Stockage du carbone

Les plantations d’arbres en monoculture sont censées fournir un « service écosystémique » sous la forme d’un stockage du carbone, présenté comme une solution à la crise climatique. Mais le carbone n’est stocké dans les arbres que pendant une courte période, jusqu’à ce qu’ils soient abattus. Par conséquent, compter sur les plantations pour stocker le carbone est une fausse solution pour éviter le chaos climatique. Les plantations destinées à la compensation des émissions de carbone permettent aux entreprises polluantes de continuer à brûler des combustibles fossiles.

Les combustibles fossiles sont à l’origine du chaos climatique – mais les conditions de cette crise ont été créées par les interconnexions et les dépendances entre le colonialisme, le racisme, le patriarcat et l’exploitation de classe. Pour lutter contre le chaos climatique, il est donc nécessaire de s’attaquer aux relations de pouvoir inégales sur lesquelles repose un capitalisme dépendant des combustibles fossiles.
Le contrôle des terres était vital pour les colonisateurs. Il était synonyme de richesse, d'influence territoriale, d'accès aux « ressources » et à de main-d'œuvre bon marché (et souvent réduite en esclavage). La séparation des habitants autochtones de leurs territoires a été un élément crucial dont la trace persiste jusqu'à aujourd'hui. Les conséquences de cette histoire continuent d'influencer la gestion des terres et les conflits fonciers.

Si Suzano était présente aux négociations climatiques de l'ONU en 2021, c'était principalement pour promouvoir les plantations d'arbres comme « solution » au changement climatique, sous le nom de « solutions fondées sur la nature ». Suzano vise à profiter toujours plus de prétendues politiques climatiques.

Des leaders indigènes rapportent l'expérience de leur peuple dans la lutte contre l'une des plus grandes entreprises de plantation d'eucalyptus et de production de cellulose au monde: Aracruz Celulose – l'actuelle Suzano Papel e Celulose.

L'entreprise prétend offrir des solutions au changement climatique en plantant des arbres en monoculture. Cette affirmation erronée et trompeuse cache la réalité sur le terrain: d'un accaparement des terres, d'une déforestation, d'une destruction des prairies et de nombreux dommages sociaux.

Sous prétexte de “reboisement » et à la promotion de la monoculture d´arbres en tant que solution pour la crise climatique, les familles atteintes au Mozambique, Tanzanie et Brésil ont encore une fois dénoncé les graves impacts dans leur vie et dans l´environnement.

Plus de 10 000 personnes ont été expulsées pour laisser la place aux plantations d'arbres de la New Forests Company (NFC, enregistrée au Royaume-Uni), qui sont créées et financées dans le cadre du marché du carbone.

En juin 2019, un rapport de la BAD et du WWF Kenya a lancé un appel aux agences de financement du développement, principalement européennes, et à la Banque mondiale, pour qu'elles fournissent une aide financière à un nouveau fonds destiné à financer 100 000 hectares de (nouvelles) plantations d'arbres, afin de soutenir le développement potentiel de 500 000 hectares de plantations en Afrique orientale et australe.

Les plantations à grande échelle de la New Forests Company (NFC), basée au Royaume-Uni, ont été et sont synonymes de violence, d'expulsions forcées et de misère pour des milliers d'habitants de Mubende, en Ouganda.

Une des tactiques utilisées par le groupe papetier pour continuer d’étendre ses plantations d’eucalyptus au Brésil consiste à se présenter comme une entreprise qui pratique la « conservation » et la « restauration ».

Cet éditorial vise à lancer une alerte à propos des stratégies incontestées des entreprises qui dominent les processus internationaux liés aux forêts, alors qu’ils semblent entrer dans de nouvelles phases. Les décisions prises ont des impacts réels sur les communautés forestières.

Après un long cycle de répression mené par l’État indien, de nouveaux amendements à la Loi coloniale indienne sur les forêts pourraient donner à la bureaucratie forestière un pouvoir sans précédent et mettre fin de facto à la Loi historique sur les droits forestiers (Forest Rights Act).