Stockage du carbone

Les plantations d’arbres en monoculture sont censées fournir un « service écosystémique » sous la forme d’un stockage du carbone, présenté comme une solution à la crise climatique. Mais le carbone n’est stocké dans les arbres que pendant une courte période, jusqu’à ce qu’ils soient abattus. Par conséquent, compter sur les plantations pour stocker le carbone est une fausse solution pour éviter le chaos climatique. Les plantations destinées à la compensation des émissions de carbone permettent aux entreprises polluantes de continuer à brûler des combustibles fossiles.

Ce publication dénonçant les déclarations mensongères les plus couramment utilisées actuellement par les sociétés de plantations. Elle est basée sur la note d’information « Dix réponses à dix mensonges » écrite par Ricardo Carrere en 1999.
Les points d’accord (ou de désaccord) des gouvernements lors des sommets climatiques de l’ONU ne sont pas vraiment pertinents dans le monde réel de l’expansion du marché du carbone. Les entreprises, les gouvernements, les ONG de conservation, les consultants, les banques et de nombreux autres acteurs intéressés travaillent d’arrache-pied pour faire des mécanismes de marché carbone « la seule voie possible ».
Une enquête de SourceMaterial et Unearthed dénonce les impacts d’un important projet de compensation carbone (par la plantation d’arbres en République du Congo) du géant pétrolier TotalEnergies, annoncé fin 2021.
Quels que soient les discours et la propagande utilisés, les plantations industrielles d’arbres ont toujours eu pour objet la mainmise par les entreprises sur les terres fertiles des communautés. Le modèle des monocultures représente un danger intrinsèque pour la survie, la souveraineté et l’autonomie alimentaire des communautés, il renforce la violence du patriarcat et applique le même mode destructeur et oppressif dans l’organisation des terres (et donc, des populations) que celle qui a été appliquée à l’époque coloniale.
À l’occasion du 21 septembre 2022, Journée internationale de lutte contre les plantations d’arbres en monoculture, le WRM a publié la note d’information « 12 réponses à 12 mensonges sur les plantations industrielles d’arbres ».
Les combustibles fossiles sont à l’origine du chaos climatique – mais les conditions de cette crise ont été créées par les interconnexions et les dépendances entre le colonialisme, le racisme, le patriarcat et l’exploitation de classe. Pour lutter contre le chaos climatique, il est donc nécessaire de s’attaquer aux relations de pouvoir inégales sur lesquelles repose un capitalisme dépendant des combustibles fossiles.
Le contrôle des terres était vital pour les colonisateurs. Il était synonyme de richesse, d'influence territoriale, d'accès aux « ressources » et à de main-d'œuvre bon marché (et souvent réduite en esclavage). La séparation des habitants autochtones de leurs territoires a été un élément crucial dont la trace persiste jusqu'à aujourd'hui. Les conséquences de cette histoire continuent d'influencer la gestion des terres et les conflits fonciers.
Un article du portail d'information Mongabay alerte sur l'annonce du géant pétrolier français Total Energies de la mise en place d'une plantation de 40 000 hectares en monoculture dans les savanes de la République du Congo pour compenser ses émissions.

Si Suzano était présente aux négociations climatiques de l'ONU en 2021, c'était principalement pour promouvoir les plantations d'arbres comme « solution » au changement climatique, sous le nom de « solutions fondées sur la nature ». Suzano vise à profiter toujours plus de prétendues politiques climatiques.

Des leaders indigènes rapportent l'expérience de leur peuple dans la lutte contre l'une des plus grandes entreprises de plantation d'eucalyptus et de production de cellulose au monde: Aracruz Celulose – l'actuelle Suzano Papel e Celulose.

L'entreprise prétend offrir des solutions au changement climatique en plantant des arbres en monoculture. Cette affirmation erronée et trompeuse cache la réalité sur le terrain: d'un accaparement des terres, d'une déforestation, d'une destruction des prairies et de nombreux dommages sociaux.

Sous prétexte de “reboisement » et à la promotion de la monoculture d´arbres en tant que solution pour la crise climatique, les familles atteintes au Mozambique, Tanzanie et Brésil ont encore une fois dénoncé les graves impacts dans leur vie et dans l´environnement.