Exploitations forestières industrielles

L’exploitation forestière industrielle ouvre des percées dans les forêts afin d’extraire les arbres les plus rentables et laisse derrière elle des routes et des destructions. L’industrie forestière industrielle est souvent accompagnée de violence, de corruption et d’actions illégales. Les « plans de gestion durable », les systèmes d’exploitation forestière et de certification « à faible impact » ou « sélectifs » n’ont fait que dissimuler et perpétuer cette destruction.

La plupart des causes de déforestation identifiées dans une analyse mondiale menée par l’ONU en 1999 existent toujours. Pourtant, les « solutions » proposées depuis sont devenues de nouvelles causes sous-jacentes de la déforestation. Dans ce scénario, les projets qui détruisent la forêt et les projets « verts » dépendent les uns des autres pour être viables.
Les entreprises britanniques contrôlaient non seulement 80 % des concessions forestières (« logging lands ») établies en Thaïlande, mais elles ont également influencé la création du Département royal des forêts, qui a fini par disposer d'un pouvoir total sur les forêts du pays. Des accaparements massifs de terres et diverses lois coloniales ont fait de la moitié du territoire du pays une colonie de l'État central.
Ce qu'une historiographie appelle d'expansion civilisatrice ou du capital, se révèle être, jusqu´à présent, l'invasion et la déterritorialisation des peuples et des communautés avec beaucoup de violence épistémique et territoriale. Les concessions sont en train d´être faites dans des zones qui ne sont pas des vides démographiques, concept colonial qui fait fi de l´occupation de ces zones depuis des millénaires.
Une Action civile publique au Brésil menée contre le groupe Jari Celulose a réussi à faire annuler des titres fonciers.

Le peuple Balik victime des impacts du mégaprojet de construction de la nouvelle capitale indonésienne à Bornéo. Les responsables gouvernementaux et les élites économiques du pays font certainement partie de ceux qui profiteront du projet. (Disponible en indonésien).

La région de la Sangha est entièrement sous le contrôle de trois concessions. Toutes trois ont des origines coloniales et continuent de déployer des gardes contre les habitants de la forêt pour les empêcher d'utiliser leurs terres ancestrales.

Le bois de balsa constitue un important intrant dans la fabrication des éoliennes et l’Équateur est le premier exportateur mondial de ce bois. La construction de millions d’éoliennes en Chine, en Europe et aux États-Unis signifie l’abattage brutal d’arbres de balsa.

Le gouvernement indonésien a approuvé la très critiquée « loi omnibus » en affirmant qu'il est « crucial d'attirer les investissements et de créer à terme des emplois ». Cette loi constitue une attaque directe contre les territoires et les communautés qui résistent à la destruction croissante qui se poursuit depuis des décennies en Indonésie. (Disponible en indonésien).

Les communautés sont confrontées depuis longtemps aux catastrophes imposées par les grandes entreprises et les élites. Pour elles, « l’urgence » était une réalité bien avant la pandémie de Covid-19. Pourtant, les chercheurs de profit abusent de la situation pour accaparement des terres.

Depuis son premier jour au pouvoir, le président Bolsonaro tente de démanteler les droits des peuples autochtones et quilombolas. La pandémie sert de couvert pour intensifier encore plus ces attaques.

Cet article attire l’attention sur certains concepts qui sont généralement présentés sous un jour positif pour les forêts, mais qui servent en réalité des intérêts économiques qui nuisent aussi bien aux forêts qu’aux communautés qui y habitent.