Chers amis,
Nous vous invitons à appuyer l’action ci-après, dans le cadre des activités pour la Journée internationale de lutte contre la monoculture d’arbres.
Cette activité est coordonnée par nos amis de CEPEDES du Brésil, qui depuis des années appuient et contribuent à organiser la résistance à l’avancée des plantations d’eucalyptus et à l’usine de pâte de l’entreprise Veracel Celulose.
La transnationale en question (propriété de Fibria et de Stora Enso) possède déjà une immense usine de pâte dans la région sud de l’État de Bahia, qu’elle alimente avec le bois produit dans ses 100 000 hectares d’eucalyptus.
À présent, elle prétend augmenter la capacité de son usine de pâte pour arriver à produire 2 500 000 tonnes de pâte par an. Pour ce faire, elle devra au moins doubler la superficie plantée d’eucalyptus.
Les plans d’expansion de Veracel ne feront qu’aggraver les effets nuisibles que son usine a déjà sur les communautés locales et sur l’environnement de la zone.
Des organisations brésiliennes sont en train de coordonner une campagne dans la région, pour freiner les plans d’expansion de Veracel. Nous prions ceux qui souhaitent appuyer cette initiative de signer la lettre ci-jointe, en mentionnant leur nom, leur pays et l’organisation à laquelle ils appartiennent. Merci d’envoyer ces renseignements à cepedes@cepedes.org.br et à ivonetecepedes@gmail.com jusqu'au 22 Septembre.
Merci de votre appui !
WRM et CEPEDES
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Au Gouverneur de Bahia, M. Jaques Wagner
C.C. à :
Procureur général de l’État
Ministère public fédéral
Ministère public de l’État
Commission des droits de l’homme de la Chambre fédérale
Président de la Banque nationale de développement économique et social (BNDES)
Conseil d’administration de la Banque nationale de développement économique et social (BNDES)
Centrale unique des travailleurs – CUT
Août 2011
Monsieur le Gouverneur,
Par cette lettre, nous, représentants d’institutions et d’organisations internationales, souhaitons nous joindre aux organisations et aux mouvements sociaux de la région Extrême Sud de Bahia et du Brésil, qui demandent de ne pas donner suite à la demande de permis pour l’élargissement de l’usine de pâte et des plantations industrielles d’eucalyptus de Veracel Celulose S.A., situées dans la région mentionnée.
Les problèmes causés par Veracel dans la région d’Extrême Sud sont bien connus de nous, qui avons accompagné les luttes contre la monoculture à grande échelle dans divers pays du monde et qui avons pu constater partout les mêmes effets négatifs. Nos gouvernements investissent de fortes sommes du trésor public dans les projets de ce genre, en plus de leur offrir beaucoup d’autres incitations ; cela empêche que d’autres initiatives et possibilités économiques, susceptibles de créer davantage d’emplois et de revenus pour la population et de conserver l’environnement, soient mises en œuvre.
Dans le cas de Veracel et de son projet d’expansion, nous soulignons les problèmes suivants qui justifient que le processus destiné à produire le permis correspondant soit annulé :
– Le Ministère public de Bahia a constaté des irrégularités et des illégalités dans l’élaboration et dans le contenu du Rapport sur l’impact environnemental du projet d’expansion de Veracel Celulose. Pour cette raison, le 20-07-2011 le Ministère public de Bahia a ordonné, par la résolution (04/2011), la réalisation d’une enquête pénale contre Veracel, contre CEPEMAR (l’entreprise engagée par Veracel pour faire l’évaluation d’impact environnemental et le rapport correspondant) et contre le gouvernement de l’État de Bahia. Par suite de cette résolution, la Justice fédérale de Bahia a décidé, le 9 août, de suspendre le processus d’octroi du permis.
– En outre, Veracel est déjà soumise à d’autres investigations et procès en justice, et elle a été condamnée plusieurs fois par les organes compétents.
– Veracel a occupé les plaines cultivables pour y planter des eucalyptus, mettant en danger la souveraineté et la sécurité alimentaires de la région.
– La plantation d’eucalyptus dans les plaines se fait par le système de la monoculture à grande échelle, qui exige l’application systématique de produits toxiques comme le glyphosate et la sulfuramide, dont les dangers qu’ils comportent pour la santé humaine et pour l’environnement en général ont été vérifiés. Ce système menace la survie des communautés locales et de la diversité biologique dans la région Extrême Sud de Bahia, y compris par la diminution considérable de l’eau disponible dans les endroits affectés à la monoculture d’eucalyptus à grande échelle.
– Veracel occupe des terres domaniales et des terres indigènes. Il est inacceptable que cette entreprise puisse être autorisée à occuper cent mille hectares supplémentaires, alors que le peuple indigène Pataxó ne réussit pas à obtenir des organes compétents la démarcation intégrale de ses terres, pourtant garantie par la Constitution. Il est également impensable qu’elle prétende obtenir davantage de terres, alors que les mouvements de paysans sans terre qui occupent une dizaine d’endroits de cette zone n’ont pas encore obtenu des terres pour s’établir. Or, établir des familles c’est respecter la fonction sociale de la terre ; en revanche, la monoculture d’eucalyptus pour répondre à la surconsommation de papiers jetables ne l’est pas.
– D’après les enquêtes d’institutions et du Ministère public effectuées ces dernières années, Veracel est la cible d’un millier de procès en matière de droit du travail dans la région. En outre, l’activité de l’entreprise crée peu d’emplois par rapport à l’étendue des terres qu’elle occupe. Elle consomme une énorme quantité de ressources publiques de la Banque nationale de développement économique et social, la BNDES. La construction de la dernière usine a coûté à la BNDES 1 430 000 000 de réaux (environ 900 millions USD), mais elle n’a créé que 741 emplois directs. Avec la même somme, on pourrait établir des dizaines de milliers de familles, leur permettant ainsi d’avoir des terres et des revenus.
– Un rapport signé par le gouvernement de Bahia en 2008, intitulé “Silvicultura de Eucalipto no Sul e Extremo Sul da Bahia: Situação atual e perspectivas ambientais”, mentionne les divers conflits existants dans le domaine de la plantation d’eucalyptus dans la région et souligne les graves défauts de gestion de ces projets.
Dans des dizaines de pays, surtout de l’hémisphère Sud, le peuple subit les conséquences de l’établissement des grandes entreprises d’eucalyptus et de cellulose, qui cherchent toujours les endroits où elles peuvent maximiser leurs bénéfices au moindre coût. Nous pensons que les habitants des régions où avance cette production n’ont pas besoin de davantage de papier. En revanche, ils ont besoin d’appuis pour d’autres activités économiques qui offrent des possibilités réelles à tous et qui préservent l’environnement, à un moment où le monde doit faire face à des problèmes environnementaux aussi graves que le réchauffement planétaire.
Ainsi, en plus de l’annulation du permis demandé par Veracel, nous demandons que le gouvernement de l’État de Bahia commence d’urgence à s’acquitter de ses nombreuses dettes à l’égard des travailleurs ruraux, urbains et indigènes, de la population en général et de l’environnement de la région.
Veuillez agréer, Monsieur le Gouverneur, l’expression de notre considération distinguée.
(Signatures)