Secteur des entreprises

Les activités des entreprises alimentent les processus de déforestation. Pour faire oublier leur rôle dans la destruction des forêts, les entreprises s’engagent dans des initiatives publiques-privées, de préférence avec des ONG de conservation. Ces structures jouent un rôle crucial dans l’écoblanchiment de leur image et dans la mise en place de stratégies visant à affaiblir la résistance des communautés aux destructions commises par les entreprises. Le secteur des entreprises fait pression sur les gouvernements et les politiciens, souvent de manière agressive, pour obtenir un accès prioritaire à la terre, à des incitations financières et à des subventions. Les entreprises exercent également des pressions sur les processus politiques internationaux afin de protéger et d’accroître leurs profits.

Les combustibles fossiles sont à l’origine du chaos climatique – mais les conditions de cette crise ont été créées par les interconnexions et les dépendances entre le colonialisme, le racisme, le patriarcat et l’exploitation de classe. Pour lutter contre le chaos climatique, il est donc nécessaire de s’attaquer aux relations de pouvoir inégales sur lesquelles repose un capitalisme dépendant des combustibles fossiles.
L´huile de palme au Brésil est en pleine expansion, surtout dans l´État amazonien du Pará. BBF (Brasil BioFuels), la plus grande entreprise d´huile de palme au Brésil est accusée de crimes environnementaux et de violence à l´encontre de communautés indigènes, quilombolas et paysannes, à l´image de Virgílio Serrão Sacramento, communauté liée au Mouvement des Petits Agriculteurs (MPA).
Plus de 10 millions d’hectares de terres en Indonésie sont contrôlés principalement par APP et APRIL Bien que ces entreprises se soient engagées à protéger les forêts et les tourbières, elles continuent toutes deux d’être impliquées dans la déforestation, les incendies de forêt et un modèle commercial fondé sur la violence et la spoliation des communautés forestières. (Disponible en indonésien).
Les plantations de palmiers à huile couvrent actuellement 270 000 hectares en Équateur, la région d’Esmeraldas étant celle qui connaît la plus forte concentration. Les processus de résistance en cours des communautés de La Chiquita, de Guadualito et de Barranquilla de San Javier continuent de susciter l’indignation et la solidarité entre les peuples et au plan international.
Une conversation avec le président de l'´Association Quilombola Volta Miúda et de la Coopérative Quilombola de l´Extrême Sud de Bahia a révélé comment Suzano, la plus grande entreprise de pâtes à papier et de cellulose au monde, est toujours en activité tout en commettant de graves violations et illégalités. Les communautés continuent de lutter pour récupérer leurs terres.
Le modèle de la « conservation » en Inde continue d’enclore les forêts et d’en expulser les communautés dans une tentative délibérée de saper et de saborder la loi sur les droits forestiers (Forest Rights Act - FRA) – une législation historique qui renforce l’autorité des communautés sur leurs forêts. Pendant ce temps, les entreprises sont autorisées à détruire les forêts, même à l’intérieur des aires de conservation.
Ce bulletin s'intéresse plus particulièrement à une cause majeure de la déforestation à grande échelle et de la spoliation des peuples des forêts : L'imposition de concessions foncières comme instrument pour séparer, diviser et cartographier les terres en fonction d'intérêts économiques et politiques. C'est pourquoi cet éditorial alerte sur l'accaparement de vastes superficies de terres pour la mise en place de concessions carbone.
Le contrôle des terres était vital pour les colonisateurs. Il était synonyme de richesse, d'influence territoriale, d'accès aux « ressources » et à de main-d'œuvre bon marché (et souvent réduite en esclavage). La séparation des habitants autochtones de leurs territoires a été un élément crucial dont la trace persiste jusqu'à aujourd'hui. Les conséquences de cette histoire continuent d'influencer la gestion des terres et les conflits fonciers.
Les entreprises britanniques contrôlaient non seulement 80 % des concessions forestières (« logging lands ») établies en Thaïlande, mais elles ont également influencé la création du Département royal des forêts, qui a fini par disposer d'un pouvoir total sur les forêts du pays. Des accaparements massifs de terres et diverses lois coloniales ont fait de la moitié du territoire du pays une colonie de l'État central.
Ce qu'une historiographie appelle d'expansion civilisatrice ou du capital, se révèle être, jusqu´à présent, l'invasion et la déterritorialisation des peuples et des communautés avec beaucoup de violence épistémique et territoriale. Les concessions sont en train d´être faites dans des zones qui ne sont pas des vides démographiques, concept colonial qui fait fi de l´occupation de ces zones depuis des millénaires.
De nombreuses concessions de plantations de palmiers à huile en Afrique occidentale et centrale ont été mises en place sur des terres volées aux communautés pendant les occupations coloniales. C'est le cas en RDC, où la société agroalimentaire Unilever a démarré son empire de l'huile de palme. Aujourd'hui encore, la pauvreté et la violence continuent de sévir dans ces plantations. Il est temps de mettre fin au modèle colonial des concessions et de rendre la terre à ses propriétaires initiaux.