Bulletin du WRM

 

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Numéro 88 - Novembre 2004
THÈME CENTRAL DE CE NUMÉRO :
LES ARBRES GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉS


LES ARBRES GM DANS LE NORD

– Finlande : quelques remarques sur la campagne contre les arbres GM

En juin 2004, un groupe d’activistes non identifiés a attaqué le dernier essai sur le terrain d’arbres génétiquement modifiés qui restait en Finlande. Environ 400 bouleaux transgéniques ont été abattus. En tant que militants contre les arbres GM, nous nous sommes demandé alors comment nous devions réagir.

Notre campagne contre les arbres GM a commencé en 2000, lorsqu’un petit groupe de militants concernés, dont je faisais partie, a créé l’Association populaire pour la Biosécurité (PBA, People’s Biosafety Association), dans le but de surveiller les OGM en Finlande. La même année, un peu plus tôt, l’Institut finlandais de la Recherche forestière avait reçu l’autorisation de faire un essai d’arbres GM à Punkaharaj.

Au printemps 2000, PBA a demandé au Conseil de la Biotechnologie la liste de tous les essais d’OGM de la Finlande. On nous a répondu qu’il y avait treize essais sur le terrain et plus de cent trente en laboratoire ou en serre, mais on a refusé de nous dire où ils étaient situés, en alléguant qu’ils n’en avaient pas de registres. Pourtant, la Loi sur la Technologie génétique de la Finlande prévoit qu’il faut tenir un registre de tous les essais d’OGM, et que ce registre doit être public.

Nous avons donc porté l’affaire au Tribunal administratif. En réponse, le Conseil de la Biotechnologie a publié une déclaration surprenante, signée par son président, Pirjo Mäkelä. La déclaration admettait les risques des essais et expliquait que, toute visite non autorisée pouvant mettre en danger l’environnement et la santé des gens, l’emplacement des essais devait rester secret.

En octobre 2001, j’ai écrit pour le journal à plus forte circulation de la Finlande, Helsingin Sanomat, un article intitulé « La Finlande devrait s’opposer à la modification génétique des arbres ». La semaine d’après, le journal a publié deux articles en faveur des OGM rédigés par des scientifiques en foresterie, mais il a refusé de publier un autre que j’ai envoyé en réplique à leurs arguments.

La PBA a lancé alors une pétition pour que ces essais sur le terrain soient stoppés. Nous avons signalé qu’aucune évaluation suffisante des risques n’avait été effectuée, et que les gens qui habitaient près de ces champs n’avaient même pas été informés de leur existence. Début 2002, la PBA a présenté cette pétition, signée par 1 500 personnes, à Osmo Soininvaara, ministre de la santé et des questions sociales et leader du parti politique finlandais Ligue Verte.

Finalement, nous avons décidé de découvrir nous-mêmes où avaient lieu les essais d’arbres GM. Nous avons trouvé qu’il y en avait deux, l’un à Punkaharju et l’autre à Viikki, près d’Helsinki.

Le public finnois a connu l’existence des essais sur le terrain d’arbres GM le 22 juillet 2002, lorsque les informations ont montré à la télévision les militants de la PBA qui plantaient des panneaux avertisseurs de risques biotechnologiques à proximité des champs d’essai. Quelques mois plus tard, le Tribunal administratif du pays a annoncé sa décision que l’emplacement des essais soit divulgué. Cependant, les risques éventuels n’ont fait l’objet d’aucun débat public véritable.

En décembre 2003, alors que les médias finlandais s’étaient apparemment désintéressés de l’affaire, la campagne contre les arbres GM a reçu un coup supplémentaire : à Milan, lors d’une réunion de l’ONU sur le changement climatique, les gouvernements ont décidé d’accepter comme puits de carbone les plantations d’arbres GM, dans le cadre du « mécanisme de développement propre » du Protocole de Kyoto.

En réponse, trois ONG finnoises (People’s Biosafety Association, les Amis de la Terre Finlande et l’Union finnoise pour l’Écoforesterie) ont lancé une pétition internationale demandant que l’ONU interdise les arbres GM. En mai 2004, la PBA a participé à un événement parallèle sur les arbres GM qui s’est tenu à Genève lors du Forum des Nations unies sur les Forêts. A ce moment-là, 1 600 personnes et 140 ONG avaient déjà signé la pétition.

En rentrant de Genève, la PBA a continué à essayer de soulever publiquement le problème des arbres GM. Nous avons visité le Parlement finnois, pour informer les parlementaires de notre message à l’ONU. Nous avons invité plusieurs scientifiques concernés par la recherche sur les arbres GM à une conférence de presse. Seuls trois journalistes y sont allés, et aucun chercheur.

En juin 2004, nous avons eu enfin une bonne nouvelle. Kim von Weissenberg, professeur de Pathologie forestière à l’Université d’Helsinki, a dit à Chris Lang, du WRM, que l’essai du bouleau GM en plein champ « s’était terminé en l’automne 2003 ».

C’est lorsque les activistes ont détruit le seul autre champ d’essais qui restait en Finlande que les médias se sont départis de leur silence.

Les chercheurs en foresterie responsables de l’essai ont allégué alors que leur objectif était d’examiner les risques environnementaux, en particulier le risque de pollution génétique, et la stabilité des gènes transférés. En fait, le but de l’expérience était d’étudier les cycles du carbone et de l’azote, pour savoir quelle était leur influence sur les taux de croissance.

En plus d’avoir menti sur l’objet des essais d’arbres GM, ces chercheurs ont enfreint la loi finlandaise. La PBA avait toujours affirmé qu’il n’y avait pas eu d’évaluation des risques AVANT l’établissement de ces champs d’essai ; maintenant ils l’admettaient, en lançant une étude destinée à analyser ces risques dans le cas de l’essai en cours.

La loi finlandaise stipule que les évaluations des risques doivent tenir compte des connaissances et développements actuels, et que le Conseil de la Technologie génétique doit être informé de toute découverte qui puisse incider sur les résultats d’une évaluation antérieure.

La PBA affirme que les chercheurs en foresterie ont eu forcément de nouvelles informations sur la pollution génétique et l’instabilité des gènes, puisqu’ils ont même reçu du financement de l’Académie finnoise pour une nouvelle étude des risques dans ces domaines.

Donc, avant de poursuivre l’essai en plein champ ils auraient dû communiquer au Conseil de la Technologie génétique ces nouvelles informations, qui rendent nécessaire une réévaluation des risques.

La PBA et l’Union finnoise pour l’Écoforesterie ont déposé ensemble une plainte formelle contre cette infraction à la loi du pays. Cette plainte est actuellement à l’étude des autorités, qui devront décider s’il y a matière à un procès.

Après quatre années de campagne contre les arbres GM, nous avons bon espoir qu’il n’y aura pas de nouveaux essais d’arbres GM en Finlande.

Hannu Hyvönen, coordinateur de campagne, Union finnoise pour l’Écoforesterie, adresse électronique : hannu@elonmerkki.net


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– Les arbres GM aux États-Unis : une mise à jour

Du 17 au 19 novembre 2004, une importante rencontre sur la technologie des arbres génétiquement modifiée a eu lieu à la Duke University de North Carolina, aux États-Unis. Les participants étaient les représentants des principales entreprises biotechnologiques (Arborgen, Cellfor et d’autres), ceux des institutions de recherche leaders (Institute of Forest Biotechnology, Department of Energy’s Joint Genome Initiative) et des ministères des Forêts des États-Unis et du Canada, et bien d’autres qui voulaient tout simplement savoir davantage sur la technologie des arbres GM. Il y avait enfin cinq d’entre nous, représentant « l’opposition » : travaillant pour arrêter la diffusion des arbres génétiquement modifiés en éduquant les propriétaires terriens, recherchant des possibilités d’actions légales contre cette diffusion, organisant des campagnes internationales, entre autres. On nous avait ménagé une petite place dans un panel de la fin, pour essayer « d’équilibrer » un peu les choses.

La conférence semblait être surtout une session géante de battage en faveur de la technologie, où chaque orateur se félicitait de ses réussites et applaudissait les exploits des autres.

La présentation principale, intitulée « La foresterie de précision », était celle de Jesse H. Ausubel, du Programme pour l’Environnement humain de la Rockefeller University. Il a expliqué que, dans notre monde croissant, la foresterie devait suivre l’exemple de l’agriculture. Il a argumenté que l’intensification de l’agriculture, lancée dans les années 1940 avec l’utilisation des tracteurs et des engrais, des pesticides et des herbicides chimiques, avait été une bénédiction pour l’humanité et que la foresterie devait adopter le même modèle. Il fallait continuer à faire des plantations forestières intensives, a-t-il dit, incluant l’utilisation de produits chimiques et la manipulation génétique, pour répondre au besoin croissant de produits forestiers dans le monde, tout en protégeant simultanément les forêts indigènes. Malheureusement, il a omis de mentionner que la « révolution verte » agricole avait été désastreuse pour la plupart des pays du Sud et qu’elle avait permis de créer de véritables monopoles contrôlant les produits alimentaires du monde, ce qui avait fait proliférer la malnutrition et la famine. Il a suggéré que ces plantations d’arbres hi-tech devaient être établies dans des terres agricoles « abandonnées » (dans le Sud).

La conférence avait beau s’intituler « La génomique des paysages et les forêts de conifères transgéniques », son thème principal était le problème des relations publiques. L’un après l’autre, les orateurs ont présenté leur morceau du puzzle des arbres GM en se demandant « comment pouvons-nous embarquer les gens sur cette voie ? » ou « quels sont les côtés ‘bien’ de cette technologie que nous pouvons utiliser pour conquérir le public ? ». De ce fait, l’événement ressemblait davantage à une conférence pour le marketing des arbres GM qu’à une discussion sur l’état de la technologie. Les orateurs ont reconnu qu’il allait être difficile de vendre les arbres GM, en raison des réactions négatives que le public a déjà à l’égard des produits alimentaires génétiquement modifiées. Ils ont reconnu également que du fait des rapports que les gens ont avec les arbres – perçus comme un refuge naturel et paisible – l’idée de les bricoler allait soulever des résistances. Comme l’a expliqué l’un des orateurs, « il faudra éduquer les jeunes et travailler au plan culturel avant de pouvoir introduire des arbres GM dans le paysage forestier privé ».

Ces stratégies visant l’acceptation des arbres GM dans le « domaine privé » sont fondamentales aux États-Unis, où 63% du « paysage forestier » appartiennent à des particuliers ; l’industrie doit donc imaginer des moyens pour y parvenir.

A mesure que la conférence avançait, les participants ont réussi à identifier une poignée d’arguments ‘bien’ qui pourraient être utiles pour vendre au public les arbres GM. Ils ont d’abord évoqué la manipulation génétique des châtaigniers et des ormes, destinée à les rendre résistants aux maladies qui les ont ravagés aux États-Unis. Ils ont pensé qu’il serait très intéressant de vendre aux gens l’idée que l’ingénierie génétique pourrait leur rendre ces arbres qu’ils aimaient tant.

La deuxième idée examinée a été d’utiliser les arbres GM pour faire face à la prolifération des espèces envahissantes qui ont dévasté les forêts indigènes partout dans le pays. Le ministère nord-américain des Pêcheries et de la Faune affirme que les espèces envahissantes sont la principale menace pour l’habitat naturel. En guise de solution, l’un des orateurs a proposé de créer des essences « indigènes » génétiquement modifiées susceptibles de concurrencer les espèces envahissantes. Le fait que les arbres GM, de par la nature même de leurs transgènes modifiés, non seulement ne sont pas « indigènes » mais risquent d’être extrêmement envahissants, n’a pas été mentionné. Aucune discussion n’a eu lieu non plus sur la manière de lutter contre les causes de ces invasions, par exemple, l’élimination des barrières commerciales imposée par le néolibéralisme. Or, quelques-unes de ces « barrières » fixent des normes phytosanitaires destinées surtout à éviter l’introduction d’espèces envahissantes dans les importations de bois.

La troisième idée, qui a été le thème d’une bonne partie de la conférence, concernait l’utilisation d’arbres génétiquement modifiés dans les plantations destinées à séquestrer le carbone émis par la combustion des carburants fossiles, censément pour enrayer le réchauffement de la planète. Les participants ont adoré cette idée, qu’ils ont considérée comme une stratégie permettant de gagner à tous les coups. Des arbres GM pour résoudre le problème du réchauffement, qui pourrait ne pas aimer cela ?

Malheureusement, il y a des communautés, au Brésil, en Équateur, au Costa Rica et ailleurs, qui subissent déjà les effets nuisibles des plantations forestières soi-disant « compensatrices du carbone ». En ajoutant à ces plantations des arbres génétiquement modifiés, les problèmes de santé des forêts vont augmenter, aggravant le réchauffement de la planète et limitant davantage la capacité des populations rurales et forestières à vivre de la terre de manière durable (voir dans ce même numéro l’article à ce sujet).

Dans le domaine des arbres GM, les chercheurs nord-américains avancent avec des oeillères. Ils se sont convaincus les uns les autres que ces arbres apporteront des « bénéfices », et ne regardent pas à côté. Ils ferment les yeux aux leçons évidentes de l’agriculture GM, qui sont des signaux d’alerte géants. En même temps, ils sont très inquiets, parce qu’ils savent que les gens détestent cette technologie ; ainsi, ils cherchent des moyens de la « tourner » pour la rendre plus acceptable. Elle est très controversée et ne pourra que l’être encore davantage, à mesure qu’ils s’apprêtent à établir des plantations commerciales de ces arbres-frankenstein à l’intérieur et autour des communautés du monde entier.

Le GJEP a organisé une campagne mondiale pour arrêter la modification génétique des arbres. Pour y participer, vous pouvez envoyer un courrier électronique à l’adresse info@globaljusticeecology.org, http://www.globaljusticeecology.org, ou écrire à : GJEP, PO Box 412, Hinesburg, VT 05461 USA.

Anne Petermann, Global Justice Ecology Project


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– États-Unis : la Potlatch Corporation, la certification FSC et les arbres GM

Les 7 000 hectares de plantations de peupliers que possède la Potlatch Corporation à Boardman, Oregon, sont aussi high-tech que possible. Les arbres sont plantés sur le sol sablonneux du désert ; s’ils vont pousser, c’est seulement grâce à des dizaines de milliers de kilomètres de tuyaux minces et noirs. Ces tuyaux d’irrigation apportent aux arbres de l’eau, des fertilisants et des pesticides. L’eau vient du barrage John Day, construit par le Corps d’Ingénieurs de l’Armée des États-Unis en 1971. Ce barrage est l’un des dix-neuf qui bloquent le fleuve Columbia et qui en ont dévasté les pêcheries de saumon.

Les plantations de Potlatch sont des monocultures de peupliers hybrides clonaux. En 1999, l’entreprise a autorisé l’Université de l’État d’Oregon à établir une plantation d’essai de peupliers génétiquement modifiés (tolérant les herbicides et résistants aux insectes), sur 1,2 hectare de sa propriété. Potlatch est l’un des membres fondateurs de la Coopérative de Recherche en Manipulation génétique des Arbres (TGERC) de l’Université d’Oregon. « Il s’agit de scientifiques de premier niveau, de réputation internationale. La TGERC nous donne le maximum de profit pour notre argent », avait expliqué Jake Eaton, directeur de la recherche de Potlatch, en 1999.

La participation directe de Potlatch dans le domaine de la biotechnologie a diminué lorsque l’entreprise a décidé qu’elle voulait vendre du bois à Home Depot, le magasin de bricolage le plus grand du monde. Dans le but de se débarrasser des environnementalistes, Home Depot avait adopté en 1999 une politique d’achat qui « accordait la préférence » au bois provenant de « forêts certifiées comme bien gérées ». Aujourd’hui, Home Depot vend plus de bois certifié par le Forest Stewardship Council (FSC) que n’importe quel autre détaillant des États-Unis. Potlatch a donc décidé que la certification FSC était exactement ce qu’il lui fallait.

Les normes FSC interdisant l’utilisation d’OGM dans les opérations forestières certifiées, Potlatch a accepté en décembre 2000 d’enlever les arbres GM. Huit mois plus tard, la société Scientific Certification Systems (SCS) a certifié que les plantations de Potlatch étaient bien gérées d’après les critères FSC.

Pourtant, à l’époque où la certification a été délivrée les arbres GM poussaient encore dans les plantations de Potlatch. SCS a même donné à l’entreprise quatre mois supplémentaires pour retirer les arbres. « Pour le 31 décembre 2001, Potlatch doit avoir tenu son engagement de retirer les peupliers transgéniques hybrides de deux ans d’âge qui n’ont pas atteint la maturité reproductive, et continuer de s’abstenir de toute recherche sur les OGM dans ses installations de l’Oregon oriental », disait le résumé rendu public de l’analyse effectuée par les évaluateurs de la SCS.

Ce n’est qu’en juin 2002, c’est-à-dire six mois après la date fixée, que la SCS est allée vérifier si les arbres avaient été enlevés, au moment où Dave Wagner, évaluateur de SCS, a effectué le contrôle annuel des plantations de Potlatch à Boardman.

« Les peupliers hybrides génétiquement modifiés ont été retirés avant le 31 décembre 2001 », a-t-il noté. Cependant, il continuait : « Après le retrait, il y a eu quelques repousses qui n’avaient pas encore été traitées au moment du contrôle annuel de 2002 ». Ainsi, plus de neuf mois après la délivrance du certificat, Potlatch avait encore des arbres GM poussant sur ses terres.

La SCS n’a pas retiré le certificat mais a présenté une demande d’action corrective. Encore une fois, Potlatch n’a rien eu à faire jusqu’à la fin de l’année : « Pour le 31 décembre 2002, Potlatch doit retirer les souches et les repousses associées des peupliers hybrides génétiquement modifiés qui ont été enlevés ».

Cette fois non plus, la SCS n’a vérifié si cela avait été fait que six mois après la date limite. En juin 2003, Barry Sims, consultant forestier et conseiller de la SCS, a fait le contrôle annuel des plantations de Potlatch à Boardman.

« Tout le matériel GM a été retiré », a-t-il informé, sans préciser comment il était arrivé à cette conclusion : son résumé public ne mentionne pas s’il a inspecté lui-même la zone ou s’il s’est contenté de poser la question au personnel de Potlatch.

Après chaque inspection annuelle, les inspecteurs de la SCS sont arrivés à une conclusion mot pour mot identique : « le niveau général de l’aménagement forestier s’est nettement amélioré dans la propriété au cours de l’année passée ». Cette conclusion est surprenante, d’autant plus que la seule chose que les plantations high-tech de Potlatch ont en commun avec les forêts est qu’elles sont pleines d’arbres.

Ce qui est encore plus grave, c’est que couper les arbres et laisser les souches au sol est une méthode totalement inadéquate d’éliminer les peupliers d’un champ, qu’ils soient GM ou non. « Tous les peupliers repoussent vigoureusement de la souche après avoir été coupés », explique Steven Strauss, de l’Université d’Oregon.

Matthius Fladung, de l’Institut de Génétique forestière qui se trouve près de Hambourg, en Allemagne, a documenté les difficultés à enlever du sol toute trace de peupliers GM. Lorsque son essai a été complété en 2001, tous les arbres ont été enlevés. Dix-huit mois plus tard, a-t-il rapporté, il y avait encore des drageons au sol.

Fladung affirme qu’il faut être prudent dans ses conclusions, « du fait que les drageons apparaissent plusieurs mois après avoir défriché le champ d’essai ». Si l’essai est conduit à un endroit où il n’y a pas d’autres peupliers à proximité, alors la conclusion est simple, « car toutes les plantes de peuplier sont forcément transgéniques ». Mais s’il y a d’autres peupliers dans les environs, « il peut être difficile de distinguer les drageons transgéniques de ceux qui ne le sont pas », dit-il.

Il est peu probable que des peupliers GM aient réussi à repousser des racines que Potlatch semble avoir laissées au sol. Peu probable sans doute, quoique non impossible. Mais il est certain que la SCS a enfreint les normes du FSC en délivrant un certificat à une entreprise qui plantait des arbres GM dans ses terres. Il est scandaleux que la SCS n’ait pas vérifié avec plus de soin que Potlatch ait enlevé toutes les traces de peupliers GM.

Chris Lang, adresse électronique : chrislang@t-online.de

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