Argentine : naissance d’un réseau national contre l’industrie minière, un an après le NON d’Esquel

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Le 4 décembre, des milliers de personnes venues des villes et localités des provinces de Chubut et Río Negro ont à nouveau rejoint les résidents d’Esquel pour dire NON à la mine. Cette réaffirmation populaire a eu lieu au moment d’une nouvelle avancée minière, puisque des personnels de ces entreprises parcourent en ce moment les environs de Cholila (Chubut, à quelques kilomètres du parc national Los Alerces). Si les activités minières se poursuivent, plusieurs bassins lacustres et la forêt andine patagonienne seront en danger. Les craintes des résidents ne portent plus seulement sur le début de l’exploitation, mais sur l’étape d’exploration elle-même. En effet, c’est au cours de cette phase que l’entreprise minière Meridian Gold a pollué les ruisseaux d’Esquel (Huemules et Willa) et que Barrick Gold a déversé des hydrocarbures dans les eaux souterraines de la province de San Juan (Valle del Cura - Projet Pascua Lama).

La fermeté contagieuse des habitants d’Esquel, qui n’ont pas plié sous les menaces ni devant les attaques contre le local des « Voisins auto-convoqués pour le NON », et la gravité du danger que représentent les mines, ont eu pour résultat la réunion à Buenos Aires de délégations de Catamarca, San Juan, Chubut, Tucumán, Córdoba et Río Negro, et la naissance du Réseau national de communautés affectées par l’industrie minière.

La rencontre a permis de faire connaître les problèmes que subissent le centre, l’ouest et le nord-est de l’Argentine. Les témoignages des délégations de Catamarca et Tucumán, atteintes par l’exploitation du gisement d’or Bajo La Alumbrera, ont été concluants. L’activité en question compromet le bassin Salí-Dulce, et la contamination n’atteint pas seulement ces provinces mais également Santiago del Estero, Córdoba et Santa Fe. De son côté, le représentant de Tucumán a lui prévenu que la forêt de Yungas est menacée par la mise en oeuvre de 37 projets miniers.

La délégation de San Juan a elle aussi donné l’alerte et averti que la mise en exploitation prochaine de la mine d’or Veladero va compromettre le bassin du fleuve Jáchal et affecter la Réserve de biosphère de San Guillermo (classée Site du patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 1984).

Le panorama est sombre, mais l’attitude ferme des habitants d’Esquel et des autres localités permet d’espérer qu’un nombre croissant de personnes en Argentine prendront conscience du danger et l’affronteront avec courage.

Hernán Scandizzo, adresse électronique : herscan@data54.com