Panama

Les autochtones Ngäbe-Buglé ont dû endurer la répression brutale pour contrer les assauts contre leur territoire : l’exploitation minière et les projets hydroélectriques dans leur comarca. Mais ils ont subi une autre attaque de la part d’ONG de conservation.
Une compilation d'articles du Bulletin du Mouvement mondial pour les forêts tropicales (WRM) à l'occasion de la quatorzième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) qui se tiendra du 17 au 29 novembre à Sharm El-Sheikh, en Égypte.
L’histoire des peuples indigènes ngäbe-buglé, établis dans la région occidentale du Panama, est truffée d’abus et d’impositions depuis l’époque de la colonisation. Néanmoins, ils continuent de lutter sans trêve pour leur autonomie et contre l’installation d’entreprises minières, de barrages hydroélectriques et d’autres industries destructrices [1].
Le système REDD a été controversé depuis qu’il a été présenté au cours des pourparlers de l’ONU sur le climat qui ont eu lieu à Bali, Indonésie, en 2007, comme un moyen de réduire la déforestation. En plus de signaler que REDD, en tant qu’instrument du marché du carbone, est une fausse solution du changement climatique, beaucoup de peuples indigènes ont manifesté l’inquiétude que REDD conspire contre leurs droits, qu’il devienne un moyen de diviser les communautés et qu’il mette en péril leur accès à leurs territoires traditionnels et le contrôle qu’ils exercent sur eux.
Le 27 février 2013, l’Organe de coordination des peuples indigènes du Panama, COONAPIP, s’est retiré du processus UN-REDD du pays. Dans une lettre qui annonçait son retrait, le COONAPIP explique que UN-REDD « n’offre pas de garanties de respect des droits indigènes » ni de « participation pleine et effective des peuples indigènes du Panama ».
Le concept de zone protégée, né au 19e siècle aux États-Unis pour désigner la conservation au moyen de l’établissement de « parcs nationaux », fit partie de la colonisation de « l’Ouest sauvage » et il a souvent servi depuis à s’approprier des territoires qui appartenaient aux autochtones pour les mettre sous le contrôle d’États, de centres de recherche ou d’entreprises.
Limitrophe de la République de Colombie, la province du Darien se trouve à l'extrémité est de la République du Panama. C'est l'une des zones abritant la plus grande diversité biologique de l'Isthme centraméricain mais dont les ressources sont actuellement en train d'être détruites à un rythme accéléré. Cette région est habitée par des populations appartenant à quatre groupes ethniques: afro-colombiens, indigènes, embera-wounan, paysans darienites et colons originaires d'autres régions du pays -des paysans sans terre à la recherche de meilleurs conditions de vie-.