Marchandisation de la nature

On cherche depuis très longtemps à donner un prix à certains éléments de la nature. Depuis des siècles, des entreprises se sont ruées sur des terres et des bois précieux, ce qui a conduit à une déforestation à grande échelle et à la violation des droits des communautés. Les soi-disant « services écosystémiques », en référence au rôle que jouent les forêts dans les écosystèmes, sont une nouvelle façon de monétiser et de faire du commerce avec la nature. Il en résulte une dépossession accrue des communautés dépendantes de la forêt et une destruction continue des territoires communautaires par les entreprises.

Les combustibles fossiles sont à l’origine du chaos climatique – mais les conditions de cette crise ont été créées par les interconnexions et les dépendances entre le colonialisme, le racisme, le patriarcat et l’exploitation de classe. Pour lutter contre le chaos climatique, il est donc nécessaire de s’attaquer aux relations de pouvoir inégales sur lesquelles repose un capitalisme dépendant des combustibles fossiles.
Le modèle de la « conservation » en Inde continue d’enclore les forêts et d’en expulser les communautés dans une tentative délibérée de saper et de saborder la loi sur les droits forestiers (Forest Rights Act - FRA) – une législation historique qui renforce l’autorité des communautés sur leurs forêts. Pendant ce temps, les entreprises sont autorisées à détruire les forêts, même à l’intérieur des aires de conservation.
Ce bulletin s'intéresse plus particulièrement à une cause majeure de la déforestation à grande échelle et de la spoliation des peuples des forêts : L'imposition de concessions foncières comme instrument pour séparer, diviser et cartographier les terres en fonction d'intérêts économiques et politiques. C'est pourquoi cet éditorial alerte sur l'accaparement de vastes superficies de terres pour la mise en place de concessions carbone.
Un article du portail d'information Mongabay alerte sur l'annonce du géant pétrolier français Total Energies de la mise en place d'une plantation de 40 000 hectares en monoculture dans les savanes de la République du Congo pour compenser ses émissions.

Le sommet des Nations Unies pour l'accaparement des terres, qui s'est tenu à Glasgow, a une fois de plus clairement indiqué que ces instances ne feront jamais avancer les solutions déjà existantes à la crise climatique.

Suzano, le plus grand producteur mondial de cellulose d'eucalyptus, cherche à intensifier ses opérations par le biais des nommés « titres verts », en tant que levier de financement de ses projets d'expansion.

Pour les hommes les plus riches du monde, la crise environnementale est finalement arrivée. Qu'il s'agisse de fuir vers l'espace ou des pays imaginaires, ou bien de trouver des solutions dignes de la science-fiction, les capitalistes cherchent désespérément à poursuivre les activités alimentées par les combustibles fossiles.

Les entreprises racontent des histoires sur le fait qu'elles vont atteindre l'objectif « zéro émission nette », mais prévoient dans le même temps de continuer les destructions et l'exploitation. La compensation des émissions est au centre de ces histoires. Maintenant, le secteur de la finance se fait également le défenseur des compensations.