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publication immédiate
19 septembre 2008
Communiqué
de presse du Mouvement mondial pour les forêts tropicales,
des Amis de la Terre International et de la Coalition mondiale des
forêts
Appel à l’action
le 21 septembre, Journée internationale contre la monoculture
d’arbres
Les plantations industrielles
d’arbres en régime de monoculture ont de graves effets
écologiques, économiques et sociaux sur les communautés
locales. Ces effets ont été largement constatés
dans le monde entier, et notamment la diminution des réserves
d’eau due aux changements du cycle hydrologique, la détérioration
des fleuves et des ruisseaux; la pollution de l’air et de
l’eau due à l’emploi de pesticides et d’autres
produits chimiques agricoles; le déplacement de communautés
entières dont la terre est occupée par des plantations;
des violations des droits humains, des droits du travail et des
droits environnementaux; des répercussions spécifiques
sur les femmes, la détérioration de la diversité
culturelle, la prolifération de la violence et la forte diminution
de la diversité biologique. Pour ces raisons, des ONG, des
Organisations de peuples autochtones et des mouvements sociaux du
monde entier vont commémorer ce week-end la Journée
internationale contre la monoculture d’arbres en organisant
des actions, des manifestations et des marches et en distribuant
des lettres collectives pour exposer leurs inquiétudes. [1]
Sandy Gauntlett, de la Coalition
environnementale des peuples autochtones du Pacifique, déclare
: « Les plantations d’arbres ne sont pas des forêts.
Une plantation est un système agricole fortement uniformisé
qui vient remplacer les écosystèmes naturels et leur
riche diversité biologique. Les arbres plantés sont
adaptés pour produire une seule matière première,
bois, pâte à papier, caoutchouc, huile de palme ou
autres. Néanmoins, des institutions internationales telles
que la FAO et la Banque mondiale et les agences gouvernementales
de pays comme la Nouvelle-Zélande définissent incorrectement
les plantations comme des forêts, malgré l’abondance
de la documentation qui démontre que la seule chose qu’elles
ont en commun est la présence d’arbres. En les appelant
forêts, ces institutions et ces gouvernements contribuent
à imposer et à perpétuer un modèle de
production non durable, celui des plantations en régime de
monoculture ».
« Les plantations font
partie d’un modèle industriel axé sur la production
de matières premières abondantes et bon marché
pour contribuer à la croissance économique des pays
industrialisés. Ce que les pays producteurs obtiennent en
échange est la dégradation de l’environnement
et l’augmentation de la pauvreté, c’est-à-dire
les ‘coûts externalisés’ de ces matières
premières bon marché », affirme Simone Lovera,
de la Coalition mondiale des forêts.
« Dans les terres occupées
aujourd’hui par des plantations il y avait autrefois, ou il
pourrait y avoir, des cultures agricoles susceptibles de contribuer
à la souveraineté alimentaire des gens et gérées
par des communautés paysannes. Ou bien, ces communautés
et peuples autochtones pourraient affecter la terre à des
activités respectueuses de l’environnement, comme l’aménagement
communautaire des forêts, qui les aideraient à améliorer
leur niveau de vie », ajoute Isaac Rojas, des Amis de la Terre
International. [2]
La lutte contre la monoculture
d’arbres fait partie maintenant de la vie quotidienne des
communautés locales dans de nombreux pays du monde, non pas
pour l’avoir voulue mais parce qu’elle leur a été
imposée. En Asie et dans le Pacifique, les populations de
la Malaisie, l’Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée
se battent contre les plantations de palmiers à huile. En
Afrique, il y a des combats contre les plantations qui produisent
du caoutchouc, de l’huile de palme et de la pâte de
bois au Nigeria, au Cameroun, au Liberia, au Swaziland et en Afrique
du Sud. En Amérique latine, des pays comme le Brésil,
l’Argentine, le Chili, l’Équateur et l’Uruguay
subissent les conséquences des « déserts verts
» de pins et d’eucalyptus, tandis que la Colombie est
maintenant confrontée à l’expansion rapide des
plantations de palmiers à huile pour la fabrication d’agrocarburants,
tout comme le Venezuela et les pays d’Amérique centrale.
Pour aggraver encore les choses,
les plantations industrielles d’arbres sont présentées
– à tort – comme une solution au problème
du changement climatique. D’une part, le Parlement européen
et d’autres institutions encouragent la production des biocarburants
dits « de deuxième génération »
[3] fabriqués à partir du bois, qui pourraient provoquer
très vite la prolifération des plantations d’arbres
et notamment celle des arbres transgéniques [4]. D’autre
part, certains pays du Sud voient la création éventuelle
d’un fonds dans le cadre de la Convention-cadre sur le changement
climatique comme un moyen de financer les grandes plantations d’arbres
en tant que puits de carbone, pour compenser la disparition des
forêts. Ainsi, des mécanismes tels que la Réduction
des émissions du déboisement dans les pays en développement
(REDD) pourraient devenir un moyen de subventionner massivement
les plantations.
« Toutes les ‘journées
internationales’ concernent des problèmes d’importance
mondiale dont le monde doit s’occuper. L’expansion des
grandes plantations d’arbres en régime de monoculture
est un de ces problèmes. C’est pourquoi ce 21 septembre
rendra plus visibles les nombreuses batailles livrées autour
du monde et montrera les effets négatifs de ce modèle,
pour que tout le monde ait l’occasion de rejoindre la lutte
», explique Ricardo Carrere, du Mouvement mondial pour les
forêts tropicales (WRM). « Le 21 septembre est aussi
la Journée internationale de la paix, cette paix pour laquelle
les gens se battent en ce moment afin que les populations affectées
puissent récupérer leur style de vie en harmonie avec
la nature et avec les autres personnes », ajoute-t-il. «
Ce 21 septembre nous allons célébrer aussi la résistance
fertile qui grandit chaque jour de l’année chez tant
de communautés, dans leur quête d’un monde juste
et sans plantations destructrices. »
NOTES :
[1] Tous ces effets adverses
ont été documentés dans de nombreuses publications,
études de cas et déclarations faites par les communautés
concernées. Pour en savoir plus visitez le site web du Mouvement
mondial pour les forêts tropicales : www.wrm.org.uy.
[2] La gestion communautaire
des forêts a été documentée en tant qu’initiative
de subsistance durable par les Amis de la Terre International. Pour
en savoir plus visitez leur site : www.foei.org.
[3] Vous trouverez une analyse
plus détaillée des problèmes associés
aux plantations d’agrocarburants sur le site web de la Coalition
mondiale des forêts : www.globalforestcoalition.org.
[4] Pour de plus amples informations
sur les arbres transgéniques visitez les sites : www.wrm.org.uy,
www.foei.org et www.globalforestcoalition.org.
Pour des informations supplémentaires,
veuillez contacter :
- Ricardo Carrere, World Rainforest
Movement, Uruguay : (+598) 2 413 2989, rcarrere@wrm.org.uy
- Simone Lovera, Global Forest Coalition, Paraguay : simonelovera@yahoo.com,
595-21-663654/ 595-981-407375
- Isaac Rojas, Friends of the Earth International, Costa Rica :
(+506) 8338-3204 gavitza@racsa.co.cr