bosque nativo”, Homero Altamirano, 18 novembre 2003, paru dans le périodique Llanalhue Noticias (Cañete VIII Región); Lettre de la Coordination des organisations et identités territoriales mapuche à American Lands, Forestethics, Greenpeace, Defensores del Bosque, TERRAM et Instituto de Ecología Política.


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– Colombie: les plantations difficilement 'certifiables' d'un membre du Conseil d'administration du FSC

En 1998, l’écrivain Joe Broderick publia, à la suite d’une enquête menée sur l’entreprise Smurfit Cartón de Colombia, son livre « El imperio de cartón : impacto de una multinacional papelera en Colombia », où il décrivait de façon détaillée les graves impacts sociaux et environnementaux causés dans ce pays par les activités d’une filiale de la transnationale irlandaise Jefferson Smurfit.

Au mois de novembre dernier, le WRM a été invité par des organisations colombiennes à parcourir la région affectée par les plantations de pins et d’eucalyptus de Smurfit, pour étudier les problèmes et connaître de manière directe les opinions des habitants des lieux. Cette visite a non seulement permis de confirmer amplement les informations fournies par Broderick, mais elle a également montré que la compagnie n’avait pas changé un iota à ses politiques à l’égard des gens et de l’environnement, et que ses rapports avec la société locale sont aujourd’hui aussi problématiques qu’à l’époque de la parution du livre.

Rien d’étonnant à tout cela, puisque les impacts d’une autre filiale de la même entreprise avaient déjà été constatés par le WRM au Venezuela voisin, lors d’une visite semblable des plantations de la Smurfit Cartón de Venezuela, effectuée en décembre 1998. Dans un article rédigé par la suite, notre conclusion était que « le modèle de ‘développement’ mis en oeuvre par Smurfit à Portuguesa est inviable, vu les impacts qu’il a sur l’environnement et la société. Malgré sa politique de harcèlement et de répression, la compagnie ne semble pas en mesure de vaincre la détermination des gens à s’opposer à ses activités, et l’on peut se demander pour combien de temps les plantations vont survivre (même protégées par des barbelés, des chiens et des hommes armés), entourées comme elles le sont de personnes qui haïssent ces arbres et l’entreprise qu’ils représentent. S’il est vrai que les plantations forestières sont en général insoutenables, celles-ci semblent être les plus insoutenables de toutes. »

Nous pourrions en dire autant des impacts en Colombie, où l’entreprise a participé à des processus de déforestation, où ses activités ont porté atteinte à l’eau, la faune et la flore, et où elle a été un facteur décisif d’expulsion de la population rurale partout où elle s’est installée. Tout ceci, et bien davantage, est devenu évident au cours des interviews de la population locale effectuées par le WRM.

Les gens nous ont dit que « les plantations ont épuisé l’eau », que « les fumigations ont liquidé tout ce qu’il y avait au sol », que « la faune a pratiquement disparu », qu’il y avait auparavant « des nuées d’oiseaux » mais que « maintenant, en été seulement quelques oiseaux apparaissent, mais pas en hiver », et qu’« il n’y a plus de poisson non plus ».

En ce qui concerne l’emploi, ils nous ont fait savoir que « tout le travail est à la tâche (par l’intermédiaire de sous-traitants), et que « le contrat implique de travailler pour deux et de gagner pour un ». Comme dans la jungle, seuls les plus forts survivent : « si vous n’atteignez pas la production on vous renvoie, on ne peut pas avoir plus de 40 ans, et il faut être très résistant pour arriver à ce rendement ». En matière d’organisations de travailleurs, non seulement il n’y a pas de syndicats mais « celui qui rouspète est dehors », et « ici personne ne dit mot ».

Au vu de ce palmarès, personne n’imagine que l’entreprise puisse avoir un quelconque intérêt à la certification de son bois comme produit en respectant la société et l’environnement. Ses plus de 60 000 hectares de monocultures d’arbres ne sont pas certifiés, et nous doutons fort qu’ils ne le soient jamais. Il est donc surprenant que Smurfit soit un des membres du conseil d’administration du Forest Stewardship Council, qui est considéré comme l’un des systèmes de certification les plus crédibles à l’échelon mondial. Or, la page du FSC sur la toile nous informe que M. Victor Giraldo représente cette entreprise au sein de son conseil.

Sa présence rend au FSC de piètres services, et quelqu’un devrait commencer à poser les questions pertinentes. De notre part, nous restons à la disposition du FSC pour de plus amples informations sur l’entreprise en question.

Article basé sur des informations tirées de : Carrere, R., Informe de viaje a las regiones de Colombia con plantaciones de Smurfit, 31/10/03 - 7/11/03, (rapport interne) ; site du FSC sur la toile : http://www.fscoax.org/html/5-1-1.html ; Broderick, J., El imperio de cartón : impacto de una multinacional papelera en Colombia, Bogotá, Planeta, 1998 ; Carrere, R. : Smurfit Cartón de Venezuela : las plantaciones de la discordia, http://www.revistadelsur.org.uy/revista.087-088/WRM.html

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