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BENIN
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Résumé de l'etude de la biodiversite de la forêt Igbodja Stéphan OGOU,
Ir. La région d'Igbodja appartient au domaine protégé de l'Etat et est comprise entre les forêts classées de l'Ouémé-Boukou et de Dogo-Kétou. Une étude sur la biodiversité a été conduite dans les différentes formations végétales de la région et a pour but de contribuer à une gestion durable des différents écosystèmes. Les diverses formations végétales rencontrées sont : les forêts galeries D'une superficie de 2472,9ha soit 2,7% du total, les forêts denses sèches (194,28ha soit 0,2%), les forêts claires et savanes boisées (38.2347ha soit 42,4%), les savanes arborées et arbustives (23.779,1ha soit 26, 4%), Les mosaïques de cultures et jachères (9382,8ha soit 10,4%), les savanes arborées et arbustives à emprise agricole (13484,9ha soit 15%) et les savanes arborées et arbustives saxicoles (2528,4ha soit 2,9%). La région est traversée par deux fleuves importants, l'Ouémé et l'Okpara. L'existence des cours d'eau, leur zone de confluence de même que les îles qu'ils délimitent augmentent la diversité écosystémique de la région. La flore ligneuse compte 159 espèces végétales réparties en 46 familles dont les plus importantes sont les Rubiaceae (7%), les Ceasalpiniaceae (5%), les Mimosaceae (5%) et les Combretaceae (4,4%). Plus de 60% des familles ont au moins deux espèces. Les espèces végétales sont réparties en 9 types biologiques dont les plus représentés sont les micro et les mésophanérophytes. 9 types phytogéographiques et 7 types de dissémination de diaspores sont recensés. La surface terrière varie de 4,7 à 35 m²/ha et le volume moyen des arbres est compris entre 26 et 486 m3 /ha. Les plus fortes valeurs de la surface terrière et du volume moyen sont obtenues en forêt galerie. La flore fongique est bien représentée. Un total de 56 espèces fongiques a été recensé et se répartit en 17 familles. Les familles les plus importantes sont les Amanitaceae (17,8%), les Marasmiaceae (17,8%) et les Russulaceae (14,3%). 35% des familles sont représentées par une seule espèce seulement. Les espèces fongiques recensées sont distribuées en 4 groupes biologiques. Les groupes biologiques les plus représentés sont les mycorhyziens (42,9%) et les saprophytes humo-terricoles (26,8%). Les termitophiles sont faiblement représentés (7,1%). La région abrite une faune terrestre riche et diversifiée. Il a été recensé 40 espèces de mammifères sauvages réparties en 20 familles et en 9 ordres. Les ordres les mieux représentés sont les Artiodactyles (30%), les Carnivores (22,5%) et les Rongeurs (27,5%). La famille des bovidés est la mieux représentée avec 22,5% des espèces. Les reptiles sont représentés par 13 espèces qui sont réparties dans 7 familles. 86% de ces familles sont représentées par deux espèces. La faune aviaire est la plus riche et la plus diversifiée à cause de la diversité des phytocénoses. La région abrite en effet 77 espèces d'oiseaux distribués en 29 familles. La distribution des espèces dans les familles respectives montre une bonne représentation des familles d'oiseaux. Cependant, 34,4% des familles sont représentées par une seule espèce. Les familles les plus abondantes sont les Accipitrideae (9%), les Phasianideae (9%), les Columbideae (6%) et les Plocéideae (6%). Quant à la faune entomologique, elle est représentée par 7 ordres que sont les Coléoptères, les Lépidoptères, les Isoptères, les Hyménoptères, les Hétéroptères, les Homoptères et les Diptères. Cette faune terrestre trouve sa particularité dans la présence des espèces rares comme le lion et des espèces menacées de disparition comme le lycaon, les caméléons, le dendrocygne veuf et les Accipitrideae. La faune ichtyologique est riche de 37 espèces de poissons réparties en 15 familles différentes. Les familles les plus représentées sont les Cichlideae (18,9%), les Cyprinideae (13,5%) les Characideae (10,8%) et les Mormyrideae (10,8%). Quant aux amphibiens, il est dénombré 5 espèces avec trois familles que sont les familles des Pipideae, des Buffodeae et des Ranideae. Les écosystèmes concernés sont annuellement détruits pour l'installation des habitations. Il existe dans la région deux types d'habitations : les villages et les fermes. Il a été recencé cinq villages et des fermes (tableau 6) réparties dans toutes les formations forestières. Elles sont habitées surtout par les peuples Fon et Mahi tandis que les Nagot sont concentrés dans les villages. Les composantes biologiques ci-dessus énumérées contribuent substantiellement à la survie des populations locales qui les exploitent diversément pour des besoins alimentaires, sanitaires, mythologiques, commerciaux et de domestication. Les prélèvements des essences ligneuses comme bois d'uvre sont observés dans toutes les formations et concernent les espèces comme Pterocarpus erinaceus, Isoberlinia doka, Milicia excelsa, Afzelia africana, Khaya senegalensis et Diospyros mespiliformis. Par ailleurs, des proportions de plus en plus inquiétantes des formations forestières sont annuellement détruites pour l'agriculture. Les principales cultures sont les céréales, les racines et tubercules, les légumineuses et les cultures industrielles comme le coton et le tabac. De nombreuses espèces végétales sont également utilisées dans l'alimentation et les soins des populations locales. Il a été recensé 24 espèces végétales dont les fruits sont consommés et 58 espèces utilisées en médécine traditionnelle. Quant aux espèces animales, elles sont exploitées soit pour l'alimentation directe, soit pour le commerce ou pour des buts mythologiques. Certaines espèces fongiques notamment les espèces du genre Termitomyces sont bien appréciées dans l'alimentation par les populations locales. L'élevage est bien pratiqué. Il concerne les espèces bovines des races Borgou, Mbororo, du zébu goudali, des ovins dont la principale race élevée est la race Djallonké, des caprins de race guinnéene, des porcins et la volaille. Les plus grandes menaces qui pèsent sur les composantes de la diversité biologique des forêts d'Igbodja concernent la destruction des habitats (déforestation) pour l'agriculture, les prélèvements incontrôlés des bois d'uvre, de service et de chauffe, le braconnage intensif et la contamination des eaux par les produits chimiques. La conversion des écosystèmes forestiers se fait suivant une intensité croissante contribuant ainsi à leur fragmentation. Par ailleurs, l'on ne saurait négliger les phénomènes d'érosion qui se manifestent aussi bien dans les champs que dans les rues et les habitations. Un programme d'aménagement des forêts de la région a été proposé. Les actions à mener tournent autour des grands points suivants : Propositions de plans stratégiques, programmes et plans d'action de conservation de la diversité biologique de la région d'Igbodja - le zonage de la région
qui consiste à identifier les zones de pâturage, celles
à vocation forestière et celles de cultures ; Développement 1.- Introduction Dans le passé, la gestion des forêts au Bénin a été effectuée en l'absence des plans d'exécution adéquats. Ceci a accéléré les processus de dégradation des espaces forestiers et des ressources forestières. Les inquiétudes soulevées par ces formes d'exploitation ont été saisies par les autorités compétentes et de nombreux pays en Afrique au sud du Sahara ont révisé leur politique de gestion forestière. Au Bénin, la plupart des formations forestières actuellement présentes sur le territoire ont fait l'objet de classement depuis le temps colonial. Le besoin d'aménager efficacement quelques unes de ces formations naturelles s'est ressenti depuis les années 1970 et les programmes effectifs d'aménagement n'ont démarré qu'à partir des années 1990 avec l'avènement du Projet de Gestion des Ressources Naturelle (PGRN) qui a démarré un programme d'aménagement des forêts classées de Toui-Kilibo, Dogo-Kétou et celle de l'Ouémé Supérieur. A côté des forêts classées, il existe des forêts du domaine protégé de l'Etat qui servent de zone tampon. C'est le cas des forêts de la région d'Igbodja qui constituent des zones tampon aux forêts classées de Kétou-Dogo et Ouémé Boukou. La connaissance des ressources naturelles sises dans les zones tampons et leur aménagement sont indispensables pour assurer une gestion durable des ressources des forêts classées. C'est donc dans ce cadre qu'une étude de la biodiversité de la région d'Igbodja est entreprise. Cette étude vise les principaux objectifs suivants: - inventorier les différents
écosystèmes de la région 2.- Méthodologie La présente étude s'est déroulée en trois phases à savoir : les recherches documentaires, la collecte de données sur le terrain et le traitement et l'analyse de données. 3.- Diversité floristique des formations forestières et faunique 3.1. Description des différentes formations végétales 3.1.1. Forêts galeries Ces formations forestières représentent seulement 2,7% de la superficie totale soit 2.472,9 ha. Elles ont des largeurs variables de part et d'autre des cours d'eau. Ces formations sont dominées par endroits par certaines espèces comme: Cola laurifolia, Pterocarpus santalinoides, Cynometra megallophylea, Berlinia grandiflora et Mitragyna inermis. L'indice de diversité de Shannon calculé pour ces formations est de 4,75 bits avec une équitabilité de 0,59. Ce qui leur confère une bonne diversité floristique. La densité de peuplement (dbh ³ 10 cm) de ces formations est en moyenne de 470 tiges à l'hectare, avec une surface terrière de 35 m² / ha. La hauteur moyenne des arbres dominants est de 25 m. Le volume moyen des arbres est d'environ 486 m3 / ha. 3.1.2. Forêts denses sèches Elles occupent seulement 0,2% de la superficie totale soit 194,28 ha. Ce sont des peuplements plus ou moins purs à Anogeissus leiocarpus qui se développent dans les plaines d'inondation à hydromorphie temporaire. A certains endroits, ces formations sont dominées par Manilkara multinervis associé à Mitragyna inermis. L'indice de diversité spécifique de Shannon vaut 4,45 bits avec une équitabilité de Piélou d'environ 0,59. Ceci témoigne de la bonne diversité floristique des formations denses sèches. La densité de peuplement ( arbres dbh ³ 10 cm) de ces formations est en moyenne de 455 tiges / ha avec une surface terrière moyenne de 30 m²/ha et une hauteur moyenne des arbres dominants d'environ 20 m. Le volume moyen des arbres est estimé à 333m3/ha . 3.1. 3. Forêts claires et savanes boisées Ce sont les formations les plus vastes de la région. Elles occupent 42,4% de la superficie totale de la zone d'étude soit 38.234,7 ha. Elles sont diversement dominées par Isoberlinia doka, Pterocarpus erinaceus, Daniellia oliveri, Anogeissus leiocarpus ou par Vittelaria paradoxa. Pour ces formations, on estime à 380 tiges / ha, la densité du peuplement (dbh ³ 10 cm). Leur surface terrière moyenne est de 12 m2 / ha. La hauteur moyenne des arbres dominants est estimée à 15 m. Par conséquent, le volume moyen des arbres de ces phytocénoses est d'environ 100 m3 à l'hectare. 3.1. 4. Savanes arborées et arbustives Elles occupent 37.264 ha soit 41,4% de la superficie totale de la zone d'étude. Ce sont des formations qui se développent sur des sols ferrugineux à texture sableuse ou sablo-argileuse et à faible profondeur. Elles sont en général dominées par les espèces comme Parinari curatellifolia, Pericopsis laxiflora, Combretum sp, Terminalia sp et Hymenocardia acida. Pour ces formations, la densité du peuplement (dbh ³ 10 cm) est estimée à 145 tiges / ha avec une surface terrière moyenne de 6,8 m2 / ha. La hauteur moyenne des arbres dominants est d'environ 12 m. Donc, le volume moyen des arbres est estimé à 45 m3/ha. 3.1. 5. Savanes arborées et arbustives saxicoles Ces formations se développent dans des endroits rocheux ou sur des sols gravillonnaires. Elles occupent une superficie de 2528,4 ha soit 2,9% de la superficie totale. Elles se distinguent nettement des autres formations par leur densité et leur recouvrement. Les espèces les plus abondantes sont : Detarium microcarpum, Burkea africana, Pseudocedrela kotchyi, Terminalia glaucescens et Lannea kerstingii. La densité des arbres (dbh ³ 10 cm) de ces formations est en moyenne de 105 tiges / ha avec une surface terrière moyenne estimée à 4,7 m2 / ha. La hauteur moyenne des arbres dominants est d'environ 10 m et on estime le volume des arbres à 26 m3 pour ces formations. 3.1.6. Atouts et contraintes à une meilleure protection et valorisation des différentes formations étudiées 3.1.6.1. Atouts Ils se traduisent non seulement par la volonté manifeste des populations riveraines au reboisement, mais aussi par l'existence des sites sacrés et d'arbres fétiches et la présence des essences de valeur potentielle au sein des formations prospectées. 3.1.6.2. Contraintes Elles sont essentiellement d'ordre anthropique et se rapportent aux activités agricoles, pastorales et à l'exploitation forestière. 3.1.7. Diversité des champignons supérieurs Diversité des espèces et des familles Tableau 1 : Répartition des espèces fongiques au sein des familles
3.1.8. Diversité des groupes biologiques Les espèces de champignons recensées sont réparties en quatre groupes biologiques bien distincts. Il s'agit : - des espèces ectomycorhiziques
(EM) ; 3.1.9. Plantations Les plantations sont également rencontrées dans les zones à emprise agricole de la région d'Igbodja. Il s'agit de petites plantations de teck (Tectona grandis) ou d'Anacardier (Anacardium occidentale). Ces plantations sont beaucoup plus développées au Nord de la région (Akon, Djabata, Bessé) qu'au centre (Igbodja) et Sud-Est (Okpa et après le pont de l'Okpara vers la forêt de Kétou-Dogo). Cela se justifie par le fait que la région du Nord est occupée par une population autochtone et propriétaire terrien, ce qui n'est pas le cas des autres populations (Mahi et Holli). 3.2. Diversité de la faune terrestre 3.2.1. Faune mammalienne sauvage Tableau 2: Répartition des espèces recensées au sein des familles
3.2.2. Faune aviaire Tableau 3: Répartition des espèces aviaires recensées au sein des familles
3.2.3. Reptiles et amphibiens Tableau 4 : Nombre d'espèces par famille
3.2.4. Diversité des amphibiens de la région d'Igbodja Il s'agit ici des espèces de grenouilles, des crapauds et des rainettes. Il a été recensé cinq espèces d'amphibiens réparties en trois familles (tableau 3.6). On a la famille des Pipideae (1 espèce), la famille des Bufodeae (3 espèces) et enfin celle des Ranideae (1 espèce). 3.2.5. Faune entomologique La présente étude
s'est limitée seulement à l'identification des ordres
d'insectes. La méthode consiste à dégager les
insectes présentes à partir des cultures qui se font
dans la région et des formations végétales existantes. 3.2.6. Diversité des poissons Tableau 5 : Répartition des espèces de poissons dans les familles respectives
4.- Atouts liés à la conservation des ressources des zones à emprise agricole La région présente un certain nombre d'atouts pour la conservation de la diversité biologique des zones à emprise agricole. Il s'agit de : Ø la pratique d'associations
culturales avec des plantes légumineuses ; 5.- Observation des mares, marécages et bas-fonds La région d'Igbodja est localisée dans le bassin versant du cours d'eau Okpara et présente un réseau hydrographique assez dense. Cette densité s'observe beaucoup plus pendant la saison pluvieuse. Au début de la saison sèche (octobre novembre, les petites rivières, les petits marécages et mares, les petites plaines d'inondation commencent par s'assécher. Ainsi, au cours de cette étude, conduite dans le mois de novembre, tous les mares, marécages et bas-fonds n'ont pu être observés. Les unités de passage observées sont pour la plupart convexes et les eaux de ruissellement sont dévalées directement vers les rivières. Des marécages ou des mares se retrouvent parfois entre ces unités morphologiques. 6.- Phénomène d'érosion Deux catégories d'érosion ont été observées dans la zone. Ce sont : - l'érosion au champ
et dans les écosystèmes forestiers ouverts ; 6.1. Erosion au champ et dans les écosystèmes forestiers ouverts L'érosion en nappe et l'érosion sous forme de rigoles ont été principalement constatées dans les champs et dans les écosystèmes ouverts (forêt claire et savane arbustive). Les paysans assistent de façon impuissante aux dégâts causés par l'érosion au champ. Toutefois, la seule solution qu'ils trouvent est l'abandon des parcelles sujettes à l'érosion ou l'adoption de la technique de labours parallèles à la pente. Ils pensent que l'homme ne doit pas barrer le passage à l'eau sur des parcelles en confectionnant des labours perpendiculaires à la grande pente. L'érosion sous forme de rigoles, observée dans les écosystèmes forestiers ouverts met généralement à nu les racines de plusieurs essences forestières comme Anogeisus leiocarpus et Pterocarpus erinaceus. Elle est également à l'origine des chablis provoquant des ouvertures dans les paysages forestiers. 6.2.. Erosion dans les rues et autour des habitations Cette forme d'érosion s'observe surtout dans les fermes et villages se trouvant très proche du cours d'Okpara (village de Okpa, d'Igbodja et les fermes ). Aucune action concrète n'est encore entreprise pour endiguer ce phénomène. Les paysans installent parfois des cordons de pierres ou des troncs d'arbres pour freiner la vitesse des eaux de ruissellement qui menacent de faire écrouler leurs cases. L'érosion sous forme de rigoles se manifeste le long des rues et empêche la circulation surtout en période de pluies. Cela s'observe surtout dans les villages d'Igbodja et de Okpa. 7.- Différents villages et fermes de la région d'Igbodja Tableau 6 : Différents villages et fermes de la région d'Igbodja
Dans La plupart des pays africains, les revendications du public pour la gestion communautaire des forêts et des ressources naturelles, tirent leurs sources de la nature répressive des lois sur les ressources naturelles héritées de la colonisation. Les lois forestières appliquées après la période coloniale ont aliéné les droit des communautés locales à la revendication de la propriété forestière. Des licences et autres formes de taxes, inconnues des populations, ont été introduites pour contrôler l'exploitation des produits qui étaient autrefois gracieusement accessibles par les populations à des fins de consommation domestique et commerciales. Sous le couvert de ces lois certaines personnes( même assermentées) mal intentionnées avec la complicité des bûcherons et populations autochtones se livrent à des coupes illicites. Avec l'accroissement de la population la demande de terre cultivable s'est accrue. Dans la forêt de Igbodja étaient essentiellement habitée par quatre villages essentiellement des peuples Tchabê. Ceux-ci ont accueilli d'autres peuples venus du sud et du nord ( les Fon, Ahoussa, Peulh) de la région qui constituent à eux seuls prés de vingt hameaux. La course au survie est devenu grande. La destruction de la forêt n'a qu'augmenté ces dernières années. Tout le monde étant à la recherche de subsistance sans observation de certaines règles. Pour faire face à cette situation et en tenant compte des principes de la foresterie communautaire, les responsables de ACTION Plus ONG, après avoir eu le concours financier de l'NC-UICN pour mener une étude sur cette forêt, ont encouragé les autochtones de la zone et qui y vivent à amorcer des démarches pour la mise en uvre de la foresterie communautaire. Cette nécessité d'associer les populations à la gestion durable de la forêt et des autres ressources naturelles à supposé l'identification des besoins liés à la participation, la planification de cette participation, l'éveil des consciences, des visites aux acteurs, des accords et protocoles en vue d'une large participation locale aux processus. Ainsi l'identification des vrais propriétaires terriens est une étape à laquelle nous attachons du prix. Les populations autochtones à termes vont procéder à des levées pour avoir une carte de la zone incluse dans la foresterie communautaire. À partir de l'étude la flore et la faune endogènes sont progressivement remises : la population à participé à la mise à terre de 15 000 plants de Khaya senegalenses. Le village Igbodja qui porte le même nom que la forêt, se prépare à mettre à la disposition du village un espace communautaire 5000 ha en vue d'amorcer une véritable foresterie communautaire. Les quatre autres villages sont encore en pleine discussion et nous pensons que d'ici là chaque village aura son espace à mettre sous le processus de la foresterie communautaire. Chaque village a sa pépinière. De petites unités d'élevages d'aulacodes sont initiées de même que l'introduction de l'apiculture dans deux villages pour freiner les feux de végétation qui sont fréquentes dans la région. Il faut pouvoir échanger et lire les textes de lois ; un programme d'alphabétisation en langue locale regroupe actuellement 60 personnes par village soit au total 300 personnes avec des maîtres locaux. Ceux-ci vont démultiplier leur savoir dès que le projet sera à terme. Les conflits qui sont latents actuellement sont liés à la dégradation de la biodiversité agricole. Les allochtones sont de grands cultivateurs itinérants qui emblavent chaque année de nouvelles terres donc détruisent de nouvelles parties de la forêt. Les autochtones déplorent de telle situation et les menacent de renvoie. Les allochtones sont interdits de planter des arbres car ils sont considérer comme des locataires. Dans la tradition le locataire ne peut planter sur les terres d'autrui des arbres. Dans le cadre du travail que nous faisons avec la communauté nul ne doit être de trop. La contribution de tous à la gestion communautaire de la forêt est nécessaire. Il ressort de notre travail
que notre législation en matière de foresterie n' a
rien prévu de façon appropriée. Nous nous sommes
rapprochés des responsables de la Direction des forêts
et ressources naturelles pour qu'elles initient des lois en la matière
en tenant les résolution des ateliers de Gambie en 1999. Un
atelier national est en préparation impliquant tous les acteurs
dont les ONG. Ainsi nous pouvons généraliser la technique
de la foresterie communautaire qui va quitter le niveau de projet
pilote. Les populations vont s'impliquer pleinement dans la gestion
durable des ressources forestières. Cette absence peut trouver
sa solution d'ici que les maires vont prendre la gestion de leur localité
comme le stipule la loi et partant, le maire prendra des dispositions
pour mettre fin à certaine dégradation de la forêt.
C'est un vu, plusieurs fois exprimé par les populations.
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