ONG conservationnistes

Le modèle de conservation préconisé par des ONG conservationnistes telles que le WWF, Conservation International et The Nature Conservancy chasse les communautés de terres sur lesquelles elles vivent souvent depuis bien avant qu’elles n’aient été déclarées « zones protégées ». Cette approche de parcs-sans-habitants a conduit à la création de zones de conservation de plus en plus militarisées et à des violences accrues à l’encontre des communautés vivant à l’intérieur et à proximité des forêts déclarées zones protégées. Ces ONG conservationnistes ont conclu des partenariats avec des sociétés, y compris les plus grandes sociétés pétrolières et minières du monde, se transformant ainsi en une industrie qui présente sous un jour favorable des entreprises dont l’image de marque est dégradée.

(Uniquement en anglais) From 24-29 May, 2022, IUCN’s 2nd Asia Parks Congress aims to set the agenda for Protected Areas in Asia for the next ten years. Expanding Protected Areas in Asia also means expanding evictions, violence and further deforestation.
Ce bulletin s'intéresse plus particulièrement à une cause majeure de la déforestation à grande échelle et de la spoliation des peuples des forêts : L'imposition de concessions foncières comme instrument pour séparer, diviser et cartographier les terres en fonction d'intérêts économiques et politiques. C'est pourquoi cet éditorial alerte sur l'accaparement de vastes superficies de terres pour la mise en place de concessions carbone.
Ce texte est le fruit de conversations avec des femmes de la Vallée du Ribeira qui se sont engagées dans la lutte pour empêcher la concession de l'un des parcs les plus importants de la région. Leur combat est fondamental et vient rejoindre les résistances les plus diverses contre le courant privatiste visant créer des «territoires sans personnes». Ces témoignages viennent nous rappeler que leur territoire est et sera toujours enraciné dans leurs histoires, leurs voix et leurs résistances.
L'industrie de la conservation promeut désormais l'idée de « racheter » des concessions de conservation et de les restructurer selon des modèles économiques à but lucratif. « African Parks Network », qui gère 19 parcs nationaux et aires protégées dans 11 pays d'Afrique, offre un parfait exemple de cette évolution.

Le Collectif des communautés de la province de Nyanga, au Gabon, a publié la Déclaration de Bana/Mayumba dans laquelle il demande la suspension du GRANDE MAYUMBA, un mégaprojetprésente comme une « Solution Fondée sur la Nature »

La déclaration appelle les mouvements pour le climat, l'environnement et la justice sociale à rejeter catégoriquement les « Solutions Fondées sur la Nature » et tous les programmes de compensation car ils ne sont pas conçus pour résoudre la crise climatique. La déclaration restera ouverte à la signature jusqu'à la fin de l'année 2021.

La région de la Sangha est entièrement sous le contrôle de trois concessions. Toutes trois ont des origines coloniales et continuent de déployer des gardes contre les habitants de la forêt pour les empêcher d'utiliser leurs terres ancestrales.

Elles vivent dans les forêts de Kaeng Krachan, à Bang Kloi, depuis des générations. Lorsque le parc national de Kaeng Krachan a été créé en 1981, elles ont commencé à être la cible de violences et d'expulsions. Vingt-deux personnes ont été poursuivies cette année.

Il est impératif de comprendre et de nommer le concept de « solutions fondées sur la nature » pour ce qu'il est : « spoliations fondées sur la nature », et de dénoncer la menace réelle qu'il représente pour les territoires, les populations forestières et le climat.

Bien que les industries polluantes, les institutions financières et les gouvernements se soient emparés avec empressement du concept des « solutions fondées sur la nature », ses origines se trouvent ailleurs.

L'expression « solutions fondées sur la nature », dans le contexte des projets d'exclusion et de prédation qui se cachent derrière, révèle quelque chose de fondamental.